
1| Paul Valet
Pas question de se faire refaire la face pour ressembler aux cochons semblables.
Pas question de se faire refaire par des escrocs sans style.
Pas question de se faire refaire le vocabulaire par la misère étatique galopante.
Pas question de se faire refaire le chemin à l’envers par de vieux oublieux qui parlent pour la jeunesse.
Pas question de se faire refaire les crocs pour prononcer la langue sans dentales du pacte de non-agression passif.
Pas question de se faire refaire un certificat de décence par du personnel sous-qualifié, tout imbu de son insu.
Courez dans les jardins
Petits renards de mon cœur
Osez à l’envi devenir arbre, petite fille, champion d’un autre temps, âne pelé, esprit de l’eau, ami du genre humain sous ses déguisements d’infortune.
2| Technique mixte
Dans la fin de la journée, quand il fait beau, la lumière réapparaît en fantôme dans la cuisine orientée plein est. Je voudrais ne pas savoir qu’elle ricoche sur la façade de l’immeuble d’en face. Pour dire la vérité, je bénéficie à chaque fois d’une pleine seconde d’amnésie face à l’étrangeté dans laquelle elle baigne la pièce. Les feuilles translucides. Je ne peux pas m’expliquer ce phénomène. La plante se penche depuis une haute étagère jusqu’à la fenêtre. Ses feuilles sont tachetées et dentelées, mais cette heure gomme toutes les saillances et adoucit leur vert au point qu’on croirait qu’elles s’auréolent. Le miroir rectangulaire qui jouxte la fenêtre dans son cadre doré conforte cette illusion : la pellicule de gras qui le recouvre lui ôte la possibilité de bien réfléchir. Je suis toujours seule quand cela se produit. J’ai travaillé longtemps assise dans le bureau, ou bien je n’ai rien fait, me contentant d’espérer que ce temps de repos laissera place à quelque chose qui se pense ou s’écrive, à une forme d’illumination, d’inspiration ou à un regain d’énergie en début de soirée dont j’ai perdu la trace depuis des années. Quand je me dirige vers la cuisine, je suis extrêmement lasse, et cette lassitude est parfois bonne comme un profond étirement et parfois accablante comme un ressac qui n’aurait rien emporté avec lui, comme ces pluies trop faibles pour laver le pare-brise et qui aggrave encore sa saleté. Cette lassitude occupe mon esprit et ce n’est qu’au seuil de la cuisine que je sors de cette torpeur. Tout est effacé par le contre-jour, sauf le carré de la fenêtre qui met la façade claire à portée de main, sans plus de recul que si elle était peinte directement sur la vitre avec un souci d’hyperréalisme confondant. Les persiennes sont blanches et noir, le mur, crème, et ce pourrait être le Sud. Oui, quand il fait beau, maintenant que j’y pense, ce pourrait être un morceau d’immeuble de Marseille, une maison en savon, une vision très ancienne, une de ces images qui traînent dans les générations sans qu’on ne sache jamais qui a vu quoi véritablement, mais qui font l’œil, comme la langue maternelle forme le palais. Le miroir flou et les feuilles dont on ne voit que l’envers, avec des impressions ocre rouge par-dedans le vert presque amande, semblent avoir été ajoutés à l’aquarelle. Et seule depuis le seuil je suis décontenancée, vide, vide soudain, d’un vide effroyable et rassurant : ah, oui, ce n’est que ça finalement, on croit voir, on pense que tout tient ensemble dans une forme d’unité rationnelle avec l’irrationnel sur les bords et tout à coup, la vie nous met le nez dans sa technique mixte, dans notre propre cuisine. L’instant d’après, ou peut-être dans le quart d’heure suivant, une ombre apparaît sur le mur d’en face qui le dégage de son à-plat et tout est rendu à la normale. Je fais couler l’eau pour ne plus voir la fenêtre.
