#anthologie #26 | ceux du chagrin

un hoquet de pleurs, c’est l’Une ; le clac de l’interrupteur, le noir ; dans la chambre le plancher craque un peu, de chaque côté du lit le matelas couine ; l’Autre tapote son oreiller ;  par la fenêtre ouverte le vent, le volet entrouvert glisse sur la ferraille, dérape, l’Une se lève et le referme ; l’Autre voudrait éclairer Continuer la lecture#anthologie #26 | ceux du chagrin

#anthologie#29/ Henry, Louiso et l’écrivain

Il est 2 h00 de matin, Oran est calme , Louiso  ,10 ans , va chercher son père  pour le rentrer jusqu’à la maison. II fait nuit noire . Le clair de lune laisse quelques lueurs pour que l’enfant se repère dans les ruelles sombres. Tout le monde dort. Les lumières  de la ville sont éteintes. Le fils marche vers Continuer la lecture#anthologie#29/ Henry, Louiso et l’écrivain

#anthologie #26 | scialytique

d’abord c’est ténu, ça arrive comme d’un couloir, ça approche, ça se rapproche : des portes battantes peut-être ; frottement assourdi de semelles muselées, de polyester; glissière qu’on zippe ; il y a comme un roulement : des charriots peut-être, ça tire, ça racle : on déplace des meubles, on pose des choses : entrechoquement d’objets, métal contre métal. Il lui semble Continuer la lecture#anthologie #26 | scialytique

#anthologie #26 | un repas

Ce n’est pas une dispute mais ça en a l’air parce que les voix s’échauffent et s’accélèrent. C’est à qui aura raison autour de la table où le vin coule dans les verres, où le pain se déchire en morceaux, où le couteau racle dans le plat la part de tarte servie dans l’assiette. Une fourchette tombe sans bruit d’abord Continuer la lecture#anthologie #26 | un repas

#anthologie #24 | trois gens qui dorment

elle, abandonnée enfin dans le sommeil, un dernier sanglot en sursaut tout de même dans le corps qui se relâche, et bientôt, dans la nuit épaisse, opaque et grosse de silence, le ventre qui se soulève, et les doigts de la main, peu de temps avant crispés, phalanges blanchies serrant le froid des barreaux, maintenant desserrés ; lui, le corps traversé Continuer la lecture#anthologie #24 | trois gens qui dorment

#anthologie #26 | l’insupportable bruit d’un cœur qui bat

En arrivant à la lisière du bourg, il constate que les rues sont désertes. Pas de lumière aux fenêtres, pas d’éclairage public. Les maisons se découpent en ombres sur le bleu nuit. Il s’arrête, tend l’oreille. Rien. Pas un bruit, sauf un battement presque imperceptible, boum boum boum, le battement d’un cœur. Il avance, le gravier crissant sous ses pas, Continuer la lecture#anthologie #26 | l’insupportable bruit d’un cœur qui bat

#anthologie #26 | bruits et voix

il fait tellement chaud qu’ils ont laissé leur porte ouverte, un simple rideau anti mouches les protège de la rue. Je passe devant chez eux, j’entends Pierrette roter à plusieurs reprises, elle commente « ah ça fait du bien, oh putain ça fait du bien » à nouveau un chapelet de rots retentissants. Pierrot maugréé «oh oh oh tu la fermes », elle Continuer la lecture#anthologie #26 | bruits et voix

#anthologie #23 | dessous et à rebours de l’écriture

J’ouvris la trappe et fus littéralement aspirée, happée, et traversée de part en part, de mémoires souterraines, d’espaces et de temps, le corps et l’esprit poreux. Je m’imaginai dans le terrier du lapin d’Alice. Et au fur et à mesure de cette descente tour à tour lumineuse et ténébreuse, je fus traversée d’images, plus ou moins fugaces : des éclats de Continuer la lecture#anthologie #23 | dessous et à rebours de l’écriture

#anthologie #11 | retour train

à côté de soi présence en lambeaux songes et veille mêlées la nuit faite de roulement claques d’aiguillages arrêts inquiétants hors du couloir étroit au delà des vitres l’avant jour et le visage transparent en reflet sur le paysage défilant savoir les frontières passées rien de plus être dans le reconnaissance les gares minuscules les losanges jaunes bordes de blancs Continuer la lecture#anthologie #11 | retour train