A propos de Brigitte Célérier

une des légendes du blog au quotidien, nous sommes très honorés de sa présence ici – à suivre notamment, dans sa ville d'Avignon, au moment du festival... voir son blog, s'abonner, commenter : Paumée.

#L5 – Images surgies

Il rentre dans la boutique. Il tourne un peu, il marmonne ou il pense – lui et nous, nous en moquons, ça ne fait guère de différence, il est seul et donc il divague, il aime bien ça divaguer — : téléphoner à ma femme, lui rappeler le déjeuner familial. Lui dire aussi que j’ai aperçue son amie – ou Continuer la lecture#L5 – Images surgies

#P5 – à côté

Un vide dans cette chair – je dis moi – et un flot qui monte n’être rien à nouveau après un temps d’illusions, et qu’importe sa longueur, n’être que quelque chose où se perce un trou, une fontaine par laquelle monte on ne sait quoi, des mots qui savent encore se refouler, des poisons crispant muscles ou des larmes qui Continuer la lecture#P5 – à côté

#P4 Ma chérie

Un bouquet soigneusement ébouriffé avance devant deux lèves étirées qui s’ouvrent pour un « Ma chérie » – le i strident monte en grand élan, dépassant la hampe du point d’exclamation qu’il remplace – et des yeux froids au dessus… prendre le bouquet avec un « merci chérie » calmement plat jusqu’à l’indifférence, se retourner vers une adolescente, lui tendre les fleurs, commencer à Continuer la lecture#P4 Ma chérie

#L4 Remerciements

De « La Crique du Français » de Daphnée du Maurier un certain charme, le plaisir de lire comme les autres filles de mon âge et de ce que je ne savais pas être mon milieu, une petite honte aussi de céder à cela, et puis le fait que c’était à ma disposition, maintenant le plaisir d’un vague souvenir que nous nous échangeons Continuer la lecture#L4 Remerciements

#L3 | premiers contacts

Tout de suite su que c’était elle, forcément, avec cet air flottant qu’elle avait parmi les cinq voyageurs qui débouchaient sur la place, l’aurais deviné même si elle n’avait pas été l’une des deux seules femmes, et l’autre, avec ses talons, son petit veston cintré et cette jupe collante d’un vert de pré artificiel, ce n’était pas possible, non elle Continuer la lecture#L3 | premiers contacts

#P3 Nappée de sauces

N’y avait pas tant de traditions de cuisine familiale à part deux recettes de ma grand-mère destinées aux buffets de réception, pour lesquelles, en marmiton auquel on ne saurait confier d’initiative, je devais dans un cas hacher interminablement des viandes variées, dans l’autre piler des noisettes, et les plats qui en résultaient étaient hautement civilisés, fondants dans la bouche et Continuer la lecture#P3 Nappée de sauces

#L2 Ce qu’il aurait pu voir

Dans le train qui se remet en marche, l’homme voit que des places se sont libérées, hésite un instant, et puis descend son sac, le pose résolument sur le siège que la femme occupait, se renfonce contre le moelleux tissu de son dossier, allonge ses jambes, jette un coup d’oeil aux nuques devant lui, aux arbres qui glissent le long Continuer la lecture#L2 Ce qu’il aurait pu voir

#P2 Accumulations au lien discret

Gérard Grisey, Georges Aperghis, Luigi Dallapicola, Kurtag, Stockhausen, Messiaen, Alban Berg, Arnold Schönberg, Bruno Maderna, Pierre Schaeffer, Pierre Henry, Ligeti, Boulez, Luigi Nono, Luciano Berio, Emmanuel Nuñez, Jonathan Harvey, Tristan Murail, Pascal Dusapin, Lachenmann, John Cage, Morton Feldman, Steve Reich, Saariaho, Ivo Malec, Luc Ferrari, Brice Pauset, Magnus Lindberg, Philippe Hurel, Philippe Manoury, Philip Glass, Michael Jarrell, Michael Levinas, Hugues Continuer la lecture#P2 Accumulations au lien discret

#L1 Premiers regards

Au fond du wagon, au dessus de la porte, le petit bandeau s’allume, un nom s’affiche, nom familier d’une ville inconnue, moyennement célèbre, un de ces noms de ville ou de région que l’on rencontre sans que s’y attache aucun souvenir historique marquant, aucune image précise, du moins pour celle qui s’est redressée en le voyant, qui ne savait même Continuer la lecture#L1 Premiers regards

#P1 éveils

Les yeux re-fermés dans l’espace frais de la chambre, un claquement de mules sur les dalles, Jacqueline va ouvrir les rideaux, les fenêtres, irruption de la lumière et de l’air où s’éveille la tiédeur, la dernière debout dans son lit agite les barreaux, un déplacement d’air, j’ouvre les yeux sur un pan de la robe de chambre rouge de Maman Continuer la lecture#P1 éveils