#été2023 #07 | Séparateur central

voie de gauche, voie de gauche toujours, muret de protection en béton toute, azimuth le jour, comme foncer dans le jour est doux sans décoller de la voie de gauche doubler, doubler se fait sans heurt un camion-benne, un camion-citerne et passer dans leur ombre s’y glisser, un porte-conteneur et un camion-plateau et n’est-ce pas le jour qui là-dessus m’est servi Continuer la lecture#été2023 #07 | Séparateur central

#été2023 #07bis | La preuve

C’est drôle, mais la première fois qu’on s’est rencontrés, Daniel m’a posé cette même question – Vous vous souvenez de ce qui s’est passé ? -. J’osais à peine le regarder, mais je savais qu’il faisait allusion à l’événement. Je n’ai eu aucun mal à répondre. « L’odeur », j’ai dit. « L’odeur » a répété Daniel avec une inflexion dans la voix. Il voulait Continuer la lecture#été2023 #07bis | La preuve

#été2023 #07bis | l’odeur-fantôme

Elle colle son nez à l’épaule pour renifler son aisselle. S’est isolée dans les toilettes, a retiré sa veste, dégrafé sa chemise. Elle renifle l’autre aisselle, aspire sa moiteur aigre de bergamote. Elle renifle aussi le creux des coudes, l’intérieur des poignets, sur les veines la senteur estompée d’une goutte de parfum. Ce n’est pas ça, l’odeur qu’elle cherche, l’odeur un peu brûlée qui affleure Continuer la lecture#été2023 #07bis | l’odeur-fantôme

#été2023 #06 | Comptes

J’ai trois mille, j’en dois cinq pour dans deux semaines. Il faut deux mille de plus. Deux mille, plus au moins cinq cents par semaine. Alors mille plus deux mille et trois mille que j’ai. Ca fait six mille pour ces deux semaines. Je peux demander cinq cents à Claudio, peut-être même mille. Ça dépend. Je lui rendrais plus tard. Continuer la lecture#été2023 #06 | Comptes

#été2023 #07 | de corps et d’esprit

Elle est là, évanescente, insaisissable, pure, il la regarde en filigrane. Elle est assise sur le rebord d’une fenêtre ouverte sur le jardin et a l’air transparente dans cette robe rehaussée par la lumière du dehors. Elle tourne la tête de temps à autre et sourit.Il entend son rire qui rebondi dans l’écho et comme à chaque fois qu’il la Continuer la lecture#été2023 #07 | de corps et d’esprit

#été2023 #07bis | je n’ai pas assez parlé de cette odeur

« Where I come from, a town in the east, there’s a specific smell in the air, at least for me, each time I arrive nearby. The smell of work. I can feel it everywhere in the town, it’s in the air, on the walls, on the skins of whatever lives in this town. At least, for me.” C’est en le Continuer la lecture#été2023 #07bis | je n’ai pas assez parlé de cette odeur

#été2021 #07bis | Bras

De ces odeurs je n’ai pas parlé. Son odeur à lui. Son odeur à elle. Toutes les autres. Odeur brûlée incendie d’un monde fatigué qui le lacérait le laissait démuni. Où était-il ? Elle l’attendait. Elle le cherchait partout dans la maison. Son odeur à elle était sucrée. C’était l’odeur du pain d’épices. Celle du miel. Des hortensias que souvent Continuer la lecture#été2021 #07bis | Bras

#été2023 #04bis | dans la nuit de samedi à dimanche

1 fantômes pas vus pas pris bruissant palpitant grains des photos de sables mouvants des silences des non-dits échappés des filets de la mémoire (Note de carnet) 2 Dans la maison épaisse de nuit et de silence, il ne dort pas. Comme les autres nuits. Le visage pâli par le halo de l’ordinateur. 3 Elle s’est brusquement réveillée happant l’air Continuer la lecture#été2023 #04bis | dans la nuit de samedi à dimanche

#été2023 #07 | Vase

Le corps de l’inventeur (en archéologie on appelle inventeur celui qui trouve un site) patauge à l’intérieur de sa carapace, bonnet, lunettes d’écaille, col remonté par-dessus le bleu de travail, bottes en caoutchouc qui font craqueler sous les semelles les plaques de gel, jusqu’à la boue, janvier 53. De la tombe (corps fatigués suintant de sueurs, dans le bruit des Continuer la lecture#été2023 #07 | Vase