#anthologie #27 | Profondeurs

Page 1  Un jour , une gorgone  en lunette de soleil débarque chez quelqu’un. Elle est trempée , elle a nagé, elle est fatiguée. Et là , elle s’écroule. Tout le monde s’attend à ce que la gorgone soit malfaisante. Et non, en fait,  c’est une gorgone déprogrammée de sa propre image de Gorgone. Alors pourquoi une gorgone. Le mot Continuer la lecture#anthologie #27 | Profondeurs

#anthologie #27 | Nappes de vies du coin

1- Dans le café du coin flotte encore une vieille odeur de tabac froid. Cela fait bien longtemps qu’on n’y fume plus mais demeure cette nappe indélébile, inextricablement liée à celle des petits verres du comptoir, formant avec elle une sorte de couple diabolique. Nelly a dix ans. Son père commande un jaune et une limonade pour la p’tite.  2- Elle Continuer la lecture#anthologie #27 | Nappes de vies du coin

#anthologie #25 | nez

la hiérarchie dans les odeurs, pas seulement deux groupes, avec bonnes et mauvaises, plus complexe, parce que hiérarchie prise dans un contexte social, culturel, historique, familial, un peu comme les couleurs, le bleu, la couleur la plus aimée aujourd’hui, alors qu’associée pendant des siècles aux guenilles, au barbare, au méprisable la logique trouble dans cette hiérarchie avec l’odeur détestable ou Continuer la lecture#anthologie #25 | nez

#anthologie #26 I a mí me gusta…

Un mur et des volets. Séparation entre la chambre de l’enfant et la rue. La fenêtre ouverte, les volets fermés, il entendait tout ce qui se passait dans la rue, sans être vu. Le soir, les espagnols, ceux du Centro pour réfugiés politiques situé un peu plus haut dans la rue, s’arrêtaient souvent devant la fenêtre.  L’enfant se redressait dans Continuer la lecture#anthologie #26 I a mí me gusta…

#anthologie #27 | quelques vies non écrites

  1. À supposer qu’on ait pu se projeter dans le futur, rien n’aurait pu laisser penser qu’elle allait faire carrière. Elle-même se serait contentée de peu, quelques chansons, quelques danses au cabaret pour arrondir les fins de mois. Mais la première page des magazines, les potins dans les journaux, c’était inimaginable. Aujourd’hui, c’est incroyable.
  2. Le vieil homme aussi avait eu une enfance, puis une jeunesse et tout s’était enchaîné. Les dernières images que l’on a de lui sont celles d’un corps ralenti, de certains usages, de quelques objets. Personne ne peut dire quelles furent ses dernières volontés.
  3. En naissant à Chaudeyrolles en 1891, cet homme avait comme on dit un destin tout tracé, surtout après avoir été loué aux paysans voisins à peine moins désargentés que sa mère. Il a quitté pourtant la montagne, embauché à l’usine, fait la guerre, des enfants, le jardin, fabriqué des berceaux, raconté des histoires.

#anthologie #26 | Ring

Ring ! Elle se fait petits wagons qui tamponnent une deux trois fois et cela déclenche une montagne russe de faible conviction. Elle retourne à ses wagons c’est plus bas une vallée une rivière elle se parle à elle-même un brouillon avant la rampe de lancement le retour au front elle pointe et ne tire pas là et quand elle Continuer la lecture#anthologie #26 | Ring

#anthologie #27 | un homme

Un homme qui ne tient pas compte de la fatigue, de l’expérience, qui chaque matin remet son ouvrage sur le métier, chasse son dégoût, le débusque et, au moment de l’achever, lui fait grâce. Un homme qui fuit toute idée de projet. Dont l’unique combat est de réduire tout projet à néant. Puis qui soudain examine le ressort de ce Continuer la lecture#anthologie #27 | un homme

#anthologie # 27 | avec raison

C’est depuis toujours que le monde change et depuis toujours qu’il est en guerre : toujours semblable, toujours différent – il faut que tout change pour que tout reste semblable disait le prince et oui, c’est avec raison par exemple cette entente que j’ai essayé de nouer, quel est son but et qui satisfait-elle d’abord, ceux de mon bord ou Continuer la lecture#anthologie # 27 | avec raison

#anthologie #27 | trois fois rien = plus

Par la vitre du train remontant la foule, cette femme noire tenant son enfant à bout de bras L’homme était là depuis au moins six heures, penché sur le loquet de la porte de la chambre qui ne voulait pas s’ouvrir et, voyant ma figure désolée, il avait dit : si vous envisagiez ne serait-ce qu’un instant la chose du point Continuer la lecture#anthologie #27 | trois fois rien = plus

#anthologie # 26 | La chambre silencieuse

Cet après midi d’août, je venais d’arriver dans l’appartement de l’homme malade. A tel point malade et proche du trépas qu’il ne parlait plus, mais peut-être entendait il encore. Debout dans le couloir près de la porte de sa chambre, j’entendais ses proches lui murmurer des paroles douces, je ne percevais pas les mots mais le ton des voix qui Continuer la lecture#anthologie # 26 | La chambre silencieuse