#anthologie #24 | je n’étais pas prête

Pourquoi ce soir je te regarde dormir ? Je me vois te regardant dormir… je m’entends me racontant des histoires, des histoires sur nous, parce que je te regarde dormir… tu ne peux pas me mentir… c’est moi qui sais ce que je vais te faire dire dans mes histoires que je me raconte tandis que je te regarde dormir… Continuer la lecture#anthologie #24 | je n’étais pas prête

#anthologie # 25 | pot-pourri

Rarement :  quand les feuilles tombent et que leur décomposition engendre l’humus, certaines fois, en forêt, peut-être aux parages des chênes, un parfum exquis. Il suspend tout le reste. Quand je te l’ai dit, tu as répondu : tu rêves tellement. Et un jour, dans les bois humides, tu t’es arrêté net : c’est vrai, je viens de le sentir odeur de sainteté : Continuer la lecture#anthologie # 25 | pot-pourri

#anthologie #23 | Underground

Parfois le vieux délire, soi-disant qu’avant les humains auraient vécu à la surface. Et vas-y que c’était mieux que maintenant. Que soi-disant l’air avait un parfum sucré et pou, lui il dit un mot comme doux mais c’est pas un mot qui existe. Au bout d’un moment évidement il commence à me courir alors je lui demande des détails précis. Continuer la lecture#anthologie #23 | Underground

#anthologie #24 | sommeil et li(t)s

Quand elle ou lui vers la fin sombraient dans le sommeil, tout se mélangeait en moi : il me les prenait, je lui en voulais, mais en même temps tous deux pouvaient, grâce à lui, prendre peut-être un peu de repos. Ils récupèrent, disaient les auxiliaires qui savent. Et moi, je pensais que l’un comme l’autre s’échappait, faisant des incursions dans Continuer la lecture#anthologie #24 | sommeil et li(t)s

#anthologie #23 | en pensant à D

A l’intérieur de la soucoupe plongeante. Comme dans un calamar accueillant. Allongée sur un matelas. Pour observer tranquillement en descendant Le passage d’une strate à l’autre ne se voit pas tout de suite. La lumière traverse encore les épaisseurs bleues mais tout est doux, fluide. C’est comme une respiration. Eau aspirée, eau rejetée. On voit passer les formes vivantes et Continuer la lecture#anthologie #23 | en pensant à D

#anthologie #25 | l’odeur de…

l’odeur de l’intérieur d’une casquette, l’odeur du printemps, l’odeur d’un printemps ensanglanté, l’odeur de celleux qui passent, l’odeur d’une capote pleine, l’odeur d’un spectacle en répétition, l’odeur du mal de ventre, l’odeur de l’hésitation, l’odeur de l’évanouissement, l’odeur de l’acrobate qui s’élance dans le vide, l’odeur du trapéziste qui la rattrape, l’odeur de l’effort de cette dame qui s’appuie sur Continuer la lecture#anthologie #25 | l’odeur de…

#anthologie #22 | à la place de l’archange

Celle de tous les rendez-vous. Logée au cœur de la ville avec sa grande statue guerrière au doux visage. Une trouée. Plate-forme donnant sur le boulevard qu’on traverse pour d’un côté emprunter la rue de la Buchette ; de l’autre la rue Saint-André-des-Arts. Ou alors longer le pignon en remontant le boulevard. Ou laisser derrière soit la plaque tournante pour aller Continuer la lecture#anthologie #22 | à la place de l’archange

#anthologie #21 | quatre avec notes

Il y en a quatre. (1) Quatre photos. J’ai bien compté. Et recompté. Quatre prélevées dans de vieux albums. Quatre regroupées dans le grand album vert. Quatre de toi entre un et huit ans (2) — deux fois quatre. Quatre comme nous quatre (3). Ceux que tu as mis au monde. Quatre comme l’âge de ton arrière-petite fille qui te Continuer la lecture#anthologie #21 | quatre avec notes

#anthologie #25 | L’odeur de mort est couleur de bleu

Par quel processus le cerveau d’un individu peut-il tenir éloigné de lui la perception d’un cadavre, et surtout son odeur ? Comment peut-il mettre tant de temps à identifier l’insoutenable univers olfactif qui gît devant lui ? Combien de temps un fils peut-il cesser de respirer devant le corps de sa mère allongée sur son lit, les pieds dans l’eau, Continuer la lecture#anthologie #25 | L’odeur de mort est couleur de bleu

#anthologie #25 | Une odeur peut en cacher une autre

16 juillet carnet journalier été 2024/odeurs et plus encore Jour de marché 7H00/odeur des draps encore chauds/ se lever tôt si on veut des haricots/odeur de la nuit envolée dans la maison qui dort encore/trois gouttes de romarin dans le creux des mains/ selle du vélo mouillée sous la rosée/odeur de l’enfance trois roues puis deux/odeur des parents derrière, puis Continuer la lecture#anthologie #25 | Une odeur peut en cacher une autre