3| Une fin possible
À mesure qu’elle vieillissait, Baba se souvenait d’un Osmin toujours plus grand. Ma mère, au contraire, minorait sa taille en me transmettant les récits. Baba exagérait. Baba exagérait forcément. Maintenant qu’il est couché sur le tapis, il faut bien admettre que Baba était dans le vrai. Voilà des jours qu’il dort. Les deux premiers, je n’ai pas osé sortir ni bouger. Je gagnais la cuisine à reculons pour ne pas le perdre de vue un instant pendant que je refaisais le thé. Je passais aux toilettes en vitesse et je dormais sur le fauteuil du salon. J’avais peur qu’il disparaisse à nouveau, de ne plus le revoir de ma vie, de me retrouver dans la place de ma mère et de ma grand-mère, à transmettre des récits à peine croyables à mon enfant pour qu’elle l’attende et l’accueil à son tour, quand il reviendrait. Le troisième jour, j’ai cru qu’il s’était réveillé, car je l’ai entendu appeler : « Soigne, soigneuse, soigne ! » en me précipitant, j’ai cassé une tasse en faïence avec un liseré d’or. Il dormait. Il délirait, dirait-on, mais sa voix était calme et profonde. « Soigne, soigneuse, soigne ! d’où tu es, coupe la peur d’O de l’eau ». Et j’ai compris qu’il était en grande conversation avec Baba. J’aurais aimé entendre ce qu’elle lui disait, mais ne pouvais que constater les effets de sa parole sur le grand bonhomme de tout son long sur le tapis qu’elle avait passé sa vie à raccommoder en pestant : « C’est un travail pour la fileuse, moi je ne sais recoudre que la peau et la parole. » Je les ai laissés tous les deux pour aller au marché, le cœur lourd d’être exclue de ces retrouvailles que nous avions attendues pendant presque trois générations. Avant de partir, j’ai prévenu à voix haute : « Je vais acheter des fruits, des fruits pleins d’eau. Je ferme la porte pour vous garder, pas pour vous retenir. Mais j’aimerais bien que vous soyez là à mon retour. » J’ai essayé de marcher normalement, de choisir les fruits sans précipitations, d’échanger sur la dure chaleur et l’espérance des nuages avec les marchands. Sur le chemin du retour, j’ai croisé des amies qui m’ont trouvé l’air distraite comme pas permis. Elles me parlaient et j’étais incapable de leur répondre.
— Tu ne devineras jamais…
Et d’ordinaire, je devinais, et elles disaient « Nour, tu es incroyable, comment tu peux penser à une chose pareille ! » et je répondais « Parce qu’elle est vraie » ou « Parce que tu fais toujours la chose la plus défavorable. » Ou encore, quand j’avais envie de les flatter « Parce qu’il vous arrive toujours des choses incroyables ! ». Mais cette fois-ci je ne devinais rien et j’entendais à peine « Camion… Yacine… Barbecue… Mouton… mouton… fruits… ». Je devais me concentrer pour pouvoir terminer cette conversation de coin de rue sans les vexer et retourner à la maison fissa.
— Nour, qu’est-ce que c’est que ce panier plein de fruits ? Tu fais un régime ? Tu as fait un vœu ? Tu vas te marier ? Tu es malade ?
Que répondre ? Il y a un géant couché sur le tapis du salon. Il dort depuis quatre jours en parlant avec ma grand-mère que vous n’avez connue que dans les souvenirs scandalisés des vôtres ? Il doit avoir presque cent ans, mais il en paraît tout juste trente, et encore avec la barbe ? Il s’est perdu et c’est à moi de lui donner cinquante années de nouvelles de ceux qui l’ont aimé ?
— Un régime lymphatique.
Et devant leur mine intriguée :
— Si ça marche, je vous raconterai tout, la semaine prochaine.
