#anthologie #16 | insaisissable

Elle le regarde en face mais sans le voir. Assise devant une grenadine, elle porte une longue robe verte et un foulard bien serré autour de son visage jeune et plein. Il ne sait pas comment faire avec ses yeux qui fuient. Des yeux qui ne semblent pas apeurés pourtant ; des yeux seulement fuyants, comme si il lui était impossible Continuer la lecture#anthologie #16 | insaisissable

#anthologie #15 | Et vous comptez en vivre?

La première fois qu’on m’a demandé « et vous comptez en vivre ? », c’était  un vieux chinois matois, comptable et avocat qu’on m’avait recommandé pour m‘aider à établir ma société chinoise (les avocats étrangers spécialisés dans ce genre d’opérations prenait dix fois son tarif). En me posant cette question, il plissait ses yeux bouffis par le mauvais baijiu et dévoilait des dents Continuer la lecture#anthologie #15 | Et vous comptez en vivre?

#anthologie #14 | Ben voilà !

Ben voilà !  Elle l’avait bien dit qu’on allait le rater ce fichu train, cette séance de ciné, ce soufflé au fromage  mais c’est de ta faute car tu n’as rien voulu savoir, comme toujours. Ben voilà ! C’est fini, c’est plié, on s’en va. C’est la fin des vacances, de la conversation,  du gâteau au chocolat. On regrette un peu que Continuer la lecture#anthologie #14 | Ben voilà !

#anthologie #35 | en empruntant la 11

Au matin prendre la route, quitter les paysages connus, en longer (je viens d’écrire loger et c’est ça aussi) d’autres, reconnaissables ou pas, le moteur ne te trahira pas : c’est un acte rituel et les organes principaux ont été vérifiés. Le reste ressemble au destin Rue de l’Egalité, premier rond-point et cité largués. Déjà du monde sur l’avenue qui longe Continuer la lecture#anthologie #35 | en empruntant la 11

# anthologie # 34 | écho 31

On y est presque et pourtant on ne voit pas grand-chose mais si, regarde, retourne-toi prends de la hauteur je ne sais pas ce que ça signifie : se reprendre peut-être, ou le large pourquoi pas mais la hauteur quand tu prends le temps de vagabonder, c’est pourtant ce que tu fais tu t’écartes, tu quittes la ligne droite ah non, Continuer la lecture# anthologie # 34 | écho 31

#anthologie #35 | voix du corps

Forêt pentue. Une centaine de mètres en-dessous coule une rivière. L’Arbogne. Le soir. Pas encore la nuit. L’enfant est immobile devant une béance creusée dans la roche. Voix off : A-t-elle un jour quitté cet endroit ? Elle serait restée même si elle était partie. Elle serait revenue. Elle est revenue. Puis elle a disparu. Séraphine porte son corps devant elle. Son Continuer la lecture#anthologie #35 | voix du corps

#anthologie #29 | impossible arrivée

…et toujours je l’accompagnerais au marché, toujours je marcherais à ses côtés sans pouvoir l’aider, toujours je  tremblerais de la voir tomber et toujours je l’y renverrais au marché, toujours je la laisserais emprunter ces ruelles vides, ces trottoirs cabossés… Il lui faut se hâter de rentrer. Elle a tant de choses à faire. Est-il réveillé? Elle n’a pourtant pas Continuer la lecture#anthologie #29 | impossible arrivée

#anthologie #35 | Chez lui

Atterrissage à Saint-Denis. Il débarque dans l’aéroport surpeuplé. Il a les traits tirés de celui qui n’a pas fermé l’œil durant les onze heures de vol.La voiture louée l’attend sur le parking. Il démarre. Embouteillages typiques de la capitale.  Le vol 467 d’Air France en provenance de Paris l’aurait déposé à 12 h 30 sur la terre réunionnaise. Sur l’esplanade Continuer la lecture#anthologie #35 | Chez lui

#anthologie #13 | 745, plateau du piol

Vers 11h20, je me sens à la fois désœuvrée, vannée et ankylosée. Mon estomac commence à crier famine, et je me dis : « Vas-y, ça va te faire du bien », même si, au moment où je ferme la porte derrière moi, je doute déjà. La rue Eden Park monte en pente devant moi, et je me mets en Continuer la lecture#anthologie #13 | 745, plateau du piol

#anthologie #35 | atelier

Un atelier dans une cour moderne, deux arbres dont un saule, la porte ouverte, une pièce vide : verrière et ciel par-dessus, usure des murs, dessins comme grattés avec l’ongle, lambeaux de toiles VoixSur les murs des prisons on en voyait. Ils dessinaient surtout des corps avec des sexes très marqués; obscènes Parfois ils se jetaient sur les murs comme s’ils Continuer la lecture#anthologie #35 | atelier