#anthologie #04 | verbe transitif

Habiter sans le complément de lieu. Un moment arrive où ce n’est plus un rêve.  L’envie au départ, c’était de faire une maison de Hobbit dans le jardin. Ce n’est pas l’architecture de la maison qui compte. C’est ce qu’elle regarde, ce qu’elle permet de voir. Multiplier les lieux comme autant de cabanes dont l’enfance a manqué. Croire longtemps que Continuer la lecture#anthologie #04 | verbe transitif

#anthologie #03 | le marque-page

Le marque-page est posé là sur mon bureau. Je le prends entre mes doigts, délicat fragile lumineux je me dis. Et puis j’ai reposé le marque-page sur le bois ocre veiné de mon bureau et j’ai creusé sa lumière. Le marque-page, tu me l’as donné de main à main, un après-midi de lumière brûlante et de moiteur et de mer Continuer la lecture#anthologie #03 | le marque-page

#anthologie #03 | Presque pas cassée

Un joli plastique mat, élégant. Pas un de ces plastiques brillants, tape à l’oeil. Ces plastiques prétentieux, dont l’usure se fera par lèpre et se ternira écaille après écaille. Ce n’est pas non plus un de ces plastiques de luxe en acétate de cellulose, hors de prix. Non c’est une paire de lunettes de soleil dont la monture est en Continuer la lecture#anthologie #03 | Presque pas cassée

#anthologie #04 | fragments de lieux de mémoire

1 J’ai habité rue chaussade; j’ai habité rue Desnouettes; j’ai habité rue Franklin Roosevelt; j’ai habité rue Louis Braille; j’ai habité au Mas du taureau; j’ai habité je ne sais plus où, j’ai mangé le nom des rues; j’ai habité rue Jacques Brives; j’ai habité à Puteau; j’ai habité Bois D’Arcy; j’ai habité à Montpellier; j’ai habité à Strasbourg; j’ai Continuer la lecture#anthologie #04 | fragments de lieux de mémoire

#anthologie #03 | la vasque aux mégots

Dès qu’on quitte les longs couloirs, une étrange lueur de sable commence à essaimer le hall. On se dirige vers les baies vitrées, les portes automatiques ouvrent le paysage, et le vent brusque nous engloutit dans sa lumière. Nous sommes dehors, les quelques âmes qui rôdent là avec nous commencent à s’asseoir à même le sol contre le mur. Un Continuer la lecture#anthologie #03 | la vasque aux mégots

#anthologie #03 | Le taille crayon à réservoir

Le taille crayon à réservoir m’attendait dans le tiroir. Le taille crayon Parisax Professional. J’ai vu ce taille crayon, je l’ai saisi dans ma main moite. J’attendais beaucoup de lui sans savoir vraiment quoi. Je l’entourais de toute ma main ce taille crayon, et puis j’ouvrais ma main et je le regardais. Un taille crayon avec deux tailles de crayon, Continuer la lecture#anthologie #03 | Le taille crayon à réservoir

#anthologie #02 | elle entendrait le chant des oiseaux

Elle serait assise sur le bord d’un tabouret de bar en chêne massif. Sa robe en lin beige laisserait apercevoir ses chevilles. Les muscles de sa jambe gauche seraient tendus et lui permettrait de toucher le carrelage du bout de ses orteils recouverts d’un vernis à ongles gris foncé. L’autre jambe serait relâchée et balancerait dans le vide, frôlant parfois Continuer la lecture#anthologie #02 | elle entendrait le chant des oiseaux

anthologie #03 | Stabilo Boss

Stabilo, Stabilo Boss, Boss Stabilo, Rose, je te vois sur la table marron, Rose tu m’attires par… ta couleur. Stabilo on pourrait … ? est ce que tu es stable ? Es-tu ? j’ai besoin de stabilité, Stabilo tu rentrerais dans ma vie ? Stabilo tu m’aiderais à souligner ? à surligner ? Ah !!! à surligner ? en rose, alors ? Ahhhh Stabilo Boss mais Boss parce que tu Continuer la lectureanthologie #03 | Stabilo Boss

#anthologie #02 | en fer forgé

La porte en chêne de la chambre avec sa poignée dorée, plutôt sombre, plus très brillante, suivie du pan de mur rose et en son milieu l’interrupteur, doré lui aussi. Le côté gauche de la grande armoire penderie toute blanche au léger renfoncement créant des ombres mates. La veste, – le tambour – le sac, – en équilibre précaire sur Continuer la lecture#anthologie #02 | en fer forgé

#anthologie #02 I Volutes

Elle s’octroierait une pause dans son ménage quotidien, le temps que les sols sèchent. Assise dans un fauteuil en skaï marron recouvert d’une taie en crochet, elle allumerait sa deuxième cigarette de la matinée. Elle en savourerait la première bouffée en la retenant longuement dans sa cage thoracique puis l’expulserait en un long jet immédiatement happé par un courant d’air Continuer la lecture#anthologie #02 I Volutes