#anthologie #16 | écouter son silence

Il était assis dos à la porte-fenêtre, à contre-jour et comme toujours quand ils étaient plusieurs, les familiers de la maison, ceux qui étaient leurs amis, évidemment, il se taisait, ne montrait rien, il écoutait ou semblait écouter, c’était comme s’il n’était pas là, qu’il avait posé son image à la limite du cercle. Les voix se répondaient autour de Continuer la lecture#anthologie #16 | écouter son silence

#anthologie #16 | mots de trop

On voit à peine son visage, plongé dans une semi obscurité de contre-jour. Il semble comme endormi ou concentré sur une toute autre chose que la discussion en cours, comme s’il n’écoutait rien de ce qui se dit. Et d’un coup, il lève la tête interloqué, comme abasourdi. Traversé par un éclat noir, son regard brusquement obscurci se fige sur Continuer la lecture#anthologie #16 | mots de trop

#anthologie #05 | Pour parler mon corps a d’abord tremblé

A cinq ans j’ai failli. Et cela reste. Je n’ai pas défailli et cela reste aussi. J’ai assemblé du beau monde Lego compris. Justement pas tout bien compris. J’ai fait mon public. Debout sur l’escabeau du lavage de dents j’ai exposé. Pour mon corps j’ai tourné dans un sens dans l’autre c’était presque amusant et mon public attentif. Pour parler Continuer la lecture#anthologie #05 | Pour parler mon corps a d’abord tremblé

#anthologie #16 | solitudes

Elle se tient là, assise sur le banc devant la maison de famille, comme elle s’y tenait lorsqu’elle était enfant. Mais elle n’est plus une enfant Ses cheveux courts sont aussi blancs qu’ils puissent l’être et font ressortir les montures de lunettes d’un rouge qui interpelle. Elle regarde droit devant. Comme si. Comme s’il y avait quelque chose à regarder. Continuer la lecture#anthologie #16 | solitudes

#anthologie #12 | Irkoutsk – Pékin – Cracovie –

Irkoutsk, lumière sèche, calme qui saisit. Laisser peser sur le corps les 8600 kilomètres qui séparent de la ville de départ. Presque intimidée je murmure « Sibérie orientale », j’essaie d’envisager l’Angara qui écartèle ici les maisons de bois aux volets très vifs, là les bâtiments soviétiques qui chimèrent une utopie dont les vestiges n’en finissent pas de mourir, de faire mourir Continuer la lecture#anthologie #12 | Irkoutsk – Pékin – Cracovie –

#anthologie #15 | ne noter que le principal

« Fallait-il vraiment mettre fin à cette location ? Tu as donné ton et notre accord Henri ? » elle est tout sourire pincé au dessus de sa veste de chasse … je ne lève pas la tête mais je la  vois… l’ai reçue et introduite dans le bureau, la connais… je décide de ne pas entendre… pas tenue à le faire… Continuer la lecture#anthologie #15 | ne noter que le principal

#anthologie #16 | Et vous passez une bonne soirée ?

ils se promènent à deux pour se donner du courage. C’est ce que pense le premier qui suit le deuxième de près. S’il était honnête, il dirait que le deuxième est un peu plus courageux. Il a décidé ce soir de jouer à l’instinct et il s’y tient. Il passe de la paillote à la plage, de la plage au Continuer la lecture#anthologie #16 | Et vous passez une bonne soirée ?

#anthologie #16 | S’il osait

Devant sa fenêtre, assise dans son fauteuil, les deux pieds sur son petit tabouret, la tête penchée, elle semblait contempler ses mains, des mains de toute une vie, elle les remerciait merci, merci, elle restait là prostrée ses deux mains à plat sur ses genoux, les yeux perdus dans leur immensité, elle murmurait merci, merci, elle semblait rétrécie, un concentré Continuer la lecture#anthologie #16 | S’il osait

#anthologie #16 | Les couples orphelins

Ce ne fut qu’en m’approchant que je les aperçus, assis l’un à côté de l’autre en plein milieu de la terrasse avec une vue privilégiée sur la plage et le paysage humain. Il semblait qu’ils voulaient dominer le territoire en même temps qu’ils dégustaient leur plat de fruits de mer. Ils nous virent arriver, lui avec un air de surprise, Continuer la lecture#anthologie #16 | Les couples orphelins

#anthologie #16 | La passe sans porte *

Elles sont deux. L’Une est dans un lit, pelotonnée dans de chaudes couvertures, telle une enfant presque endormie, la tête déjà lourde sur l’oreiller, le souffle lent et sifflant. Elle l’attend. L’Autre arrive, essoufflée, s’assoit, fébrilement, sur un tabouret tout près d’Elle, penche sa tête pour mettre ses yeux dans les siens, prend sa main. C’est la première fois que Continuer la lecture#anthologie #16 | La passe sans porte *