#été2023 #09 | la maison rouge

Cheveux d’enfants emmêlés de mer de sable de soleil. Peaux rougies. Il faut rentrer. Il est tard. On rassemble seaux pelles râteaux serviettes empesées de sel pliants de plage. Démarche prudente de l’arrière-grand-mère sur la plage empêtrée de galets goémon trous dans le sable. La grand-mère lui tient la main ; la grand-tante veille à côté tout en jetant un œil Continuer la lecture#été2023 #09 | la maison rouge

#été2023 #10 | Les absences remarquées

Faut-il aller ? Faut-il laisser aller les phrases, ahaner en dehors de ces présences obsédantes ? On n’a pas le goût de les retenir plus que nécessaire. C’est une question de bonne mesure. Les personnages n’ont rien demandé, sauf deux,dont celle qui écrit. On peut toujours essayer d’anonymiser une histoire familiale, les protagonistes inscrits à l’état-civil ne disparaissent jamais. La Continuer la lecture#été2023 #10 | Les absences remarquées

#été2023 #04bis | Dans la nuit du samedi au dimanche

Dans la nuit de samedi à dimanche… c’est arrivé en pleine nuit, en tous cas, on ne l’a retrouvée qu’au petit matin, son corps étendu, son petit orteil relié à une crosse de fusil par un fil, la rosée l’avait recouvert, elle portait une robe blanche, de maison, humide par endroits, on aurait pu croire qu’elle dormait, ou qu’elle se Continuer la lecture#été2023 #04bis | Dans la nuit du samedi au dimanche

# Ateliers d’été # 10 ter

/ Bande magnétique n°066087 Ecoutes téléphoniques autorisées sur personnage Odysseos Mavrokhordatos (alias Max) Extrait du journal de Béatrice 13 janvier Rencontré Max (Odysseos) à la fac de Vincennes, cours du soir, avec V.Sacher, Melville, approche inédite. Je progresse en Anglais, faire mon métier, traductrice, sous-titreuse, ça me plairait bien. Je vais doubler des films de femmes à Créteil, faire ça Continuer la lecture# Ateliers d’été # 10 ter

#été2023 #10 bis | la conversation

—  Pendant que tu te reposais, j’ai sorti tous les carnets. Il n’y a pas assez de place sur la table alors j’ai préféré les poser sur le tapis…— Il y a une boîte. Des carnets, une boîte, des carnets.— Oui, c’est un magnétophone.— Un gramophone ?— Comme le gramophone du Sérail, mais plus moderne.— Elle t’a parlé du gramophone Continuer la lecture#été2023 #10 bis | la conversation

#été2023 #07 | Les clés de l’église

Comme d’habitude il est plus de cinq heures et nous entrons en somnolence, n’ayant pas mangé de la journée, excepté la collation pain beurre et le café toutes les heures, il faut pourtant se soumettre à l’injonction du mouvement, le sang tape dans les artères du cerveau, le corps endolori, amorphe, sort péniblement du canapé, des draps, le ventre se Continuer la lecture#été2023 #07 | Les clés de l’église

#été2023 #10 | faire son lit

Dilettre prend le transistor bordeaux, un cadeau, le bouton positionné en permanence sur France Musique. La musique peut faire croire que ce qu’on écrit est mieux et elle sait que quand il n’y a plus la musique en fait le texte ne tient pas toujours. La musique est assez indicative dans le gai ou le triste. C’est une manière de Continuer la lecture#été2023 #10 | faire son lit

#Eté2023 #10bis Ce roman est foutu!

Dans la fiction je passe mon temps parce que l’auteur m’a faite l’âme triste à me plaindre, parce qu’un homme, Paul, chorégraphe de son métier, n’est pas à moi, comme si la joie était impossible à mon caractère. On me croit niaise, j’en suis certaine, et je me résume à un personnage de romance maladroite qui mouille de ses larmes Continuer la lecture#Eté2023 #10bis Ce roman est foutu!

# été 2023 # 10 bis Moi, l’autoroute du soleil

Carol est morte avant que soit terminé le livre à 36 ans, Julio deux ans plus tard à 72 ans, mais je n’y suis pour rien. Ce n’est pas moi, ce n’est pas un accident, ils n’étaient pas des personnages de fiction sinon je les aurais sauvés. Je les garde dans mon cœur Carol et Julio. Personne ne m’a plus Continuer la lecture# été 2023 # 10 bis Moi, l’autoroute du soleil

#été 2023 #09bis | Pehuén

Je m’en souviens comme si c’était hier. Ma grand-mère avait tendu son bras et d’un doigt strident, t’avait désigné à moi. Ce sera lui, ton guide, ton ancre. Et quand ma grand-mère affirmait quelque chose, rares étaient ceux qui osaient la contredire. Ainsi en avait-elle convenu: c’était toi et c’était moi. Elle m’avait reconnu à moi aussi, plusieurs années auparavant Continuer la lecture#été 2023 #09bis | Pehuén