Trop facile de me dire qu’ils ne sont pas moi

Rien ne l’oblige à tenir sa capuche tout le temps enfoncée sur sa tête. Mais même chez lui, il la porte sans doute ainsi. C’est vrai qu’il n’est pas encore très loin de l’âge des otites infantiles. Et puis il tousse rauque, je l’entends de temps en temps. Il doit passer de longs moments exposé au vent et au crachin, Continuer la lectureTrop facile de me dire qu’ils ne sont pas moi

Grenade dévisagée

Le visage du dernier instant était peut-être une grenade, avec le rouge du sang et les éclats de pare-brise comme des graines. J’ai caché son visage au fond d’un cahier, grand pour qu’il fasse comme un catafalque, épais pour que le froid n’y atteigne pas, même au cœur d’hiver. Le visage est peut-être resté intact, même au dernier instant, comme Continuer la lectureGrenade dévisagée

#11-Annotations en clé d’auteur

Quel est vraiment l’espace du gravier et l’espace de l’herbe, l’herbe qui s’appelle en ce temps chiendent et qui vient faire quelque chose qui ne s’appelle pas encore dessin puisque les dessins se caractérisent par de maladroites taches sur des feuilles alors qu’ici le gravier pointe, brille de certaines de ses facettes dures et blanches et s’enfouit sous les brisures Continuer la lecture#11-Annotations en clé d’auteur

#10-hypothèse Babudu

Hypothèse Babudu : à moment donné, changement de vie (le corps se prépare à l’écrasement-dilatation de l’avion). Un mendiant aveugle est dans l’aéroport, ce corps lui parle, par ses fourmillements et ses aspirations dissonantes. A partir de là, le corps tangueur de l’aveugle ne cesse de répéter cette histoire dans le hall de l’aéroport. Les corps helleurs des policiers restent à Continuer la lecture#10-hypothèse Babudu

#8, 56 ans divisés par 3 fois 27

27 septembre 1970 : encore l’époque des rentrées scolaires tardives. Premier dimanche d’après la rentrée. Je suis revenu avec les miens au jardin de l’impasse où il fait soleil comme si c’était encore l’été et les vacances. Et pourtant, depuis, j’ai entrevu la ville pour la première fois, ses soirées et ses lumières innombrables le soir. Je les vois encore amicales Continuer la lecture#8, 56 ans divisés par 3 fois 27

Blanc minuscule #5

Rien à voir avec les beaux quartiers mon envie est d’y sentir la proximité entre bazar et Bazacle le grondement du fleuve s’y fait entendre toujours et les éclaboussures de l’eau sur les pierres de l’ancien gué peuvent toujours s’imaginer quelle chance que le prolongement du canal n’ait été planté que récemment les deux jeunes platanes sont encore petits, se Continuer la lectureBlanc minuscule #5

Fenestron, double vue

Le fenestron peut être l’inverse de lui-même, même quand il est regardé du même côté, dans tous les cas, il est entouré d’ombre et concentre la lumière extérieure dans le petit carré qu’il forme mais tantôt il oppose aux épaules qui voudraient s’échapper par là des arêtes promettant de râper dur, tantôt il offre les bords d’appui aux mains qui Continuer la lectureFenestron, double vue