1 Fierté des femmes engagées dans ce monde qui bouge, fierté de ce monde qui défend sa part d’humanité
2. Collections, gardiennes de la mémoire
Collectionner, amasser, empiler, garder, ne pas jeter… J’ai toujours pensé que je n’étais pas une collectionneuse au regard de ces objets encombrants exposés dans des vitrines que je voyais enfant et pourtant…
L’envie un jour lors d’une exposition d’acquérir un magnet, lequel a été le premier ? Aujourd’hui une trentaine sont aimantés sur la porte du lave-vaisselle, témoins des expositions et des lieux visités – celui de la fondation Miro à Barcelone, celui de Magritte et son musée à Bruxelles, Warhol à New York, Goya à Madrid, ceux de la fondation Beyeler, si proche de chez moi, lieu exceptionnel qui m’a permis de découvrir tant de peintres connus ou inconnus, Franz Marc et son renard bleu, Hopper, Klee, Giacometti, Wayne Thiebaud, Mondrian, Niko Pirosmani, Vija Celmins, Paul Cézanne la dernière et avant celle de Yayoi Kusama et son monde particulier. Celle au musée Unterlinden de Fabienne Verdier dont l’émotion m’a percutée, ses tableaux en résonnance avec ceux du Moyen âge ou de la Renaissance. Quelques autres qui racontent des lieux celle du Mucem à Marseille, d’Arles et ses rencontres photos, le musée de l’Image à Épinal, j’ai démarré tardivement, je les ai cherchés pour les répertorier, garder la mémoire en vieillissant ?
Celle des tasses, des pots, des vases en porcelaines, en grès, des plats, des raku posés à différents endroits dans la maison, offerts à diverses occasions, initiée il y a longtemps lors de ma rencontre avec ma vieille amie de Corse, venue faire un stage à la maison de la céramique, souvenir d’un texte écrit (5x sur le métier), objets trouvés dans des marchés de potier, dans des ateliers ici ou ailleurs. Devenu presque un rituel, affection particulière pour ces objets créés par des gens qui tournent, malaxent, pétrissent, enfournent, émaillent.
Celle des livres qui envahissent la maison, de la cuisine au grenier, certains auteurs devenus des compagnons de route tant leurs mots raisonnent, leurs livres sont là classés par ordre alphabétique ou édition, je ne les ai jamais vus comme une collection et pourtant ? Le nombre fait la collection.
Celle des tableaux accrochés, achetés ou offerts par des amis, quelques inconnus, valeurs affectives qui disent mon amour des couleurs, objets d’une vie toujours en lien avec un moment, une rencontre.
Celle des carnets écrits, les vides en attente, les pinceaux, papiers, couleurs, boites de couleurs, pastels, crayons multicolores pour dessiner, l’amour du dessin resté un temps coincé par peur du ridicule, par le sentiment de ne pas savoir, qui un jour se laisse apprivoiser.
3. Perdre les pédales, pas toujours !
Il disait : »Je suis né un vendredi 13 et je suis là… » pas de superstitions
Elle me disait : « Sois belle et tais-toi », plus une injonction qu’une superstition, je n’y ai jamais crue, belle je ne l’étais pas, je suis devenue bavarde
Elle me disait « Si tu ne dis pas la vérité, une croix sera marquée sur ton front » – j’en ai toujours douté
Elle me disait » Profites en quand tu seras mariée ce sera fini » 36 ans de vie commune sans être mariée, j’en ai toujours profité
Elle me disait quand un couteau tombait par terre » on va avoir un invité » parfois oui, parfois non !
Mardi 5 juillet, 2026
Je me suis levée ce matin pour écrire, j’écris plutôt le matin, assise à une table à l’extérieur, le son d’un meuglement au loin. Le soleil se lève sur la campagne environnante. J’écris dans mon carnet avec mon feutre, l’ordinateur est resté chez moi. L’écriture se transporte, devient nécessité, elle était là, je repense au premier commentaire de Bernard Dudoignon « Et si cette écriture d’été c’était la vraie paresse qui nous envelopperait doucement ? » il me semble que j’y suis. La force du moment, le désir et la solitude présents, l’envie d’écrire à côté de l’atelier émerge.
5. Rouge
Se lever et écrire ne nécessite que le vêtement de la nuit ou celui enfilé rapidement parce que c’est le moment. Pieds nus sur le tapis, le vêtement à ce moment-là n’est pas important, je me revois au milieu des autres en bleu marine, col blanc, chaussettes blanches et soulier vernis noirs. Aujourd’hui, ce serait plutôt une petite robe rouge en lin qui apparait sous mes yeux, petite robe rouge, petite folie de belle qualité qui traverse les étés, dans laquelle je suis tellement à l’aise, le rouge, la passion, non juste l’envie d’être visible, la couleur de la vie, rouge vermillon, elle a permis la transition entre le bleu strict de l’uniforme et la déclinaison des autres vêtements, aubergine, orange, bleu rayé blanc, vêtements colorés qui tranchent avec l’enfance.