#anthologie #06 | seuls les oiseaux

Il est seul au monde ton père disait ma mère. Question de point de vue. Il avait plutôt un monde dans la tête, son monde à lui. Il n’en parlait pas. Sans doute, quand il ne répondait pas à une question ou qu’il quittait la pièce sans rien dire, ou qu’il faisait quelque chose sans se préoccuper de personne, sans Continuer la lecture#anthologie #06 | seuls les oiseaux

#anthologie #04 Où habitez-vous ?

1 Habiter à, habiter sur… Il m’agace, tous m’agacent, tous ceux qui habitent sur Paris, Marseille, Nantes, ou Coulanges la Vineuse. Dans quelle position le corps qui habite sur ? Assis, couché, sur la pointe des pieds, en lévitation ou méditation transcendantale, là aussi je m’y perds. 2 J’ai habité quelque temps sur la butte ; la Butte Montmartre, je veux dire. Continuer la lecture#anthologie #04 Où habitez-vous ?

#anthologie #05 l’homme volant au vélovolé

A la ville de Plot, j’ai longtemps vécu, phacochant à l’école de la descente, j’ai extrait des racines carrées, j’ai dessiné des parallélogrammes patibulaires, j’ai ramassé beaucoup d’escarchauds, j’ai coupé mes pattes, j’ai rangé mes os, j’ai avoué que deux et deux ne faisaient pas toujours quatre pour rentrer dans les mailles de l’éducation primale. Les beaunainbos s’épouillaient gentiment en Continuer la lecture#anthologie #05 l’homme volant au vélovolé

#anthologie #05 | Avec son ventre de petite baleine crevée et sa déception plein les yeux

une femme porte son corps devant elle et dit je vais dans les tramway je vais partout où vous allez je vais partout accompagnée j’ai l’homme qui me colle au pied et l’autre petit engendré au bout du bras parfois j’aimerais lâcher mais ça continue et je vais où il faut aller sans penser si j’ai encore la force d’aller, Continuer la lecture#anthologie #05 | Avec son ventre de petite baleine crevée et sa déception plein les yeux

#anthologie #05  | fragments, énigme, je-tu suis 

Autant vous le dire d’emblée, même si je me suis, je ne suis pas seul et il m’arrive de m’adresser « aux autres » parties de je, un jeu de nous divisé en toi et moi, si je me perds je m’y retrouve bientôt puisqu’on ne cesse de s’adresser l’un à l’autre avec une courtoisie toute relative que je prétends nous entretenir. Continuer la lecture#anthologie #05  | fragments, énigme, je-tu suis 

#anthologie #05 | Le corps droit devant

On ne s’estime pas heureux quand le visage déclenche les mots désagréables, les sourires de biais, le sans-gêne tirailleur. L’arrière-grand-mère en souffrit depuis ce temps, où même l’école était à peine suivie, sans escale de bien-être, où le travail percute et relance un autre labeur, où même l’école est une assignation, puis vastes années plus loin, la grand-mère et puis Continuer la lecture#anthologie #05 | Le corps droit devant

#anthologie #04 | Habiter quelque part

Je n’ai jamais été sûre d’un lieu. Être sûr de là où l’on vit, cela s’apprend. Cela se familiarise, en gondole, en famille. Nous c’était toujours un brouillon de vie commune, la broussaille, les tripes à l’air. Pépé buvant depuis la guerre, arrivait ivre à la maison. Hurlait sur nous, fallait disparaître : sur les routes en chaussons, à la petite Continuer la lecture#anthologie #04 | Habiter quelque part

#anthologie #04 | Habiter, habité ?

Un soir, monter des marches, les marches d’un grenier, grenier d’une maison, un toit et ses tuiles, 110 mètres carré au sol habitable, un fil à linge au milieu, isoler, monter des rails, poser l’électricité, faire couler une dalle en béton, construire des chiens assis, poser des vélux, s’endormir sur la laine de roche un jour d’été torride, 15 mois Continuer la lecture#anthologie #04 | Habiter, habité ?

#anthologie #05 | la météo du corps

Gérard, y fait chaud ! Mais qu’est-ce qu’y fait chaud ! Apporte-moi un verre d’eau s’il te plaît, j’en peux plus. Ah ça sonne, mais qui ça peut-y bien être à c’heure ci ? Allô ? Ah c’est Véronique ! Alors, vous avez quel temps ? Parce que nous, on a chaud, mais chaud ! Mais c’est insupportable, cette chaleur ! Et c’t après-midi, y a Serge et Continuer la lecture#anthologie #05 | la météo du corps

#anthologie #05 | Celle

Je suis celle qui va de l’avant, née de la peur, figure de proue, je suis celle qui menace et avertit. Du navire, on ne me voit pas, je vois avant, tantôt à flot, tantôt engloutie, je vois le proche et le lointain, on m’a fait orgueilleuse et austère, je n’ai ni père ni mère. Seule contre l’océan, le plus Continuer la lecture#anthologie #05 | Celle