#anthologie #08 | La porte dérobée

Je l’ai déjà raconté, Franz me fatiguait avec son envie perpétuelle de faire des travaux dans notre appartement. Très régulièrement, il trouvait quelque chose qui n’allait pas, en fait quelque chose qui ne lui allait pas, ce jour-là ou cette semaine-là ou ce mois-là. La porte d’un placard qui grinçait chaque fois qu’on l’ouvrait ou encore qui ne s’ouvrait pas Continuer la lecture#anthologie #08 | La porte dérobée

#anthologie #06 | à deux

Pour faire toutes nos courses, nous n’avons qu’une rue à remonter, tous les commerçants sont là, nous les connaissons et depuis le temps tous nous connaissent. On achète toujours les mêmes produits depuis 20 ans, le boucher, la maison de la presse, Marguerite la crémière qui nous fait un peu la gueule depuis que le toubib nous a interdit le Continuer la lecture#anthologie #06 | à deux

#anthologie #07 | compte à rebours

Il est cinq heures…le chat vient de me réveiller pour un câlin matinal…coup de tête contre la mienne, pétrissage de ma poitrine et ronron de satisfaction…pendant que sa majesté féline poursuit sans vergogne son rituel, je regarde le plafond tout en caressant distraitement la tête du matou…Désormais bien réveillé, je contemple fasciné les deux rayons lumineux, renvoyés par l’astre lunaire, Continuer la lecture#anthologie #07 | compte à rebours

#anthologie #07 | blanc

Le soleil est lourd derrière ses nuages. Je préfère le frais de ma maison. Sur la table de la cuisine d’été j’ai posé mon ordinateur. Il est blanc comme le blanc des commencements. Je l’ouvre, il y a entre le clavier et moi l’espace des incertitudes, des ambivalences. Il faut bien commencer, se faire confiance, foncer vers l’imprévisible des mots Continuer la lecture#anthologie #07 | blanc

#anthologie #08 | la forêt obscure

…, et c’est ainsi que, là sous l’escalier qui conduirait aux chambres, mon pied s’est posé sur une étrangeté du sol, suscitant un son creux, caverneux, avec une sensation éprouvée sous la plante des pieds qui laissait imaginer que le sol pouvait, à tout instant se dérober. Mon pied venait de ressentir la trappe. À bien écouter, il semblait que Continuer la lecture#anthologie #08 | la forêt obscure

#anthologie #06 | de ses yeux mouillés

Une bille – son bleu nuit – traverse une cour. Ça ne dure jamais. Une porte claque, courant d’air. Ça ne dure jamais. Une vague se retire – elle emporte les cris des gamins. Ça ne dure jamais. Un feuille d’érable tombe, promesse d’automne. Ça ne dure jamais. Une double croche sur une partition, Ravel – son Boléro. Ça ne Continuer la lecture#anthologie #06 | de ses yeux mouillés

#anthologie #07 | Luminosité

Dans ma chambre, mon fauteuil est placé sous le fenêtre du toit. Confortable, je peux lire soit assise bien droite les pieds posés par terre, soit pelotonnée d’un côté avec les jambes par dessus un des accoudoirs larges et hauts. Cette position n’est confortable que pendant quelques chapitres, ensuite je dois me remettre droite. Mon dos est devenu douillet. La fenêtre ouvre Continuer la lecture#anthologie #07 | Luminosité

#anthologie #08 | montages

… une vague histoire de box internet, de débarras qui m’avait laissé indifférent mais ce jour-là, j’ai frôlé un petit bouton sur le côté de la serrure et la porte s’est entr’ouverte lentement et, je dirais, précieusement comme une invite à entrer. C’est plus haut que large et dès que mes deux pieds y ont trouvé place, je me suis Continuer la lecture#anthologie #08 | montages

#anthologie #08 | Roule ta bille

[…] Il s’avance prudemment car on n’y voit pas grand-chose. Pour quelqu’un comme lui qui a oublié ses lunettes avant de s’aventurer là, on n’y voit même rien. Il sent rapidement que le sol bouge sous ses pieds, il tombe et découvre, sous une lumière éblouissante qui jaillit de néons multicolores suspendus au plafond, qu’il est assis sur un tapis Continuer la lecture#anthologie #08 | Roule ta bille