Le printemps à L

C’est toujours ici qu’elle les attend de là précisément que souvent ou par hasard au début sans doute étant donné qu’elle y passe les trois-quarts de son temps dans cette pièce à préparer les repas ranger les courses mettre la table arroser les fleurs sur l’appui de l’unique fenêtre donnant sur la portion de ciel nécessaire ni trop ni trop Continuer la lectureLe printemps à L

Tu aurais bien pu naître ailleurs

Tu es née avec l’an neuf. Tu es née un 1er janvier. Tu as toujours pensé que c’était extraordinaire d’être née un 1er janvier parce que ça fait souvent réagir les gens quand tu leur dis. Tu es née en Algérie mais tu aurais bien pu naître ailleurs. Tu as perdu ton père. Tu as fait comme on t’a dit. Continuer la lectureTu aurais bien pu naître ailleurs

COMMENT_ÊTRE_SUR_TERRE_(leçon_15)_PROPOS_DE_KONSTANTIN_PETERZHAK_(volume_13)_(extrait)

/ un jour / une fois / c’est à dubna / le matin / à la cafétéria du centre atomique / il y a konstantin peterzhak / il dit des choses / c’est à quelqu’un / c’est à georgy flyorov / il dit : Une fois je suis né. Puis j’ai pleuré. Puis j’ai vagi. Puis j’ai pesté. Dix-huit fois. Continuer la lectureCOMMENT_ÊTRE_SUR_TERRE_(leçon_15)_PROPOS_DE_KONSTANTIN_PETERZHAK_(volume_13)_(extrait)

#7 A été

A été conçu, expulsé, lavé, serré dans des bras. Nourri, changé. Changé, nourri. Bercé. Câliné. Choyé. Elevé. Eduqué. Puni. Déçu. Emmené ici et là. Montré. Grondé. Félicité ? Rarement été félicité. A été pris par la main, poussé en avant, retenu par le col. Projeté au sol. A été interrogé, corrigé, sévèrement, pas toujours, a été noté. A été diplômé. Continuer la lecture#7 A été

Never been

Quand je suis né j’ai crié j’ai pleuré J’ai cessé de pleurer j’ai pris le sein j’ai roté J’ai dormi j’ai chié Et j’ai tout recommencé J’ai pleuré, j’ai crié J’ai regardé intensément J’ai fermé les yeux J’ai grimacé J’ai serré les poings J’ai souri J’ai eu mal au bide J’ai serré les gencives J’ai commencé à travailler ma première Continuer la lectureNever been

Un bout de mur

La pierre ne vieillit pas, elle traverse le temps invariablement. Elle était là bien avant nous et le sera encore bien après. Comme l’immensité et l’infinitude de l’espace, ce banal constat me donne le vertige. Que savent les pierres ? Qu’ont-elles vu, découvert, appris, là, immobiles, sans rien pouvoir en dire ? Sur ce bout de mur-là, on observe des blocs de Continuer la lectureUn bout de mur

CHEMISE DE NUIT

Flasque et défraîchie, distendue, distordue, imprimé noir délavé sur du tissu lâche et pâle, une odeur fleurie imprégnée, sueur douce et acidulée, une odeur derrière l’odeur, un socle connu et arpenté qui convoque, courte trop courte qui remonte, par hasard là trouvée, cachée au fond de l’armoire et découverte, intruse de mes nuits qui s’invite, à peine un œil en Continuer la lectureCHEMISE DE NUIT