A propos de Laure Humbel

Site internet : Sur mes tablettes, laurehumbel.fr. Dans l’écriture, je tente de creuser les questions du rapport sensible au temps et du lien entre l’histoire collective et l’histoire personnelle. Un élan nouveau m'a été donné par ma participation aux ateliers du Tiers-Livre depuis l’été 2021. J'ai publié «Fadia Nicé ou l'histoire inventée d'une vraie esclave romaine», éd. Sansouire, 2016, illustrations de Jean Cubaud, puis «Une piétonne à Marseille», éd. David Gaussen, avril 2023. «Ton Nombril» et «BigBang» (Toutàlheure, 2023 et 2024, illustrations de Luce Fusciardi) sont des albums pour les tout-petits qui forment un diptyque sur le thème de l'origine.

#40jours #03 | Trois fois Louise Michel

Le feu orange est clignotant. Les voitures s’engagent lentement, une bleue, trois blanches, une rouge, j’invente rien, sur le rond-point Louise-Michel, la jaune passe plus vite et s’enfuit. La fin de l’après-midi allonge les ombres maigrelettes des arbres dont les bourgeons hésitent encore. Les seuls visages en vue sont ceux de deux candidats sur les panneaux « libre expression » : trois fois Continuer la lecture#40jours #03 | Trois fois Louise Michel

#40jours #01 | un fusil de pierre

Un fusil de pierre est tenu d’une main de pierre par un soldat de pierre à la gueule tragique, les autres gueules aussi, des gars très réalistes, « Enfants des Bouches-du-Rhône morts pour la France pendant la guerre de 1870-1871 » avec leur barda, leur béret, leur képi, il y en a même un avec un casque à plumet, façon guerrier antique Continuer la lecture#40jours #01 | un fusil de pierre

Vers un écrire-film #08 | Patelles à Ouessant

Si j’étais peintre, je voudrais saisir la forme exacte des coquillages pyramidaux qui s’accrochent au granit sur les côtes battues par les vents, les vagues et les marées, forme unique et multiple à la fois, et reproduire aussi leur couleur d’écume. Je les chercherais, j’en découvrirais partout, dans les anfractuosités des rochers, près des flaques laissées par le jusant, affleurant Continuer la lectureVers un écrire-film #08 | Patelles à Ouessant

Vers un écrire-film #07 | Tout en faisant trotter ses petites bottines

Au premier étageC’est le temps très lointain de la petite enfance, un temps de souvenir presque inconscient et pourtant très précis. Il restait dans la ville de Caen un seul cheval et la carriole qu’il tirait. Longtemps avant qu’il entre dans la rue, on reconnaissait de loin le son unique des sabots sur le pavé, le choc de l’ongle sur Continuer la lectureVers un écrire-film #07 | Tout en faisant trotter ses petites bottines

vers un écrire-film #06 | du ralenti en littérature

Je peux faire courir deux fois plus vite mes doigts sur le clavier, rien ne me donnera prise sur la vitesse à laquelle ces lignes seront lues : à la différence de la projection d’un film, je ne peux contrôler le nombre de mots par seconde qui passera devant l’œil du lecteur. Je peux au contraire ralentir mon rythme d’écriture Continuer la lecturevers un écrire-film #06 | du ralenti en littérature

vers un écrire-film #05 | soubrette de carnaval

Je cherche à peindre ses cheveux, de dos, longs et lâchés, au moment où elle va passer la porte de l’hôtel. Elle a marché d’un pas décidé dans le jour à peine levé, la brume monte des canaux, son écho traverse l’hiver de la ville. Elle a des bottes, un imperméable à mi-mollet, elle porte des collants couleur chair. Le Continuer la lecturevers un écrire-film #05 | soubrette de carnaval

vers un écrire/film #04 | vain gesticule

la vague avale le bras levé la main levée vers, le haut, de l’eau, la vaine main, la vague ne, soulève plus, qu’elle, la vague, l’eau, ne porte plus assez haut, les lèvres l’épaule la peau, avale toute l’eau crache, se raccr- se raccroche à quoi la main, à l’air, la main, cherche, appui, sur, l’eau, sur la peau de Continuer la lecturevers un écrire/film #04 | vain gesticule