#anthologie #25 | L’odeur de mort est couleur de bleu

Par quel processus le cerveau d’un individu peut-il tenir éloigné de lui la perception d’un cadavre, et surtout son odeur ? Comment peut-il mettre tant de temps à identifier l’insoutenable univers olfactif qui gît devant lui ? Combien de temps un fils peut-il cesser de respirer devant le corps de sa mère allongée sur son lit, les pieds dans l’eau, Continuer la lecture#anthologie #25 | L’odeur de mort est couleur de bleu

#anthologie #23 I téléportation

Son appartement n’était pas bien grand mais il permettait d’accéder à tous les quartiers importants de la ville. L’entrée était étroite et sombre, un grand miroir en repoussait les limites. Une foule de portraits en noir et blanc de part et d’autre sur un mur parcouru de fissures. A gauche, une ouverture sur le vif du sujet. A droite un Continuer la lecture#anthologie #23 I téléportation

#anthologie #19 | album photo

madame Gatounes, la maîtresse de l’école maternelle, classe des écureuils, au haut chignon roux

l’affiche  de Renaud punaisée sur la tapisserie de la chambre et recouvrant tout un pan de mur avec ces mots, la chetron sauvage

la photo d’un enfant, toujours la même, à chaque journal télévisé, cheveux bruns, un peu longs, bouclés, un prénom, un regard et qui réapparait des dizaines d’années plus tard, même photo, mais la coiffure, le vêtement signent une époque révolue. Et jusqu’au prénom. Grégory
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#anthologie #22 | lure

La rue porte le nom d’un ancien négociant en vins et alcools, conseiller municipal, maire, conseiller général, président du conseil général et sénateur, natif de la commune. Cette rue commence avant le passage à niveau dont elle longe la voie ferrée d’un côté, un restaurant chinois de l’autre séparé du passage par un terre-plein où la municipalité a installé un Continuer la lecture#anthologie #22 | lure

#anthologie #24 | Une femme qui dort

Dès qu’elle ferme les yeux, l’aventure du sommeil commence. Elle sent la peau de sa peau se flétrir, gagner en épaisseur, et son corps, tout comme ses organes, ayant en quelque sorte renoncé à la légèreté, tombent dans une sorte de vide. C’est un instant inhabituel. Tout se déploie en elle, sans doute, et pourtant elle est comme extérieure à Continuer la lecture#anthologie #24 | Une femme qui dort

#anthologie #25 | Obsession lavande (notes)

Odeur d’acétone de son haleine d’enfant. Frotter en passant les branches de la lavande s’arrêter toujours. Froisser les feuilles duvet du Géranium Rosat. Odeur de la soupe au céleri de Marcelle. Odeur de thym, test en aveugle pour distinguer thym citron, thym serpolet, thym commun. Mes odeurs imaginaires sont réelles, souvent une odeur de brûlé, tout va bien pourtant selon Continuer la lecture#anthologie #25 | Obsession lavande (notes)

#anthologie #21 | E(1) W(2) N(3)

(1) E pour Epernay, ça peut valoir pour l’Est(2) W pour Washington, ça peut valoir pour l’Ouest(3) N pour Nîmes, ça ne vaut pas pour Nord. Notes sur la proposition #12 (1) Moins qu’un prolongement de la plaine crayeuse1, Épernay se présente comme allant de soi, comme étant de nulle part ailleurs que d’entre soi. Des maisons à un étage, Continuer la lecture#anthologie #21 | E(1) W(2) N(3)

#anthologie #24 | les dormeurs intempestifs

Ce qui me manquant le plus de la vie en Chine, ce sont les dormeurs et les dormeuses. En Occident, l’oisiveté est suspecte, qu’on soit vautré ou qu’on piétine nerveusement. Mais en Chine, dormir quand on n’a rien à faire est tout à fait normal. On dort partout : sur le siège d’une moto, à l’ombre d’une charrette à bras, Continuer la lecture#anthologie #24 | les dormeurs intempestifs

#anthologie #23 | Le sous-sol

Je ne me souviens pas d’une époque antérieure au sous-sol. Il a toujours été là, comme mes bras, mes jambes, ma tête qui repose sur mon torse, et sur personne d’autre. Nous étions assez enfants pour partager naturellement le même sol, même s’il y en avait deux. L’un en haut, l’autre en bas, mais nous n’avions pas besoin de celui Continuer la lecture#anthologie #23 | Le sous-sol

#anthologie #22 | Véritable route de campagne avec fictions

Derrière le portail de la petite maison de l’autre coté de la route, à peine dissimulé par une armada d’herbes folles, c’est un capharnaüm d’objets abandonnés qui bloque le passage jusqu’à la porte d’entrée. On dirait une cargaison de brocante à ciel ouvert, déchargée à la hâte, puis laissée à l’abandon. Il fixe d’abord son attention sur un matelas noirci Continuer la lecture#anthologie #22 | Véritable route de campagne avec fictions