Je les ai plantées là, mes amies très chères. Un secret est un secret et voilà trois générations qu’il est tenu, ce n’est pas moi qui vais risquer d’en briser le flacon. À la maison, rien n’avait bougé, mais je n’entendais plus grand-mère. Elle était dans le vase de la grande table, dans les franges du tapis, dans l’ouverture bien calculée des persiennes pour les meilleurs courants d’air, comme d’habitude. Mais ses répliques, drôles ou réconfortantes, ne passaient plus sur le visage endormi de son vieil ami. J’ai mangé pensivement une livre d’abricots de soleil en attendant une inspiration. Son souffle était léger à présent, comme une brise sur l’eau. J’ai ôté le beau châle qui recouvre la malle, la poussière a formé un nuage dans les rais de lumière. J’ai sorti tous les carnets. Il n’y avait pas assez de place sur la table. J’ai préféré les poser tout autour du tapis. Il s’est réveillé ce matin, comme quelqu’un qui n’est pas sûr de s’être endormi. Il a regardé autour de lui. Il voyait bien que les carnets étaient apparus. Avant qu’il ne pense à la magie je désigne la malle ouverte. Il ne parle pas. Parler n’est pas son fort, je suis prévenue, instruite à ce sujet, comme à tant d’autres. Lui ne sait rien de moi, ou plutôt il sait que je suis la suite de la Soigneuse, l’image et la perpétuation d’une des seules personnes à l’avoir vraiment connu. Je crois qu’il va s’en tenir là, et je resterai avec les questions, celles de Baba, celles de ma mère et les miennes, à chaque génération, plus nombreuses. Mais il se passe autre chose dans ses yeux. Une forme de curiosité animale. Il attend l’histoire ou l’apaisement, comme sur le bateau. Il montre du menton les objets qui l’entourent. Par où commencer ? Je soupire. Je me suis ramollie pendant ses jours de sommeil à ne rien faire que manger, veiller, me laver et dormir mal sur le fauteuil, envahie par des rêves empruntés. Pensant que je n’ai pas compris, il grogne :
— Quoi ?
Je n’ai jamais cru que cette rencontre adviendrait. On m’a préparée pourtant, et voilà que je ne sais pas par où commencer. Les carnets. Les carnets de différentes couleurs. Si je parviens à lui faire associer les carnets aux gens qu’il a…
— Boîte.
Je ne suis pas sûre d’avoir entendu le mot. Je répète « boîte ». Il répète à son tour. Je dis « cahiers ». Il dit « boîte ». Ma tête fait « non ». Il regarde chaque objet autour de lui, l’un après l’autre :
— Cahier, cahier, cahier, cahier, cahier, cahier, boîte.
Le magnétophone. Je l’ai sorti de la malle tout à l’heure. Je l’avais oublié. Je frappe mon front. Il a un petit rire de triomphe tout à fait inattendu.
— Boîte !
— Oui ! Boîte ! tu as raison. Le magnétophone.
— Gramophone ?
— Comme le gramophone du Sérail, mais plus moderne.
— Tu connais le gramophone du Sérail ?
Sa voix a changé d’un coup. Depuis qu’il est arrivé, c’est la première phrase qu’il prononce. Jusque-là, seulement des mots dans sa barbe avec des cordes vocales de pierre de lave. C’est tellement inattendu, un masque qui tombe, que j’ai un mouvement de recul et immédiatement lui aussi. Je l’effraye avec ma peur… Je reprends doucement :
— Oui. Bien sûr. Baba en parlait, du gramophone, du Sérail. Et de la danse avec toi.
Je le vois ouvrir porte sur porte dans sa mémoire. Mais aucune ne donne sur ce souvenir. Il sait que je dis vrai. Un placard, un couloir, une pièce sombre, le toit du Sérail, les cuisines, le salon sans tain… je le suis pas à pas. Il est assis, minéral sur le tapis, pourtant il court sous son front, pousse les portes, traverse la cour, monte des escaliers… Il fixe soudain un point au loin, deux corps qui ne font plus qu’un dans la danse. Une petite musique trouée s’échappe de lui.
