#anthologie #27 | Trois images de la vie d’une femme

Oublié au fond de la mémoire, au fond du tiroir familial, ton vieil album photos est figé dans l’ailleurs. Il attend qu’on vienne te chercher. Qu’on déchiffre le nom des rues, les lieux effacés pour ne pas qu’on t’oublie. Il sera là jusqu’à ta disparition. Il est une image de toi qui attend, inchangée, qu’on te reconnaisse. https://www.tierslivre.net/ateliers/anthologie-12-les-laisses-pour-compte/ Il faudrait Continuer la lecture#anthologie #27 | Trois images de la vie d’une femme

#anthologie #25 | Hyperosmie

CarnetÀ l’appel de cette proposition inspirée par Ryoko Sekiguchi, je vais regarder mon carnet de l’hiver 2022. Surprise, il s’ouvre par ce mot : « L’odeur ».Je le parcours rapidement. Je repère une seule autre occurrence : « Les pieds en l’air – l’odeur de l’herbe – et ce serait l’été. » Verbeen latin, sentireen français, sentir : par le nezen italien, sentire : par les Continuer la lecture#anthologie #25 | Hyperosmie

#anthologie #16 | L’armée

Lui la guarda da dietro i suoi occhiali chiari, ha lo sguardo cristallino dei Carpazi, e le mostra i « soldatini », il generale, il sergente maggiore, il caporale, il tenente, sono tutti pronti, dice agitando le avanbraccia e le braccia in aria in movimento scomposto, come se l’esercito fosse in ritirata e i soldati segretamente spaventati avessero preso la fuga, presto, Continuer la lecture#anthologie #16 | L’armée

#anthologie #27 | trois fois rien = plus

Par la vitre du train remontant la foule, cette femme noire tenant son enfant à bout de bras L’homme était là depuis au moins six heures, penché sur le loquet de la porte de la chambre qui ne voulait pas s’ouvrir et, voyant ma figure désolée, il avait dit : si vous envisagiez ne serait-ce qu’un instant la chose du point Continuer la lecture#anthologie #27 | trois fois rien = plus

#anthologie #22 | place aux épices

Les amis lyonnais nous présentaient leur ville. On montait, on descendait au gré des collines, Croix-Rousse, Fourvière, on traversait le Rhône, et puis la Saône dans un sens, puis dans l’autre. Moi, je me laissais faire et je suivais.On entra dans une très grande épicerie où les épices se disputaient mes sens en plein bassin méditerranéen, chez Bahadourian. Installé au Continuer la lecture#anthologie #22 | place aux épices

#anthologie #21 | agualica

Je n’ai que cinq photos de toi (1). Cinq photos mais seulement trois jours de ta vie. Cinq photos qui te montrent à l’occasion de trois jours de ta vie, de ta vieillesse, de ta grande vieillesse on dirait aujourd’hui (2).  À soixante-quinze, à quatre-vingts et sur les deux dernières, non datées, les plus récentes, si on peut dire, à quatre-vingt-six ou quatre-vingt-sept ans. Pas davantage. Tu es morte à quatre-vingt-sept ans. Sur toutes tu as les cheveux blancs, peignés avec une raie sur le côté droit de la tête et qui recouvrent tes oreilles (3). Continuer la lecture#anthologie #21 | agualica

#anthologie #26 | craquements

Ça craque. Tu dors ? C’est le bois qui travaille, a dit papa. Bois du vieil l’escalier qui mène aux chambres, bois des vieilles charpentes, bois des portes jamais vraiment fermées, celles des granges. Ça craque de partout, je te dis. Chut. Il n’y a pas que le bois. Un bruit de pas, quelqu’un qui monte les marches sur la pointe Continuer la lecture#anthologie #26 | craquements

#anthologie #26 | rue d’orsel

ça lui reprend l’envie de crier dans la rue comme une ambiance d’instant historique comme ils disent il a envie d’en être de drapeau brandi ça fait longtemps qu’il n’avait pas eu ces idées il avait même cru ne jamais y revenir et quand elle lui a parlé de la manif il n’a pas compris de suite elle parle vite Continuer la lecture#anthologie #26 | rue d’orsel

#anthologie #26 | La pluie et la fureur

Il y a du bruit partout dans la maison, dehors c’est la tempête, dehors les cris de la pluie continuent d’hurler contre les tuiles. D’en bas, elle perçoit le clapotis des gouttes qui envahissent le grenier. Elle n’a pas la force de monter. Elle n’a plus la force depuis longtemps déjà. Le craquement du plancher. Juste avant le bruit des Continuer la lecture#anthologie #26 | La pluie et la fureur

#anthologie #26 | Dans la crypte

Plus on descend l’escalier de pierre plus on entend ses propres pas, dont l’intensité est proportionnelle à son propre poids, ainsi que celui de ceux qui vous suivent, respiration sifflante de la quatrième personne derrière liée au son mat de ses baskets s’écrasant sur chaque marche, sautillement d’un gosse à deux pieds sur chaque marche sa mère le retenant par Continuer la lecture#anthologie #26 | Dans la crypte