#anthologie# 24 – femmes qui dorment

Elle dort ? elle fait semblant. Sur la banquette arrière c’est son jeu préféré maintenant. Au cas où. Au cas où quoi. Ils ne racontent rien de mieux quand ils pensent qu’elle s’est éteint. Elle fait semblant et ils y croient, mais qu’elle tête peut-elle avoir à ce moment-là, pour qu’ils y croient à ce sommeil qui n’en est pas un. Continuer la lecture#anthologie# 24 – femmes qui dorment

#anthologie #25 | l’odeur de la mort

‘Je me suis habitué à la puzza’ dit le petit enfant à sa mère. Je constate que moi aussi je me suis habituée à la puzza. Une odeur doucereuse, que de façon legère, on aurait pu prendre par celle des fleurs pourris. C’est d’ailleurs ce que les employés disent souvent. Que se sont les fleurs pourris qui dégagent cette odeur. Mais Continuer la lecture#anthologie #25 | l’odeur de la mort

#anthologie #22 | Via Medina

Je prends la via Medina, j’ai choisi de passer par là, je veux revoir la via Medina. Elle est plus large que mon souvenir. Ce texte est double car tandis que je marche via Medina, que j’observe la via Medina, je veux me souvenir de ce qu’est cette rue pour moi. C’était mon adresse à Naples. Quatre ou cinq fois Continuer la lecture#anthologie #22 | Via Medina

#anthologie #12 | la gloire des nations

New York où, les jours comme ceux-là, tout était encore tranchant – on pourrait penser glorieux opulent ou seulement tranchant aigu et frénétique – contaminant le ciel d’un bleu surréel, réverbérée dans la multiplication des fenêtres sans teint. La silhouette qui y marche dans la foule ne renvoyant à rien d’autre qu’un aveuglement irisé, impossible à l’œil nu de voir Continuer la lecture#anthologie #12 | la gloire des nations

#anthologie #24 | sous la couverture

Sous la couverture, ils dorment. La grand-mère les regarde un instant puis elle tourne la tête vers l’extérieur. Elle, elle ne doit pas dormir, pas quand ils dorment, eux. La couverture se soulève légèrement à chaque respiration, d’abord la fille puis les deux garçons, à l’unisson. On voit dépasser de temps en temps des membres épars, un bras, une jambe, Continuer la lecture#anthologie #24 | sous la couverture

anthologie #25 | simple comme ça.

Tes odeurs pour dire le lien. Le temps. Beyrouth l’été. Je suis l’enfant et tu transpires quand tu me portes. La vie sent doux. Je me sens sucrée. Tu me serres contre toi après la douche. Me sécher, corps enveloppant. Et je te renifle sans bruit. Le cou surtout et la poitrine. Ton odeur, accentuée par l’effort. Ton odeur de Continuer la lectureanthologie #25 | simple comme ça.

#anthologie #25 | un souvenir olfactivement pur

L’odeur du sentier d’Avon La forêt de Fontainebleau m’inspire un sentiment assez proche me semble-t-il du sentiment amoureux mais faut voir que je manque de comparaison. Je l’associe à la vue des fougères, des blocs de grès et des pins mais aussi à l’odeur du sentier du rocher d’Avon. C’est  une odeur sèche et ronde. C’est celle de la paille Continuer la lecture#anthologie #25 | un souvenir olfactivement pur

#anthologie #20 | L’unique photo

Une seule photo de toi, je n’ai qu’une seule photo de toi qui atteste de ton existence. Drôle de photo, photo en couleurs, nous sommes chez nos grands parents, l’escalier en arrière plan en atteste, nous sommes posées sur une branche, branche d’un arbuste, un petit arbre, dont on ne distingue que les branches basses, quelques fleurs, la scène a Continuer la lecture#anthologie #20 | L’unique photo

#anthologie #25 | A la vôtre !

La forme du verre à vin, si importante pour concentrer après rotation les molécules porteuses d’arôme, cet avant, ce prédécesseur, cet antérieur du goût ; le nez plongé profond, sans peur du ridicule apte à déceler le liège attaqué par une moisissure parasite, le boisé du tonneau, le cuir ou le fer, la baie noire, le pain grillé, l’alcool puissant chargé Continuer la lecture#anthologie #25 | A la vôtre !