Mieux que boîte à livre, celui laissé dans une chambre d’hôtel où tu ne passes qu’une nuit. Le livre est posé sur la table de chevet. Il est là, se signale par sa couverture et la souplesse, pages non cornées mais un entrebâillement, une invitation à lire. Tu ne sais pas s’Il a été laissé là exprès, pour le prochain dormeur qui serait aussi le prochain lecteur, ou s’il a juste été abandonné, rejeté, ou juste oublié. L’intention manque mais le livre est là comme une offrande. Un livre que tu n’aurais pas choisi mais dont tu te surprends à lire la quatrième de couverture puis les premières pages. Pourquoi ne le lirais-tu pas ? Qu’est-ce qui t’en empêchera ? Tu t’allonges tout habillée, sur le lit non défait. C’est l’après-midi. Un soleil de plomb pénètre à l’intérieur, fait une flaque sur le drap, la couverture du livre noyée. Tu liras plus tard, il fait trop chaud et de toute façon, tu n’as pas le temps, tu es attendu. Tu te lèves, laisse le livre au milieu du lit, en pleine lumière et tu sors.