Archives de la catégorie : 2019, pousser la langue | les textes
Sur ma table
Pierre ramassée dans le lit de Loire, au lieu-dit Le Port. Continuer la lectureSur ma table
La marchande de Muguet – V°2 P#05 Poterne Jacques Roubaud
Elle scrutait l’horizon Place de la Mairie mains dans les poches clope à la lèvre trois murs en palissade du trottoir d’en face une fontaine au milieu de la place deux voitures un vélo le sien elle s’était postée à côté de l’entrée du bar en sentinelle de bon Continuer la lectureLa marchande de Muguet – V°2 P#05 Poterne Jacques Roubaud
L’Œil et la Sentinelle – V°2 P#04 Affinité pour la description
Un mardi 23 juillet, dans une rue d’un village du Sud : un jour sans mouvement. Le ciel est limpide ; l’immobilité règne et neutralise les éléments. Trente-cinq degrés à l’ombre, quarante-cinq au soleil. Le silence. L’Œil saisit dans son champ de vision la base d’une borne à incendie. Une base carrée encastrée, grise du béton coulé à la base de sa Continuer la lectureL’Œil et la Sentinelle – V°2 P#04 Affinité pour la description
Un parpaing de phrase
ENCORE vouloir que les choses durent ENCORE un peu plus longtemps, que le parfum en bouche d’une glace à la figue s’écoule comme un torrent ENCORE neuf dans notre gorge remplie et qui ne veut désemplir, ENCORE, ne jamais arrêter, donner au corps la sensation que l’intelligible a pris possession de lui sans jamais quitter sa place, sans vouloir donner Continuer la lectureUn parpaing de phrase
Une phrase, des sols
Je m’amusais à redessiner avec les doigts les contours écornés des tomettes rouges, joue à terre, traçant un chemin sinueux dans leurs joints comme des voies sablonneuses, dans lesquels la matière s’effritait et s’immisçait sous mes ongles, je la creusais, la grattais, le plaisir du toucher primait sur le trésor, du paillasson de l’entrée et de ses minces couches de terre, Continuer la lectureUne phrase, des sols
Nymiji (ma conscience contrariée, c’est ainsi que je la nomme) et moi
Tu n’es pas venue au monde. Pas encore. Je ne suis pas venue au monde, Nymiji, je te l’accorde, mais j’y suis arrivée, j’ai chu en arrivant, on tombe en naissant, j’ai su qu’il faisait nuit ou bien que le lieu était sombre ou que mes yeux étaient clos j’ai su qu’il y avait des bruits, de pas d’halètement de Continuer la lectureNymiji (ma conscience contrariée, c’est ainsi que je la nomme) et moi
L’arbre
Une tige de métal gris clair semble avoir comme émergé du goudron. La tige est carrée, et dépasse très légèrement le mur qui est situé juste derrière elle. Mur crépi crème, surmonté par quelques tuiles de couleur brique qui ondulent. Sur cette mer urbaine une plante actuellement vert tendre, grimpante, se repose quelque peu et regarde la rue. La rue Continuer la lectureL’arbre
Ariel enfenêtré #2
Sur les trottoirs aux caniveaux opaques elle marche derrière lui sans un mot quand il aperçoit leur reflet dans une vitrine se dit qu’il devrait ralentir se régler sur son pas mais non il préfère regarder la silhouette tressauter comme dans le couloir du Paris-Brest à 15 ans assis à la place 52A le nez dans le rideau tiré par Continuer la lectureAriel enfenêtré #2
Ma vie parallèle en compagnie d’un ours, d’une girafe et d’un hippopotame #3
Sortie du ventre de ma mère un jour de neige. Dommage fille et dommage rouquine. Laissé dire et on a fini par m’accueillir. Remué, vu virevolter des drôles de formes blanches qui étaient mes mains, gazouillé, jubilé de ma gorge qui vibrait et de ma bave qui roulait, rugi, fait pousser une dent, puis une autre, commencé à mordre, mal. Continuer la lectureMa vie parallèle en compagnie d’un ours, d’une girafe et d’un hippopotame #3