— Baba aimait le souvenir de la danse avec toi. Elle a acheté un gramophone identique, avec les disques que vous aviez là-bas. Elle le faisait jouer pour mon plaisir quand j’étais petite… Et puis, plus tard, elle l’écoutait tout bas, la nuit.
— Ah. Elle se souvenait ?
— Oui.
— Elle se souvenait jusqu’au bout ?
— Oui. Comme toi.
— N’ai pas une très bonne mémoire à ce qu’on m’a dit.
— Je le ferai jouer pour toi.
— Quand ?
— Tout à l’heure. Bientôt. Regarde les carnets. Je les ai disposés dans l’ordre chronologique, quand c’était possible.
— Pas toujours le meilleur choix.
— Pourquoi ?
— Le temps boucle…
— Tu vas m’aider à comprendre.
— Le temps ?
— Oui l’ordre du temps.
— Oh non : il n’y a que du désordre…
— Eh bien… Tu vas m’aider à trouver le meilleur désordre possible.
— Pourquoi faire ?
— Pour raconter l’histoire.
— N’ai pas une très bonne mémoire.
— Je t’aiderai
— Mais aussi, n’étais pas toujours là.
— Essayons tout de même. On ne risque rien à essayer. C’est comme un tricot. On peut le faire et le défaire et le refaire. Alors ça va, tu vois.
— Alors, ça va, oui. Mais plus tard. Maintenant, il n’y a que la danse dans ma tête. Demain. Une autre fois.
4| La juste ellipse
Récemment, je me suis replongée dans la question du cut-up. En écoutant une veille émission de Marie Richeux (Pas la peine de crier) sur le sujet, j’ai réalisé combien le geste du montage était de loin celui qui m’impressionnait et m’intéressait le plus du vaste chantier : comment raconter une histoire.
Le visionnage du court-métrage de Laetitia Lambert, L’Arène, et du long métrage de Christopher Nolan (L’Odyssée) m’ont confortée dans cette piste. Les deux peuvent se vanter d’un montage remarquable. Dans le cas de L’Odyssée, j’y suis particulièrement sensible, ayant réalisé une adaptation complexe dans le cadre de l’atelier des élèves Les Ithaques/Un Dieu versa sur moi un très profond sommeil.Par montage, j’entends la science du bon coup de ciseau, la juste ellipse. Une autre manière de dire qu’on écrit simultanément deux livres : celui qu’on garde et celui qu’on jette, celui qu’on montre et celui qu’on cache, celui qu’on dit et celui qu’on tait. C’est une règle dont j’ai une certaine maîtrise à l’échelle du dialogue. Je reprends mes notes ; je l’ai même renseignée grâce à un élève curieux.
En me demandant pourquoi j’avais ôté les connecteurs logiques dans la scène écrite pour un spectacle avec orchestre, un élève a attiré mon attention sur ma pratique du montage à l’échelle du dialogue. La question est excellente : elle tient tout le théâtre dans son poing. Ce qui fait théâtre, c’est la relation entre les personnages. C’est aussi la relation qui fait le personnage. Passer 15 minutes avec l’être aimé ou 15 minutes la tête dans un four donne une idée de la relativité du temps, mais également de la relativité propre au personnage… Quand deux personnes parlent la même langue, surtout si c’est une vieille langue bien installée comme le français, elles peuvent se dispenser de certaines formes d’explicitation. Le niveau de dispense est représentatif de leur degré d’intimité. Ce qui est omis dans le texte figure cependant… ailleurs : dans le ton, dans l’attitude, dans le temps. Et finalement, dans l’atmosphère. L’usage restreint des connecteurs logiques induit une connivence entre les personnages. Cette connivence, ce degré d’intimité définit une relation, et une façon de se comporter. Quand deux personnes qui se connaissent appuient sur les connecteurs logiques, la condescendance est au rendez-vous. « Je lui ai dit PARCE QUE tu me l’avais demandé ». Il n’y a plus alors de sous-entendu à proprement parler, puisqu’on ne peut plus entendre autre chose que l’humeur qui pousse à ce genre de pauvres accentuations. Accentuer les connecteurs logiques vise à débarrasser le discours de toute ambiguïté. Musicalement, cela reviendrait à accentuer systématiquement le premier temps. Heureusement, ce genre de grossièreté ne peut parvenir à empêcher l’équivoque. Malheureusement, il n’est pas nécessaire qu’une chose soit possible pour qu’on la croie possible. Quand les arguments sont faibles, les outils rhétoriques proférés à un certain niveau d’intensité peuvent en dissimuler la misère à qui les assène. L’autre en reste, au mieux, sans voix.
