A propos de Juliette Derimay

Juliette Derimay, lit avidement et écrit timidement, tout au bout d’un petit chemin dans la montagne en Savoie. Travaille dans un labo photo de tirages d’art. Construit doucement des liens entre les images des autres et ses propres textes. Entre autres. À retrouver sur son site les enlivreurs.

#construire #02 | Bateaux, sur l’eau

Île, de l’eau autour et des pierres, mais aussi de la terre, une île pas un îlot, un caillou, un rocher, une île avec des plantes qui poussent dessus, des végétaux, des arbres, des buissons, des choses qui se mangent même, et faire le tour, faire le tour par dedans, faire le tour par dehors, faire le tour à pied Continuer la lecture#construire #02 | Bateaux, sur l’eau→

#construire #01 | Lavrec, commencement

Voici comment les choses ont commencé. Le programme du jour dans ce festival ne nous inspirait plus et, un peu par habitude, un peu comme quelque chose qu’on sentait sans encore être en mesure de le formuler, une sorte de besoin d’air, on a simplement regardé la météo en buvant notre café. Et on s’est regardées avec la même chose Continuer la lecture#construire #01 | Lavrec, commencement→

#histoire #12 | Vue sur mer

Un hôtel ? Je préférerais ne pas.Plutôt monter la tente, dormir dans la voiture, prendre le train de nuit ou le ferry de nuit ou même le car de nuit, louer un truc sur une plateforme, airbn’b ou autre, squatter le canapé chez une tante éloignée, une copine de cousine, mais un hôtel, je préférerais ne pas.Peut-être parce que trop, plus Continuer la lecture#histoire #12 | Vue sur mer→

#histoire #11 | Josef

Josef a des bras petits. Des bras petits par rapport aux standards de longueur pour les manches de pulls, manche de chemises, manches de vestes. Alors il remonte ses manches haut sur les avant-bras pour qu’elles restent bien là-haut et qu’elles ne retombent pas. Mais beaucoup trop souvent elles retombent quand même, alors il essaye de les caler au-dessus du Continuer la lecture#histoire #11 | Josef→

#histoire #10 | Non, elle est comme tu ne la vois pas

Non, voilà comme elle est : rejetant les pères, dominée par les chiens, perdant des pierres et traînant des radeaux. Non, voilà comme elle est : gravant dans le dur du bois des clous de papier fin, dessinant dans la mer des ronds et puis des lignes, sautillant d’île en île, elle grave sa carte à elle sur tout ce qui Continuer la lecture#histoire #10 | Non, elle est comme tu ne la vois pas→

#histoire #09 | Le Ferlas

Toujours vérifier les horaires de marée, coup d’œil à l’almanach, coup d’œil par la fenêtre pour vérifier que tu ne t’es pas trompée de page, de jour, pas trompée dans tes calculs. Les marées tu les vois tous les jours, tu les sens, tu les sais, le calcul de marée avant de prendre le kayak c’est surtout pour satisfaire une Continuer la lecture#histoire #09 | Le Ferlas→

#histoire #08 | Burrafirth

Je suis revenue. Dans l’île qui m’a vue petite, les îles qui m’ont vues petite, les îles que j’ai vues petite. Pas chez mon père et mon oncle, cette maison-là je n’ai pas envie d’y retourner. Je suis revenue devant la maison de mon grand-père à Unst. Avant d’arriver devant la petite maison, j’ai dû remonter toute l’île principale vers Continuer la lecture#histoire #08 | Burrafirth→

Bloc point

Texte de l’atelier en direct du 4 novembre 2025, écrit avec un filet à papillons pour les mots, attraper ce qui passe, tirer sur la ficelle, en faire un bonnet pour réchauffer la tête.Toujours un régal ces ateliers, toujours un étonnement fort de ce qui s’écrit chez tous en aussi peu de temps bloc point, bloc point, bloc point, point Continuer la lectureBloc point→

#histoire #07 | Le monde de Mow

Elle voit une bouteille vide entre l’eau et le sable. Chaque vague la repousse et à chaque fois elle roule pour reprendre la mer. Enfin non pas la mer, l’eau est encore salée, il y a encore des marées, mais on est sur le fleuve depuis un bon moment quand on arrive à Londres en remontant la Tamise.  Elle voit Continuer la lecture#histoire #07 | Le monde de Mow→

#histoire #06 | Cinq rêves de Mow

Un appareil photo à la main, je me promenais dans une forêt plongée dans le brouillard. Une forêt de grand chênes courbés, tordus, âgés. Les arbres autour de moi apparaissaient ou disparaissaient suivant le sens de mes pas, de mon regard. Parfois le brouillard devenait si épais que les arbres disparaissaient presque totalement sous un voile de coton blanc. Derrière Continuer la lecture#histoire #06 | Cinq rêves de Mow→