#anthologie #25 | L’odeur de mort est couleur de bleu

Par quel processus le cerveau d’un individu peut-il tenir éloigné de lui la perception d’un cadavre, et surtout son odeur ? Comment peut-il mettre tant de temps à identifier l’insoutenable univers olfactif qui gît devant lui ? Combien de temps un fils peut-il cesser de respirer devant le corps de sa mère allongée sur son lit, les pieds dans l’eau, Continuer la lecture#anthologie #25 | L’odeur de mort est couleur de bleu

#anthologie #25 | Une odeur peut en cacher une autre

16 juillet carnet journalier été 2024/odeurs et plus encore Jour de marché 7H00/odeur des draps encore chauds/ se lever tôt si on veut des haricots/odeur de la nuit envolée dans la maison qui dort encore/trois gouttes de romarin dans le creux des mains/ selle du vélo mouillée sous la rosée/odeur de l’enfance trois roues puis deux/odeur des parents derrière, puis Continuer la lecture#anthologie #25 | Une odeur peut en cacher une autre

#anthologie #25 | celle de la tendresse

L’odeur de nos êtres chers, l’odeur si volatile, éphémère, déjà disparue. On la cherche, on renifle l’air pour la retrouver. Les narines en éveil, on guette, on pistes chaque effluve de passage, on les happe, on les dissèque. On planque derrière les buissons d’odeurs, toutes celles qu’on aime et celles qu’on déteste, les aigreurs, les puanteurs. Le fade nous surprend Continuer la lecture#anthologie #25 | celle de la tendresse

#anthologie #23 | Surrection

Parfois elle imaginait que la forêt d’autrefois vivait encore sous la maison, les sapins, les frênes, les noisetiers, les arbres abattus, débardés par mulets, par câbles, entassés sur des tracteurs, et elle voyait des bûches perdues en retenue sur la rivière, des ponts emportés par les flots des radeaux qui descendent jusqu’à Montréjeau, alors on retrouvait, flottants, les cognées et Continuer la lecture#anthologie #23 | Surrection

#anthologie #24 | nuit blanche

Cette nuit où je ne dors pas, ce séjour pourtant sans stress, sans pression, juste une rencontre amicale, juste pour le plaisir de la course, la course pour la course, cette nuit tranquille pour la plupart, je la passe à regarder les autres dormir dans ce dortoir. Cette rencontre avec un club d’athlétisme de Slovénie prévue de longue date, cette Continuer la lecture#anthologie #24 | nuit blanche

#anthologie #25 | Le parfum des odeurs

L’odeur humide de la terre après la pluie, l’odeur des fourmis écrasées, l’odeur du cassis, des feuilles de sauge et de verveine, celle du laurier pour la douceur des tisanes et infusions. Celle du foin coupé, ramassé à la fourche pour l’entasser dans la remorque du tracteur à l’odeur de gas-oil. Les odeurs mélangées de la Martinique, les sachets de Continuer la lecture#anthologie #25 | Le parfum des odeurs

#anthologie #23 I téléportation

Son appartement n’était pas bien grand mais il permettait d’accéder à tous les quartiers importants de la ville. L’entrée était étroite et sombre, un grand miroir en repoussait les limites. Une foule de portraits en noir et blanc de part et d’autre sur un mur parcouru de fissures. A gauche, une ouverture sur le vif du sujet. A droite un Continuer la lecture#anthologie #23 I téléportation

#anthologie #25 | l’odeur des mots

Pour un lecteur, la première odeur des mots est celle du papier et de l’encre d’imprimerie. Pour un auditeur, c’est l’odeur du vent. Les mots qu’on reçoit portent l’odeur de la matière qui les transporte. Lorsqu’on crée un mot, son odeur est toute différente. Elle vient de plus loin, elle apparaît avec la suite des lettres ou des syllabes pour Continuer la lecture#anthologie #25 | l’odeur des mots

#anthologie #25 | Odeurs ineffables

Parfum de l’avenir, l’avenir a-t-il une odeur ou ne pourra-t-il jamais en avoir ? L’avenir est constitué des odeurs qu’on porte déjà avec soi maintenant, qui se mêleront à d’autres, encore inconnues. Le mystère pourrait-il avoir une odeur ? Une odeur difficile à saisir, qui se laisserait deviner, qu’on découvrirait à tâtons à l’aide de quelques indices hasardeux. Et l’ineffable alors, ce Continuer la lecture#anthologie #25 | Odeurs ineffables

#anthologie #25 | Amours et pestilences

Enfant, on n’acquiert pas tout de suite la hiérarchie des odeurs ce qui sent bon ou pas est pure transmission, ça pue ! est avant tout une parole : l’ainé persuadé et persuasif expliquant au cadet fort surpris ton caca sent mauvais, le mien sent bon. La mère proclamant au saut du lit Ce qu’il pue cet homme, et le père sentira Continuer la lecture#anthologie #25 | Amours et pestilences