#anthologie #18 | un carton de photos

1 – Inventaire Inventorier les photos, les lister, tenter un classement | et l’écho en moi de toutes ces photos prises, adolescente, dès le premier appareil dans les mains, sans projet, pour apprivoiser le regard et l’objet 2 – Prétexte Toutes ces photos en vrac de la vie d’un homme, le père inconnu de cette vie-là, celle d’avant la famille qu’il aura Continuer la lecture#anthologie #18 | un carton de photos

#anthologie #18 I Tout est demi

TOUT EST DEMI ( photos ratées)Elle a 65 ans et on lui a offert son premier appareil photo. C’est compliqué pour elle de fermer un œil en gardant l’autre ouvert. Chaque photo développée est une surprise : arbre, corps, visage coupé en deux. Tout est demi. Elle les range dans une boîte, tord la bouche : Zut ! j’ai encore Continuer la lecture#anthologie #18 I Tout est demi

#anthologie #12 | loin de la convulsion méditerranéenne

L’arrivée se fait par les villes de la frontière, cette frontière mobile qui se déplace au fur et à mesure de la guerre, Conil de La Frontera, Chiclana de La Frontera, Herez de La frontière, et nous arrivons à Séville par le grand pont et les rives du Guadalquivir, et même immergés dans le trafic de la fin de l’après-midi Continuer la lecture#anthologie #12 | loin de la convulsion méditerranéenne

#anthologie #18 | Vive la pratique photographique

La photo de groupeFaire tenir ensemble tout un groupe, le figer un instant pour prendre la photo, qu’on voit toutes les têtes souriantes sans qu’aucune ne soit floue. Imaginez comme c’était difficile quand les temps de pose dépassaient la minute ! les professionnels avaient trouvé la parade : des poses individuelles, parfois même avec support pour éviter le mouvement, qu’on rassemblait sous Continuer la lecture#anthologie #18 | Vive la pratique photographique

#anthologie #17 | visite à Croisset

Venez fin avril. Pour l’instant, ma guibole me cloue à Croisset. La maison aux murs blancs donne sur la Seine, où de temps à autre passe une péniche. Gustave Flaubert est assis. Il me montre sa jambe. Ça, je m’en fiche. Ce sont mes bonshommes qui me fatiguent. Sur la table, les piles de bouquins s’amoncèlent. De temps en temps, Continuer la lecture#anthologie #17 | visite à Croisset

#anthologie #18 | table des matières

Scanner de la région abdominale.  Échographie du rein gauche Oublier son reflex en voyage Avoir toujours un appareil photo sur soi « Ce n’est pas la même chose » Miroir miroir Une photo trafiquée ça n’a jamais ou toujours existé.  Photo satellite d’une dépression orageuse Photo de la planète Terre vue de l’extérieur.  Rien ne se cache Quand était-ce ? Picnic sur Continuer la lecture#anthologie #18 | table des matières

#anthologie #16 | Vous connaissez ?

Elle essayait de déchiffrer le titre du livre qu’il lisait en face d’elle dans cette rame du métro. Il sentit son regard et leva les yeux. Elle était prise en flagrant délit d’effraction. Elle sentit une chaleur l’envahir. Elle rougissait. Voilà, maintenant son sentiment se lisait à la face du monde. Il lui sourit tout en tournant la page. Elle Continuer la lecture#anthologie #16 | Vous connaissez ?

#anthologie #18 | six façons de figer le monde

ne plus penser rester bouche bée devant l’émerveillé bouche fermée face au danger cerveau éteint face au trop plein | figer le monde | la photographie prise sans le vouloir dans un geste anodin de ses orteils sur la pierre grise ou du ciel et de la trace d’un avion qui le traverse parler une langue que personne ne comprend et suspendre Continuer la lecture#anthologie #18 | six façons de figer le monde

#anthologie #15 | usée

régulièrement cette question, « Vous partez cet été ? »… forcément suivie de silence, de silences au pluriel… des silences de diverses textures, certains méconnaissables, si gonflés de paroles qu’on n’emploie pas le mot silence même quand c’est lui… et le « cet été » accessoire, remplaçable par une autre saison ou un jour en particulier pointé dans ce qui Continuer la lecture#anthologie #15 | usée

#anthologie #17 | The welcome table

Je ne sais plus comment j’ai appris que Baldwin avait passé une dizaine d’années à Istanbul où il avait trouvé après la France un refuge. Le court métrage de Sedat Pakay « from another place » est introuvable. J’ai pu visionner un extrait de 2 minutes 38 où l’on voit le corps petit, maigre et noir de Baldwin dans un grand lit. Continuer la lecture#anthologie #17 | The welcome table