#anthologie #26 | conversation téléphonique

c’est un cri qui nous précipite à la fenêtre donnant sur le carrefour. un homme crie des insultes dans son téléphone cellulaire parle fort dans une langue que nous ne connaissons pas. à l’autre bout une voix féminine hurle dans le haut-parleur branché et on aimerait tacler ce cri adressé à une femme. l’homme tourne en rond et continue de Continuer la lecture#anthologie #26 | conversation téléphonique

#anthologie # 26 | sonorité

Et il rit. Et son rire n’avait aucun lien avec sa voix lorsqu’il parlait, lorsque ses mots comme mâchés se traînaient à l’affût de ce rire tonitruant, extravagant que nous en étions presque gêné, un tout à coup, un coup de théâtre, un élan en dehors de l’espace convivial autour d’une table humble qui relevait davantage de la Cène que Continuer la lecture#anthologie # 26 | sonorité

#anthologie #24 | Dormeur

Paupières closes. Au premier regard. En y voyant de plus près : un mince filet, un interstice sur la lumière extérieure censée éclairer toutes choses. Est-ce une dernière résistance avant de complètement allumer l’intérieur de ce vaste monde enfoui dans les plus reculés territoire de feu et de glace. Paupières closes tressautent. La vie s’est éclairée de l’autre coté, plus de Continuer la lecture#anthologie #24 | Dormeur

#anthologie #23 | à la terre

on s’est assis au sol on a fermé les yeuxon voulait savoir si on pourrait confier à la terre laisser descendre plus bas il y aurait un colimaçon parois souples et gargouillis de ventres en digestion des sucs amers dissoudraient des grumeaux mal délayés mal balayés par les maigres eaux suintant les pores des argiles couvrant les surfaces des boues fermentées échappées Continuer la lecture#anthologie #23 | à la terre

#anthologie #24 | superposé

Est-il vrai que les chauves-souris dormaient la tête en bas, et les chevaux debout ? Aucune de ces caractéristiques ne lui est inconnue. Il les a vues et revues, en hologramme ou en 2D pendant les cours de biologie et de terraformation. Il ne peut pas savoir si du flanc du cheval, quand on montait en selle, émanait de la Continuer la lecture#anthologie #24 | superposé

#anthologie #21 | agualica

Je n’ai que cinq photos de toi (1). Cinq photos mais seulement trois jours de ta vie. Cinq photos qui te montrent à l’occasion de trois jours de ta vie, de ta vieillesse, de ta grande vieillesse on dirait aujourd’hui (2).  À soixante-quinze, à quatre-vingts et sur les deux dernières, non datées, les plus récentes, si on peut dire, à quatre-vingt-six ou quatre-vingt-sept ans. Pas davantage. Tu es morte à quatre-vingt-sept ans. Sur toutes tu as les cheveux blancs, peignés avec une raie sur le côté droit de la tête et qui recouvrent tes oreilles (3). Continuer la lecture#anthologie #21 | agualica

anthologie #26 | comme aveugle.

Même si je le voulais, je ne pourrais. Je ne trouve pas ma voix, je l’entends par instants comme ombre dans mes poumons. Je l’entends dans mes oreilles, arrêtée. Ce n’est pas une voix intérieure, je ne me parle pas. Je m’apprête à vous parler, j’entends ma voix s’arrêter à un endroit. Même si le voulais, je ne pourrai vous Continuer la lectureanthologie #26 | comme aveugle.

#anthologie #08 | Ombres

Le spot s’allume une nouvelle fois. Lumière crue, aveuglante.  Il y a quelqu’un ? Pas de réponse. Personne. Je m’égare. La pluie a cessé, le bruit du vent s’est atténué. Pourtant, l’arbre bouge toujours autant. Les branches cognent, fouettent, frappent, tapent, l’ombre se rapproche au-dessus de moi, prend forme, une forme de visage, de visage de monstre, hirsute, menaçant, gueule grande Continuer la lecture#anthologie #08 | Ombres

#anthologie #07 | Ombre et transparence

Je suis à l’abri. Dans mon abri de verre. Des vitres à gauche, des vitres à droite, des vitres devant moi, des vitres au-dessus de moi. Et des vitres derrière moi pour rentrer dans mon séjour. Des portes vitrées. Transparence. Espace. Dedans dehors, dehors dedans. Assise dans un canapé rouge, je me repose. Je ne fais rien. J’observe. Il pleut. Continuer la lecture#anthologie #07 | Ombre et transparence

#anthologie #26 | craquements

Ça craque. Tu dors ? C’est le bois qui travaille, a dit papa. Bois du vieil l’escalier qui mène aux chambres, bois des vieilles charpentes, bois des portes jamais vraiment fermées, celles des granges. Ça craque de partout, je te dis. Chut. Il n’y a pas que le bois. Un bruit de pas, quelqu’un qui monte les marches sur la pointe Continuer la lecture#anthologie #26 | craquements