#anthologie #23 | dessous et à rebours de l’écriture

J’ouvris la trappe et fus littéralement aspirée, happée, et traversée de part en part, de mémoires souterraines, d’espaces et de temps, le corps et l’esprit poreux. Je m’imaginai dans le terrier du lapin d’Alice. Et au fur et à mesure de cette descente tour à tour lumineuse et ténébreuse, je fus traversée d’images, plus ou moins fugaces : des éclats de Continuer la lecture#anthologie #23 | dessous et à rebours de l’écriture

#anthologie #11 | retour train

à côté de soi présence en lambeaux songes et veille mêlées la nuit faite de roulement claques d’aiguillages arrêts inquiétants hors du couloir étroit au delà des vitres l’avant jour et le visage transparent en reflet sur le paysage défilant savoir les frontières passées rien de plus être dans le reconnaissance les gares minuscules les losanges jaunes bordes de blancs Continuer la lecture#anthologie #11 | retour train

#anthologie #26 | le réveil

C’est son souffle sous la couverture tirée sur sa tête qu’il entend, qu’il veut entendre, alors il inspire plus fort, il souffle fort aussi, il aimerait que ce soit lentement, contrôler son souffle mais ce sont des sanglots sourds et silencieux qui viennent et secouent ce souffle qu’il amplifie entre ses lèvres entrouvertes pour couvrir le bruit des voix qu’il Continuer la lecture#anthologie #26 | le réveil

#anthologie #22 | Äussere Baselstrasse

C’est la route longue qui déverse la ville vers sa périphérie. Celle qui me ramène. Le tram file accompagné par la route où les voitures font de la place aux vélos ; à gauche je vois apparaître d’abord les petits jardins, parcelles de liberté policée, arrangée, on met des tuteurs aux tomates et on coupe les haies à ras du vivant. Continuer la lecture#anthologie #22 | Äussere Baselstrasse

#anthologie #25 | odeurs de sainteté

Sentir le vent tourner ; effectivement, les odeurs peuvent être nauséabondes Sentir que ça va mal tourner ; on peut sentir un coup de poing, ou le ressentir plus précisément Sentir l’air du temps ; vouloir l’attraper à pleines mains et le regarder courir à toutes jambes Sentir la détresse des gens ; on ne sent rien, on la voit, Continuer la lecture#anthologie #25 | odeurs de sainteté

#anthologie #26 | anéchoïque

pas longtemps et pas dans le noir | seul dans la chambre sourde de Château-Gombert on ne l’est pas | on ne l’est plus | un autre de moi occupe tout l’espace, tout le volume de la chambre calme | bruit sourd, lourd | je suis lui, je m’entends, sans échos | les dièdres disposés sur toutes les parois absorbent Continuer la lecture#anthologie #26 | anéchoïque

#anthologie #26 | Les faire taire

S’imposer dans la panique avec une voix de femme. Ne pas monter dans les aigus, ralentir le débit, parler bref. Celui qui était là en 2017, qui transpire la peur, qui veut la communiquer pour ne pas être seul, il mesure 1,80 m, il est anglais. Il parle français avec un fort accent qui en impose comme si c’était un Continuer la lecture#anthologie #26 | Les faire taire

#anthologie #25 | Dégoût

odeur déjà très légèrement grise en cachette l’odeur des fruits fermentés pourquoi l’odeur pestilentielle du bouillon brûlant dans lequel agonisaient les pauvres bestioles ne m’aura pas dégoûtée à vie de ce plat !   pourquoi plaisir et dégoût font-ils parfois la paire ? se laisser faire par l’odeur qui monte de la terre nue et me prend, odeur à la Continuer la lecture#anthologie #25 | Dégoût

#anthologie #00 | bébé nageur

Depuis la fusion, je suis une machine. Impossible de lire le mode d’emploi dans son intégralité, mais je sais qu’il manque des pages. J’appuie sur des boutons, fait tourner des manivelles, tire sur des leviers, des nouveaux, des anciens, des polis par l’usage, des toujours inconnus. Je grince, je couine. Il manque déjà des dents à certains de mes engrenages. Continuer la lecture#anthologie #00 | bébé nageur

#anthologie #25 | Odeurs maintes fois

Odeur des pins des campings (mélangée à l’odeur des grillades des campeurs), Odeur du neuf d’une voiture (jamais eu de voiture neuve), Odeur des boites de balles de tennis à l’ouverture (toujours palpitante), Odeur du savon mouillé (je ne sais pourquoi j’ai eu cette idée), Odeur des caves à vin (odeur froide, âcre), Odeur de l’incendie (un désastre, un coup Continuer la lecture#anthologie #25 | Odeurs maintes fois