autobiographies #02 | portraits crachés

Abel est agriculteur à la retraite, il habite un pavillon blanc posé sur un garage, et circule avec sa femme derrière la baie vitrée essentiellement pour aller du canapé au téléviseur, comme deux petits personnages dans un théâtre de poche. Le dimanche, il cloue des chouettes sur la porte de son garage pour effrayer les oiseaux, et il sort sa carabine pour cribler de plombs les chiens et les chats qui franchissent la barrière pour pisser sur ses fleurs.

Roland est un adolescent grassouillet et timide. Il a les cheveux très blonds, et le visage toujours très rouge ce qui est sans doute à l’origine de sa timidité. Il est fils unique de parents agriculteurs, il ne quitte jamais ses bottes vertes et conduit dès dix ans le tracteur des parents. À bord du tracteur, il semble cesser de s’inquiéter, il sait ce qu’il a à faire.

Le chômeur désigne indifféremment un des deux frères jumeaux qui sillonne à pas très lent chaque jour les mêmes 50 m de cette petite route et qui s’arrête pour regarder les voitures passer. Il répond parfois au hochement de tête de celui qui le salue. Il met toujours du temps à reprendre sa marche, une fois la voiture passée. Les deux frères ont ensuite trouvé du travail chez Linex, une usine de fabrication de panneaux de particules, située à quelques kilomètres, et sont moins souvent sur la route.

Marcel prend grand soin de sa chaumière, de son jardin. A l’entrée de la propriété, il a fait construire un portail surmonté d’un toit en chaume. Il travaille à l’usine Renault avec sa femme, sa voiture sent toujours le neuf et tous les sièges sont encore recouverts de la bâche plastique d’origine. Son hygiène est impeccable, il est toujours très propre, comme sa maison, son jardin. Mais les voisins disent de lui qu’il a été accusé de viol. Ce qui vient tout salir.

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