Comment que tu l’as cru, que tu pouvais être libérée. Comment que t’y crois toujours, il suffit d’un gouverneur à qui la larme vient facilement à l’oeil. Et l’oreille toute ouverte. Comment que tu t’es vue lui parlant, doucement d’abord. Parce que ça paraissait facile de lui faire entendre et que ça t’aurait fait du bien juste d’être un peu écoutée. Comment que tu t’es raidie à moment donné parce que, quand même, parfois, il en mettait du temps à comprendre. Comment que tu y as cru malgré tout. Comment peut-être que tu as cru surtout en toi. Et en toutes celles qui allaient savoir lui dire. Comment que tu as gonflé la saveur des plats de l’une. Comment que tu as haussé l’élégance d’une autre à lui remettre des habits de parade tellement bien repassés.
Et comment elle organise ses marchés. Comment elle fait se croiser les routes de ceux qui doivent se parler. Quitte à se heurter. Comment elle sait choisir des heures douces pour les retrouvailles. Et les audiences. Comment elle laisse s’échapper d’elle aussi. Pour aller voir des hélices enterrées. Comment elle invite la mer et le ciel à être si proches d’elle qu’elle en devient figure de proue de la liberté. Comment elle offre le vent qu’il faut aux banquets réconciliateurs. Et annonceurs de temps nouveaux si tout ne dépendait que d’elle. Comment elle laisse partir les tout nouveaux avions vers l’ailleurs. Comment elle en espère encore qu’un souffle tout neuf va en revenir. Pas des idées nouvelles, elle les connaît déjà. Mais comment elle fournit à chacun, à chacune, tout le piment qu’il faut pour en débattre.