Dans le cadre d’un dialogue de théâtre, je vois donc à peu près comment faire. Ce que j’ôte est rempli par les corps, la lumière, la vocalité… Mais dans le cas d’un roman, c’est une autre paire de manches. Si l’ellipse permet de définir le niveau d’intimité entre les locuteurs, la tentation est grande de la pratiquer largement pour mettre les lecteurs dans ma confidence. Ce qui équivaut à confondre relations entre personnages et relations avec ce lecteur que j’imagine… Je n’oublie pas que confidence et confiance ont la même racine. Confidence valait autrefois pour confiance intime. Verlaine écrit à Hugo : Mon cher Maître, je continue à mettre toute ma confiance et toute ma confidence en vous. Également grand le risque de perdre les lecteurs, qui n’entendraient plus alors que du son insensé. J’en arrive à la conclusion (merci Nolan et Lambert, et merci William Burroughs), qu’il faut conserver la même monture, mais sur un autre terrain. L’ellipse est aussi un outil rythmique. C’est un geste d’autorité, et il en faut pour amputer, voire, dans le cas de son propre texte, pour s’amputer soi-même. Mais vu sous cet angle, je peux échapper à la tentation de finasser, qui demeure l’attitude à haut risque de mon écriture. Au théâtre, je ne fais pas de prisonnier. Je coupe, j’assemble, je renonce : le rythme prime qui emporte le public même quand il ne sait pas ou plus à ce qu’il assiste, comme conduit dans une voiture rapide par une main sûre. Un des plus beaux compliments qu’on m’a fait après une représentation, un des plus utiles, a été : « On ne comprend rien, mais qu’est-ce qu’on rit ! ». Le portrait de la juste ellipse se précise encore : elle vise efficacement. Je voulais que le public rit, qu’il rit de surprise, baladé d’une incongruité à l’autre. Nous connaissions le détail de ce que nous jouions (une adaptation des Joyeuses Commères de Windsor), mais seul m’importait de rendre le public témoin de la dinguerie furieuse de ces gens ordinaires. Autrement dit, qu’il soit pris dans le rythme improbable de ces personnes qui s’ennuyant à cent sous de l’heure n’ont de cesse de se livrer aux assemblages les plus improbables, dangereux, vains. Le livre que je veux finir, saurais-je donner une définition aussi nette de l’effet que je souhaite lui voir produire ? Ça se dessine, et les moments de ce journal y concourent. Me voilà au moins au clair avec ce que la juste ellipse peut m’offrir, si je la prends dans le bon sens : du côté du manche. Le sens pratique et non la recherche imaginaire d’une intimité.
Je trouve très bien rendu l’à-plat de l’image, qui unifit, simplifie, évite une autre dimension, qui inévitablement ressurgit pourtant.
La maison de savon à Marseille est une trouvaille !
Trouvaille. L’expression est juste : c’est elle qui m’a trouvée. J’en suis un peu secouée : de ne pas l’avoir vu venir, ces 50 dernières années. Contente qu’elle t’ait sauté aux yeux.