#40jours #11 | explorateurs perdus

Le retour à pied du centre de quelque part. A la fin du pont, un magasin avec des grosses écritures peintes en blanc sur une façade bleu de magasin d’électroménager à priori. Une route qui descend et qui remontera donc au retour à priori. Au creux de cette route en pente descendante se dresse sur un trottoir incurvé qui ressemble Continuer la lecture#40jours #11 | explorateurs perdus

#40jours #10 | j’ai peu de souvenirs

Peu de souvenirs de Veules-Les-Roses. Du voyage en car, du départ, de l’heure du rendez-vous pour le voyage en car. La colonie de vacances à Veules-Les-Roses. Aucun souvenirs des visages des autres enfants, aucun souvenir des visages des adultes. Juste une sensation que tout le monde est grand. Le voyage est long. La nausée pas loin. Pas de souvenirs de Continuer la lecture#40jours #10 | j’ai peu de souvenirs

#40jours #17 | ceci est mon corps

1 Mes vêtements sont un costume, mes cheveux sont une perruque, mon visage est un masque barbouillé de maquillage. Ceci est mon corps. Ma chair mal dissimulée est appétissante comme une viande, elle excite les fantasmes et provoque les désirs furieux. Ceci est mon corps livré pour vous. Je suis une marchandise, mon corps est mis à prix, il est Continuer la lecture#40jours #17 | ceci est mon corps

#40jours #17 | pour tout faire

Elle tire légèrement la langue en trempant sa serpillière dans le seau. Elle a toujours son visage d’enfant. Elle le gardera jusqu’au bout, un effet farceur de son chromosome en plus. Elle est drôlement appliquée : de toutes celles qui travaillent ici, c’est la seule qui sache à quel point ce qu’elle fait est important. Elle nettoie les toilettes. Elle n’oublie Continuer la lecture#40jours #17 | pour tout faire

#40jours #09 | quelqu’un

Quelqu’un trouve une place dans le tram à coté de la fenêtre dans le sens de la marche avec de la place pour les jambes pose son sac sur ses genoux, tourne la tête vers la fenêtre, essuie une larme matinale, tourne son regard en dedans le silence croit-elle. Quelqu’un s’aperçoit dans le reflet d’une vitrine des magasins puis dans Continuer la lecture#40jours #09 | quelqu’un

#40 jours #17 | Magali, Carmen, Nadine et les autres

Magali c’est la première, les années 1990, début 2000, tu ne sais plus exactement, c’est l’intellectuelle, étudiante en anthropologie en Colombie venue à Bruxelles pour gagner un peu d’argent afin de poursuivre ses études, tout de suite tu t’entends bien avec elle, vous discutez tandis qu’elle nettoie, tu aimes son approche, ses idées, ses initiatives, un jour elle a nettoyé Continuer la lecture#40 jours #17 | Magali, Carmen, Nadine et les autres

#40 jours #13 | la peau de ta couleur

Vert, vert pomme, la peau de ta couleur, comment ne pas la voir ta peau bien verte, brillante, rutilante, glacée et pourquoi pas verdoyante posée là dans cette vitrine déco. En réalité ta peau c’est un capteur, capteur de mon regard au point de l’arrêter, et il n’y a pas que ta peau, ta taille énorme, combien de reflets captés Continuer la lecture#40 jours #13 | la peau de ta couleur

#40jours #08 | l’autour de la ville

Le terminus quand le chauffeur met le moteur à l’arrêt pour 10-15 minutes au bouts des ligne desservant les lycées. Et derrière, une forêt, un hôpital abandonné, un hippodrome, un ensemble pavillonnaire, un nouveau nouveau complexe commercial avec le tout premier mega cinema de l’agglomération pour accéder à des biens culturels de qualité. La ville en question n’est pas mégapole. Continuer la lecture#40jours #08 | l’autour de la ville

#40jours #14 | convocation

Je suis assise à la table de la salle à manger. J’ai une convocation à mon nom posée sur le napperon blanc et tout à côté ma pièce d’identité où est noté mon nom de femme mariée, ma date et mon lieu de naissance, le 28 décembre 19.. à Evillers (Doubs), ma taille 1,53 mètre, des précisions physiques : nez cave Continuer la lecture#40jours #14 | convocation

#40jours #14bis | disparition

Je ne suis pas tranquille, tout devient flou autour de moi. Je perds la netteté du contour des personnes qui m’entourent, je perds la subtilité de l’odeur d’un parfum de fleur, je perds le goût aiguisé du miel des montagnes récolté à l’automne. Je me perds. La lumière s’affaisse sur mon paysage écroulé, sur les ruines d’un passé éparpillé, sur les Continuer la lecture#40jours #14bis | disparition