#histoire #11 | à main levée

Dans le bus.Dans le coin de ceux qui voyagent debout, une main gauche appuyée, posée, sur la rampe de métal blanc. Elle porte deux bagues, deux pétales d’or martelé, larges comme d’anciennes pièces de monnaie. Aucune gravure, aucune pierre. Juste des disques d’or, l’une à l’annulaire, l’autre à l’index. Sur le dos de la main, on discerne à peine le Continuer la lecture#histoire #11 | à main levée

#histoire#11 Mains

Tes mains tout doux, tout ronds, mains potelées de bébé, qui découvrent, pouce à sucer ou alors deux ou trois doigts, toi c’est le pouce, les autres doigts bien repliés, les lèvres bien partagées par ton pouce, le haut qui pointe, le bas qui se retire, et les adultes te surveillent, ne te laissent pas faire, tu auras de vilaines Continuer la lecture#histoire#11 Mains

#histoire #11 | Béryl (ter) 

Assise sur la plage arrière, elle regarde les doigts velus du conducteur de taxi posés sur son volant – vite s’en lasse – et à hauteur du pare-brise, les accorde à des cohortes de paysages sablonneux, traversés de ronds-points. (Se dit alors : quand on regarde des mains, il faut être prête à tout voir – et voir toutes les mains Continuer la lecture#histoire #11 | Béryl (ter) 

#histoire #11 | Ne pas…

Ivan a peur. Ivan ne veut pas voir. S’il voit le monde comme avant n’existera plus. Il se cache les yeux derrière ses mains. Ça ne fonctionne pas de la même manière que quand quelqu’un met les mains sur ses yeux. Joseph. Alexis. Ou Myrrha. Quand c’est l’autre qui met ses mains sur les yeux, il peut tirer sur les Continuer la lecture#histoire #11 | Ne pas…

#histoire #11 | De la main à la main

C’est un des premiers gestes que tu as osé lorsqu’on s’est retrouvé dans ce restaurant aux nappes blanches et fruits de mer à l’entrée comme dans une station balnéaire de la côte bretonne alors que le bruit des voitures et l’odeur du bitume. Trente ans. J’avais onze ans, tu en avais quarante. Une révolution à toi tout seul pendant que Continuer la lecture#histoire #11 | De la main à la main

#histoire #11 | Haut les mains

Le pire, c’est que personne ne tournera la page, car c’est un fichier. Quelle ironie, non ? Quand on regarde une main qui passe derrière une nuque. Elle peut très bien tenir une autre main pour la faire avancer. Pas d’histoire, juste des faits. Comme ça, on progresse. Il n’y a aucune menace dans une main qui serre. Il n’y Continuer la lecture#histoire #11 | Haut les mains

#histoire #11 | Manothèque privée

La première chose que j’observe quand je rencontre une personne, ce sont les mains. La forme du visage, la pulpe des lèvres, l’arête du nez, l’éclat du regard, ça vient toujours plus tard. Ça vient, si la main se révèle attachante, intéressante, voire curieuse. Pourtant je suis observatrice, j’ai les yeux douloureusement ouverts sur le monde, je regarde sans ciller Continuer la lecture#histoire #11 | Manothèque privée

#histoire #11 | langue des mains

Echouée au fond d’une poche pendant le discours, elle serre un mouchoir en papier. L’autre est juste immobile au bout du bras qu’elle achève. Etoiles pâles, les mains du petit homme encore debout ont depuis longtemps empoigné un impensable destin. D’abord tenues par la main d’une mère accompagnant ses enfants à l’école, elles ont commencé à former boucles, traits, signes Continuer la lecture#histoire #11 | langue des mains

#histoire #11 | un troisième œil-une troisième main

Il porte un sac à dos, ses deux mains sont libres. Libres de s’exprimer, libres de se taire, de s’effacer voire de se dédoubler du moins pour l’une d’entre elles. Ce qui frappe d’abord, c’est leur dissemblance. Une main gauche forte, musclée, avec des phalanges proéminentes– il est gaucher il est vrai– et une main droite plus fine et molle. Continuer la lecture#histoire #11 | un troisième œil-une troisième main

#histoire #11 | Tant de mains

Quand on regarde la main d’Adrien, la gauche bien sûr, ce qu’il faut observer, c’est ce qui brille. On peut remarquer aussi ce qui a creusé. Mais il ne faut pas négliger ce qui a caressé. Ce qu’il faut laisser de côté c’est la rancune d’avoir porté trop souvent trop lourd. Ce qu’il faut ressentir c’est la fierté. La fierté Continuer la lecture#histoire #11 | Tant de mains