
Les boîtes à livres ! Tu en connais plusieurs autour de chez toi. Tu ne les fréquentes pas, même si, à l’occasion d’un passage inopiné à leur portée, tu fais un crochet pour leur rendre une petite visite et jeter un coup d’œil à leur contenu. Consternée, tu es consternée par ces accumulations de livres disparates, cornés, détériorés par le soleil ou la pluie, ou simplement par l’âge et le manque de considération qu’on leur porte.
Petites, ce qui est le propre des boîtes — boîte à bijoux, boîtes à papillons, boîtes à souvenirs, boîtes à musique, boîte à clous, boîtes à idées —, les boîtes à livres débordent, dégorgent même à leurs alentours. Sans doute, comme les caissons de vêtements à donner, sont-elles, trop souvent, prétextes à se débarrasser en bonne conscience de volumes qu’on ne veut plus chez soi et qu’on n’ose mettre dans une benne à ordures.
Un concept pourtant intéressant. Déposer un livre, en prendre un, participer à la circulation de l’écrit, permettre de découvrir des auteurs inconnus ou oubliés. Sans compter que se trouver en possession d’un livre sans jamais franchir la porte d’une librairie ou d’une bibliothèque relève pour certains d’un prodige !
Sans doute existe-t-il des boîtes à livres bien tenues, garnies, sans cartons échoués ou éventrés. Celles qui sont surveillées par une médiathèque, une mairie, une association, ou même un particulier amoureux des livres. Il n’y en a guère dans ta campagne.
Une seule trouve grâce à tes yeux. Certes, son intérieur n’est pas à la hauteur de son extérieur, coquet et fleuri, mais « La cabane aux livres » est assez spacieuse pour abriter trois étagères d’ouvrages. Un vrai choix ! Tu y déniches un Maigret que tu n’as pas lu ou que tu as oublié : La guinguette à deux sous. Dès la première page, tu es dans l’ambiance : C’était le 27 juin. Quand Maigret arriva à la poterne de la Santé, le factionnaire attendri regardait un petit chat blanc qui jouait avec le chien de la crémière. Ça y est, tu es prise, Simenon t’a piégée comme chaque fois, comme toujours, tu n’as plus qu’une idée continuer l’histoire. Tu glisses le livre dans ton sac. Il y a bien aussi cet exemplaire de France Loisirs, L’auberge de la Jamaïque, qui te fait de l’œil. Tu le prends, tu l’ouvres, tu lis la quatrième de couverture, tu hésites et tu penses à la pile de livres choisis, non lus, à lire, qui se trouve sur ta table de nuit et tu laisses le Daphné du Mourier.
Il te semble que tu l’abandonnes.
Simenon ?? Je n’ai jamais eu le temps. Allez je vais m’arrêter aux boîtes pour chercher un livre. Ou sauver un livre?
Merci pour l’élan!
Merci pour votre passage et pensez à Simenon, c’est un grand !
Comment reposer l’auberge de la Jamaïque ? Il doit être caché dans ma bibliothèque pour la vue. J’ai aimé ton « consternée », tellement évident à te lire et aussi la pile à côté de la table de nuit ou dessus. Merci pour ce moment de lecture.
Il y a tant de livres à découvrir, à déguster, à relire, à déguster à nouveau. Il faut faire des choix.
Nous avons eu les mêmes idées, tourner autour des boîtes. Je ne prends pas de livres dans les boites alors j’ai parlé de celles-ci. Plaisir de lire vos mots. A bientôt.
J’éprouve la même incompréhension que la vôtre devant ces boîtes à livres.
Faut-il que j’aille voir quelqu’un ?
.. Avant d’aller acheter un livre ou d’accepter encore et encore ceux de disparus dont les héritiers ne veulent pas, j’ai toujours pas loin de mes yeux pour me modérer dans mes élans ce » Bien trop de livres? » de Gabriel Zaid… de 2005 et sur la page de couv on lit » un nouveau livre toutes les 30 secondes ! » …pas étonnant que les boites à livres débordent..
Merci!
Vos réflexions rejoignent les miennes, Ève. Que de livres ! J’ai fait le parcours à mon petit niveau, j’ai cherché et réussi à être publiée. J’ai écrit aux éditeurs, fréquenté les salons du livre, collecté ls articles de presse… J’ai contribué au monceau de livres. Je n’en n’ai plus envie. Seul compte désormais pour moi le faire : écrire tous les jours, sans plus jamais me préoccuper de ce que devient ma petite production. Pratiquer l’écriture pour le plaisir, le mien et celui du partage avec mes pairs, les artisans des ateliers d’écriture. Mon roman en cours, le septième, restera dans mes tiroirs.
« des boîtes à livres bien tenues » serait presque une formulation d’engagement à tenir… je me demande si je ne vais pas m’occuper de celle de mon village pour qu’elle soit toujours avenante, donne envie au passant, au randonneur des chemins de Compostelle, d’embarquer un opus au passage pour ses longues soirées en solitaire…
merci Emilie
Merci pour ta lecture, Françoise et bravo d’avoir envie de t’occuper de la boîte à livres de ton village.