#anthologie #25 | Messages olfactifs

« […] des mouches éclatantes / Qui bobinent autour des puanteurs cruelles » – Arthur Rimbaud A l’odeur du chat on sait où il a dormi : sur le siège du tracteur qui emmagasine odeurs de graisse et de mécanique ; sous le râtelier des vaches où s’accumule de la bouse séchée l’odeur du foin est-elle la même qui se dépose sur ta Continuer la lecture#anthologie #25 | Messages olfactifs

#anthologie #16 | bonjour

Il est assis sur le canapé, les yeux dans le vague, inoccupé. Il ne la regarde pas quand elle entre dans la pièce, il regarde, semble-t-il, toujours dans le vide, toujours inoccupé, occupé à jouer l’inoccupé, celui qui regarde dans le vague et qui n’a pas remarqué que quelqu’un était entré dans la pièce. Si elle lui dit un mot, Continuer la lecture#anthologie #16 | bonjour

#anthologie #25 | carnet en cours

La première odeur dont je me souvienne, c’est celle de la mer. Fortement liée à sa rumeur, algue sable sel. L’odeur du jardin pris de rosée au matin.L’odeur des herbes sèches sous une pluie forte. Du foin coupé. Du jasmin. Du chèvrefeuille à l’orée de mon bureau. L’odeur du béton, de la poussière, de l’urine sur le béton, des punaises Continuer la lecture#anthologie #25 | carnet en cours

#anthologie #23 | plaques

De cette rue dont je parle plus haut en la nommant « ma rue » et en la remplissant des attributs de toutes mes rues comme on fourre ses affaires dans un sac, et ses vêtements, et les bricoles les plus intimes ou les plus nécessaires parce qu’on doit partir vite ou loin, je n’ai vécu que la surface, tant Continuer la lecture#anthologie #23 | plaques

#anthologie #18 | 8

? Le temps d’exposition Putain, cinq ans… dirait sa marionnette. Le temps que tous les éléments se déchargent ? Et se mettent en place ? Ca(p)t-ionisation Non, ça n’existe pas. Mais pas moins que le reste, finalement. Rapt-ionisation Les Sabines dansantes autour du feu de l’âtre. Mais que font les Sabins ? Dég-ustation Juste parce qu’en le coupant là, je lis sa potentielle Continuer la lecture#anthologie #18 | 8

# anthologie # 25 | répertoire

Il y a une scène dans Les fantômes où le héros s’approche à le toucher, dans une file d’attente de restaurant universitaire, du tortionnaire qu’il traque – il ne sait pas que c’est lui – il sent – c’est lui dehors il pleut et ils interrogent la veuve de Maia – puis ils montent tous dans le bureau, la poussière Continuer la lecture# anthologie # 25 | répertoire

#anthologie #25 | fugitives

l’odeur des lieux de soin — vert bleu rose des blouses en papier tout juste sorties du plastique, blanc immaculé des murs — odeur d’anesthésie, de stérile, de rien, odeur de vide snifer les vieux livres  snifer le cuir chevelu d’un enfant — et fermer les yeux l’image de l’odeur, ce serait un visage qui ferme les yeux — un Continuer la lecture#anthologie #25 | fugitives

#anthologie #23 | Chrisme

Parfois la fillette imaginait que les deux étages de sa maison s’emboîtaient parfaitement au Rez-de-chaussée, comme s’emboîtent les briques de Lego, lorsqu’il ne manque rien. Mais parfois, elle modifiait les plans ; par exemple, sous les marches des escaliers conduisant au premier étage, elle prévoyait l’ emplacement d’une porte qui aurait pu s’ouvrir sur des escaliers conduisant aux souterrains. En Continuer la lecture#anthologie #23 | Chrisme

#anthologie #20 | l’abuelita

Je n’ai que cinq photos de toi. Cinq photos mais seulement trois jours de ta vie. Cinq photos qui te montrent à l’occasion de trois jours de ta vie, de ta vieillesse, de ta grande vieillesse on dirait aujourd’hui.  À soixante-quinze, à quatre-vingts et sur les deux dernières, non datées, les plus récentes, si on peut dire, à quatre-vingt-six ou quatre-vingt-sept ans. Pas davantage. Tu es morte à quatre-vingt-sept ans. Sur toutes tu as les cheveux blancs, peignés avec une raie sur le côté droit de la tête et qui recouvrent tes oreilles. Prenons-les dans l’ordre chronologique. D’images de toi antérieures, il n’y a pas. Ni matérielles ni immatérielles. Continuer la lecture#anthologie #20 | l’abuelita

#anthologie #18 | photos supprimées

La dépouille du jeune merle trouvée dans le potager, au matin, puis le cri de l’enfant : un oiseau est mort ! Là ! Il est mort ! Ici on a l’habitude de les enterrer et de leur rendre un dernier hommage. Il y a un cimetière d’oiseaux à qui on donne des noms. Il y a deux ans, en Continuer la lecture#anthologie #18 | photos supprimées