autobiographies #05 | Olympe

1. autobiographies#02. En passant
Annick
Un appartement modeste dans une HLM d’une petite ville de province. Je monte les deux étages du bâtiment qui en comprend quatre. Je sonne à sa porte. J’entends des pas qui s’approchent, je perçois un corps qui se colle au judas. La porte s’ouvre et Annick m’accueille avec vivacité. Elle tient un cabas dans une main, un marteau de l’autre. Dans sa petite entrée, elle prend toute la place. C’est une très vieille demoiselle maintenant. Qui oublie pas mal de choses. Qui n’oublie jamais de mettre du fard et du rouge aux lèvres comme quand elle était mannequin. Pour l’heure, elle est en colère. Elle brandit son cabas, fait tournoyer son lourd marteau. On lui vole tous ses torchons. C’est un comble. Elle s’apprête à sortir, à aller chercher les voleurs. Il y a quinze jours, elle en avait après son vieux fiancé qui lui apportait des fleurs et qu’elle a été obligée d’éconduire. Vis-à-vis des voisins. Il la déshonorait.

Notes : Rien ne va. Aucun intérêt à ce texte. Tout à revoir. Faut le remanier de bout en bout voire le supprimer et repartir sur quelque chose de nouveau. Pour respecter la consigne, vais tenter le remaniement et vais commencer par changer le prénom. Aucune idée. Vais consulter un calendrier pour les noms… Me souviens que son amant l’appelait Olympe pour se moquer. Va pour Olympe ? Il faudrait qu’Olympe nous soit plus présente, plus vivante.

Olympe

Sur un coup de tête elle avait quitté Paris pour s’installer dans une petite ville de province proche de Carcassonne. Elle avait bazardé tous ses meubles, racheté du fonctionnel et accroché aux murs de son modeste appartement de deux pièces, des tableaux, trois petites huiles de l’une de ses sœurs, d’autres sans intérêt mais qu’elle aimait. Je me suis toujours demandée pourquoi elle avait choisi d’habiter ici, loin de la ville, de ses transports en commun, si loin de son besoin de bouger, discuter, s’étourdir au PMU. Désormais, elle ne voyait pas grand monde. C’est une demoiselle de 84 ans, jamais mariée, pas d’enfants. Elle avait eu un fiancé. L’appartement des futurs époux était acheté et meublé. Quelques jours avant les noces, Olympe avait rompu avec éclat. Ce Francis avait regardé d’un peu trop près leur amie commune. Jeune, Olympe était belle et impulsive. Ancien mannequin, elle est restée attentive à son allure et se regarde avec mansuétude.

Lorsque je sonne à sa porte, j’entends des pas qui se rapprochent, je pressens un corps qui se colle au judas, j’entends quelques mots dont je ne devine pas le sens, la porte qu’on déverrouille. Olympe dans la petite entrée prend toute la place. Sa jupe, droite, fermeture éclair ouverte, lui descend sur les hanches et l’entrave. Elle tient premièrement, un cabas qu’elle agite sous mon nez, deuxièmement un lourd marteau. Elle menace. Ça va mal. On me vole tous mes torchons. C’est un comble. Elle est prête à sortir pour les récupérer. Où sont-ils ? Elle n’en sait rien mais elle trouvera C’est évident. Il y a quinze jours, elle en avait après son vieux fiancé qui lui apportait des fleurs et qu’elle a été obligée d’éconduire. Vis-à-vis des voisins. Il la déshonorait. Ce qui est remarquable, c’est que ce fiancé n’est autre que Francis qu’elle avait déjà éconduit il y a de cela quelques 60 ans. Ils s’étaient retrouvés, jusque dans cette bourgade il l’avait cherchée mais ce n’était pas plus facile aujourd’hui que dans le temps. Olympe, toujours impulsive, fière, quelquefois très têtue faut dire aussi. Elle avait eu un amant que nous, les nièces et neveux, appelions Monsieur Robert. Nous ignorions le rôle qu’il tenait toutes ces longues années auprès de notre grand-tante adorée. Il était le monsieur avec qui elle nous rendait visite. Aller déjeuner chez eux était toute une histoire. Monsieur, royaliste et catholique prenait ses repas sur une table de marbre incrustée d’une fleur de lys, Olympe dépliait une table de camping en formica. Les deux tables dans le prolongement l’une de l’autre, à nous de savoir avec qui nous nous fâcherions en choisissant de nous attabler ici ou là. Toute sa vie avec Monsieur, Olympe en communiste assumée a déplié sa table midi et soir.

Ça va mal et il m’est impossible de lui dire qu’elle perd la boule. Je ne peux pas. Je la connais différemment. Tu te souviens quand tu m’emmenais au parc ? Elle me regarde furtivement et comme sans y penser Oh mais on va y aller attends seulement que je mette la main sur ces voleurs on va y aller, tu t’achèteras de la barbe à papa je te donnerai des sous. Nous restons dans l’entrée, coincées dans ce minuscule espace clos. Elle cherche ses clefs. Réfléchit tout en faisant tourner convulsivement dans un sens puis dans l’autre le bouton d’un des verrous. Et tu m’attendras quand je ferai un tour de manège ? Je n’ai pas posé la question. On a cherché les clefs. On les as trouvées dans le fond du cabas, sous l’argenterie qu’elle trimballait partout avec elle.

Codicille : Après mon passage chez Françoise Renaud, je m’y suis mise. Merci à elle.


2 eme codicille : ai modifié les dernières lignes du texte d'après commentaire d'Emmanuelle. Merci

A propos de Louise George

Diverses professions et celles liées au "livre" comme constantes.

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