#anthologie #03 | Un poids, une mémoire

Je me le suis pris dans la figure. C’était énorme, tellement, du genre pressoir, vous voyez, pressoir à olives. Le pressoir que le torrent dépose sur le rocher où Ali s’est réfugié, dans L’Art de perdre, d’Alice Zeniter. Un exemple. Ce n’est pas une abstraction, un pressoir. Ça pèse son poids. C’est ce qu’on vous balance un jour, quand vous Continuer la lecture#anthologie #03 | Un poids, une mémoire

#anthologie #02 | Daphné de dos*

Le couloir est incontournable. Tout vient à lui et il mène à tout. Dans le sens des aiguilles d’une montre, il dessert toutes les pièces et commodités de l’appartement : le placard de l’entrée,  la cuisine, le salon, la salle de bain et la chambre. Il relie aussi l’appartement au monde du dehors puisque la porte d’entrée s’ouvre sur le couloir. La Continuer la lecture#anthologie #02 | Daphné de dos*

#anthologie #03 | l’homme

L’homme était par terre, un corps long sale. Dès que je l’ai vu, dès que j’ai vu cet homme je me suis dit je vais le relever et je vais le prendre dans mes bras. Le prendre. L’emmener et le garder avec moi. Contre, je me disais. Le regardant cet homme je le pensais. Un homme je pensais en moi Continuer la lecture#anthologie #03 | l’homme

#anthologie #02 | 360°

L’observateur recherchant une description exhaustive de la pièce se placerait au centre et ferait un tour complet sur lui même. Ayant tracé les diagonales virtuelles du parquet rectangle, il se planterait au point d’intersection, regarderait à l’horizontale, balaierait verticalement chaque composant dont le lecteur trouvera ci-dessous la description. Arbitrairement, celle-ci commence par la porte d’entrée de la chambre considérée comme Continuer la lecture#anthologie #02 | 360°

#anthologie #02 | Lire et être dans sa bulle

Un séjour vitré en duplex sur sa face Est et Ouest. Murs blancs, sol en carrelage gris. Architecture moderne. Face à la baie vitrée donnant côté ouest, allongée sur le canapé une jeune femme lit. Absorbée par sa lecture, elle ne réagit pas à ce qui l’entoure, un chat passant sur la terrasse ou les turpitudes de la météo, moments Continuer la lecture#anthologie #02 | Lire et être dans sa bulle Continuer la lecture#anthologie #02 | Lire et être dans sa bulle

#anthologie #02 | à l’intérieur

Je n’en finis pas de revoir le corps de ma tante dans la chambre d’hôpital La scène rentre dans l’oeil et se superpose à une autre. L’attente du néant devant le corps. L’attente de rien, juste l’accompagnement à respirer sur l’oreiller. Dans le dernier regard circulaire qui goutte à goutte s’écoule dans l’intraveineuse. Lent calmant du regard qui tourne sur Continuer la lecture#anthologie #02 | à l’intérieur

#anthologie #02 | dans la cuisine d’en-bas

Dans la cuisine d’en bas, assise sur le banc, la grand-mère lirait La Liberté à la page des avis mortuaires : des lunettes glissant sur le nez, avec derrière elle les lames de la paroi de bois, un tableau, une jeune filles, des grains de blé tombés de sa main blanche, les huit poules qui picorent, l’enfant un pied par Continuer la lecture#anthologie #02 | dans la cuisine d’en-bas

#anthologie #01 | Et le ciel tombant

Plus possible de rester sur le banc, assis à fondre sous le ciel. A pleuvoir tant et tant qu’il faut rentrer sous le porche. A rester sans bouger, ne sentir que des malheurs. Ma tante vient de décéder à Carhaix, épuisée par un cancer généralisé, toute une fleur géante dans la bouche, faisait craqueler les mots. L’à peine conscience. Baignée Continuer la lecture#anthologie #01 | Et le ciel tombant

 #anthologie #02 | du four au four

Il serait accroupi à regarder derrière la porte du four si le poulet cuit, si la peau dore, si elle croustille. Au dessus du four, sur le plan de travail, une plaque induction quatre foyers, sur l’un d’eux une poêlée de légumes en train de mijoter. En remontant sur le mur, une crédence composée de quatre carreaux marron « effet métal Continuer la lecture #anthologie #02 | du four au four

#anthologie #02 | […]

le papier peint aux impressions de […] d’infimes variations ton sur ton bois de rose, l’usure aux raccords des lés comme gratté avec l’ongle, le bord, juste le bord […] traces, surtout le mur de droite […] traits de crayons chiffrés, à un mètre du sol environ, le premier partant du bas : 1m20 c’est inscrit, puis tous les cinq centimètres, les Continuer la lecture#anthologie #02 | […]