#été2023 #08 | Parquet

Dans le salon, sont un parquet et une petite lampe d’albâtre posée sur l’étagère de la bibliothèque. Les lattes cloutées selon un agencement en quinconce, laissent apparaître en leurs interstices les lambourdes, comme une peau mince et fine révèle les veines et l’ossature du squelette. Divers objets s’y amoncellent – perles, aiguilles, clous, épingles à cheveux. Autrefois, des ficelles et Continuer la lecture#été2023 #08 | Parquet

#été2023 #07bis | l’énergie ravage des hommes

L’été n’est pas aussi lent qu’en ville, semé d’odeurs retenues contre soi, libérées d’heure en heure quand on arme ses défenses du côté des communes, dans la campagne on sent le soleil se soulever dès sept heures, c’est un fil suspendu qui t’accompagne dans le corps et chaque fois elle est si heureuse d’accueillir enfin le neveu venu de la Continuer la lecture#été2023 #07bis | l’énergie ravage des hommes

#été2023 #08 | Le couvre-lit,

Des vagues de bourrelets pelucheux, figées, sagement alignées sur toute la longueur du couvre-lit. Sur la largeur, leurs ondulations immobiles sinuent vers un infini bordé par le galon de frange de lingots qui ourle le tissu. L’espace entre chaque vague est plus étroit que les bourrelets eux-même, il délimite les canyons sans fin dans lesquels des fourmis égarées se perdraient. Continuer la lecture#été2023 #08 | Le couvre-lit,

#été2023 #08 | un peu de tissu

Tout replié sur lui-même. Posé là comme quelqu’un qui ne peut plus aller nulle part. Morceau de tissu effiloché. A côté de la malle noire, dans le coin. Un chiffon à poussière, on dirait. Noyé dans la grande accumulation. Presque sur le tas. Il faudrait quand même faire le tri, a dit le curieux qui avait entendu parler de la Continuer la lecture#été2023 #08 | un peu de tissu

#été2023 #05bis | Marcel

Elle aime sa voix autoritaire et pénétrante. Elle s’y retient lorsqu’elle chancelle. Une inflexion sans appel, n’invitant ni doutes, ni turbulences. Il est le père de ses quatre enfants et le patron du café qui porte son nom, ouvert en 1933. Sa voix est chaude même à l’heure la plus matinale. Toujours un regard amical à l’épicier, la boulangère, le Continuer la lecture#été2023 #05bis | Marcel

#été2023 #07bis | cette odeur

Cette odeur, elle restait, pas moyen de s’en défaire. Cette odeur, les trois sous la couverture ne pouvaient pas ne pas la sentir. Ils auraient voulu mais ils ne pouvaient pas. Ça imprégnait tout, c’était là tout le temps, c’était une odeur continue, presque rien comme odeur mais elle ne vous lâchait pas. La nuit, c’était pire. Il n’y avait Continuer la lecture#été2023 #07bis | cette odeur

#été2023 #08 | le livre de sable

Un homme est assis sur la plage. Le sable encore chaud rend à l’air ce que le soleil lui a donné durant la journée. Douceur en fluide qui inonde les talons de souvenirs encore chauds et qui coule entre les orteils en débordant de générosité. Qui engloutit les mains jusqu’aux poignets, qui colle à la peau pour faire carapace. Dans Continuer la lecture#été2023 #08 | le livre de sable

#été2023 #06 | tout le monde sait qu’au plus tard on paie une facture au plus on économise d’argent

Le truc avec elle. C’était la question des finances. Pas forcément l’argent en soi. Mais l’idée de le dépenser. Il y en a bien sûr qui pensent. Que l’argent est fait pour donner du plaisir. Qu’il ne sert au fond qu’à ça. Mais il y en a d’autres. Qui songent irrémédiablement. Au moment où il n’y en aura plus. C’est Continuer la lecture#été2023 #06 | tout le monde sait qu’au plus tard on paie une facture au plus on économise d’argent

#été2023 #08 | Le des corps.

Ce corps, son corps. Son corps dans le décor. Elle bouge, il est là, elle roule, il est là, elle s’arrête, il est là, elle dort, il est là. Ce corps, elle ne peut s’en défaire. La main suit le poignet qui tient le coude qui soulève l’épaule, qui fait danser les pectoraux, qui accompagne les seins, qui suivent les Continuer la lecture#été2023 #08 | Le des corps.

#été2023 #07bis | Rives (version 1 – reprise)

Dans ce lieu à la géographie instable, ni village, ni bourg, tout juste queue d’agglomération, en toute pièce de sa maison, elle fume clope sur clope. Jamais en panne de volutes, plutôt crever vite que souffrir du manque. À chaque bouffée, braise attisée, ses traits émergent de l’ombre, et se redessinent en reliefs nouveaux. Le visage rouge féroce, les cheveux Continuer la lecture#été2023 #07bis | Rives (version 1 – reprise)