#Chroniques#00 – 29 juin 2026

1 Comment va le monde ? Le monde vacille, oscille, tremble, se réchauffe, varie, change, se transforme, fluctue, cyclique, ce monde est amnésique

2 Seule ce matin, dans la fraicheur du jour, la lecture des textes publiés m’invite à écrire, le désir s’impose, le doute présent, vais je tenir cette temporalité de l’été ? Tant de sollicitations, d’envie, vers des ailleurs qui m’éloignent de la contrainte, paresse, paresse quand tu nous tiens…

3 RENCONTRE

Déambulant dans les rues de Lisbonne, un été il y a bien longtemps, mon regard est attiré par une affiche immense, annonçant une exposition sur une peintre que je ne connaissais pas à l’époque. Dès le premier regard, j’ai été happée, par quoi déjà ? les couleurs, les formes carrées qui s’imbriquent les unes aux autres m’attirent comme un aimant, à la fois abstraites, à la fois lointaines et si familières

C’était l’été, il faisait chaud, aussi chaud que ces derniers jours, nous avons grimpés le long des ruelles étroites pour arriver au niveau de la fondation Calouste Gulbekian. Situé à l’intérieur du parc, le bâtiment était à la fois moderne et un peu austère, abritant une collection permanente et des expositions temporaires.

Dès l’entrée, l’affiche s’impose à nouveau, Vieira Da Silva est annoncée, inconnue pour moi à l’époque, je découvre ses tableaux, je suis percutée par l’émotion que me procure ses toiles, je ne perçois pas d’emblée ce qui me touche au-delà des couleurs et des formes… Accolé à son nom, son prénom Maria, c’est une femme, ce détail a de l’importance, une femme qui peint, elles ne sont pas nombreuses vivantes et reconnues. Je me souviens d’Artemisia Gentileschi, que j’avais découvert via sa biographie, autre époque, autre style… ce n’est pas le sujet…

Subitement, il est face à moi, un tableau de 130 sur 97cm, une huile sur toile, des formes carrés, rectangulaires, de différentes tailles, ce qui attire au premier regard, une moitié colorée, le rouge domine, le noir est présent dans l’ensemble de la toile, au fur et à mesure que le regard se déplace, la couleur toujours très présente, il avance vers le centre, les zones de couleurs laissent peu à peu la place à un dégradé de gris, de blancs, une zone sombre. Le regard se déplace encore vers une zone plus claire, presque délavée, moins précise, sans doute ce qui donne la force à ce tableau… la lumière est au centre. Une composition qui renvoie à la mosaïque, aux azuelos, ces céramiques portugaises que l’on retrouve sur le mur des maisons de la capitale. Le titre définitivement donnera la réponse à l’énigme, nommé La bibliothèque, entre l’émotion ressentie, le plaisir renvoyé par la toile, la joie me traverse, mon amour des livres a rencontré mon amour des couleurs.

4 Un petit lieu de pagaille organisé

Je pourrais démarrer à la manière de Perec « il y a beaucoup d’objets sur ma table de travail ». A ma droite sous le livre de Clarisse Lispector, le carnet d’écriture ouvert, les 4 propositions notées, celui qui m’accompagne au cours des ateliers suivis et dont sans doute les dernières pages seront pleines en septembre, encore en dessous, une pochette imprimée il y a quelques temps déjà, avec les 40 exercices pour le carnet. A ma gauche, Perec en poche ouverte sur son texte, dessous mon agenda et encore en dessous, un carnet, celui de l’été mêlant texte et aquarelle, un carnet de voyage que j’emmènerais lors de mes pérégrinations estivales. Ecrirture du quotidien, pratique de journal, j’en ai testé de nombreux du plus petit au plus grand, souvent je me dis que je devrais en faire quelque chose mais quoi ? les garder pour l’instant, les relire parfois et voir le chemin parcouru. il y a aussi des pots de stylos avec lesquels je n’écris jamais, des feutres de couleurs différentes, que j’utilise souvent, ils glissent offrant des variations de couleurs sur le papier. Une trousse rouge, des post it, un gobelet, une paire de ciseaux, deux petites palettes en céramique, un petit chiffon, certains objets insignifiants ont atteris sur cette table par hasard, ils n’ont aucune utilité à l’instant présent, traine là jusqu’à ce que je décide qu’il est temps de les bouger ailleurs. Enfin, Le portable évidemment, objet moderne, connecté, devenu indispensable, doté d’un agenda électronique dans lequel j’ai répertorié chaque semaine des moments pour écrire, tenir la contrainte.

A propos de Caroline Burgy

Lire, écrire, faire écrire, trois mots, marqueurs de ma vie, animatrice d'ateliers d'écriture, ils ont jalonné ma vie depuis quelques années, des rencontres avec quelques passeurs m’ont donné l’occasion de soutenir cette place avec les autres. Marguerite Duras écrivait "l'écriture c'est l'inconnu. Avant d'écrire on ne sait pas ce qu'on va écrire..." sans doute suis je portée par cette part d'inconnu à découvrir au fil du temps...

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