vers un écrire/film #01 | hôpital silence

Plan large sur un bureau. Trois hommes et deux femmes derrière leurs écrans qui pianotent en cadence. Un téléphone sonne, Elle décroche et se présente. Plan de plus en plus rapproché pour finir sur son visage. On entend à peine la conversation. On est juste focalisé sur son visage qui semble se décomposer petit à petit. Plan large. Elle raccroche se lève et dit dans un filet de voix « Il faut que je parte », prend son sac qui, ouvert se renverse. Un homme se lève, l’aide à ramasser et finalement Ils sortent tous les deux. Cut

 Intérieur d’une voiture. Il conduit et Elle se mordille un ongle. Ils ne parlent pas. La route défile, c’est l’après-midi, il y a peu de circulation. Dans l’habitacle une musique à volume réduit et Lui qui bat le rythme sur le volant. Cut

Extérieur devant un collège. La voiture arrive rapidement et stoppe brutalement devant l’entrée. Elle sort en courant, claque la portière et sonne à la porte de l’école. On La voit se pencher vers l’interphone sans entendre ce qu’Elle dit et juste après le déclic de la porte. Cut

Dans un couloir du collège. La caméra à l’épaule La suit qui marche rapidement, précédant une femme avec une blouse. Elles prennent un escalier sur la droite, montent rapidement, premier étage, légèrement sur la gauche. La femme à la blouse frappe et entre sans plus attendre dans le bureau suivi d’Elle. La caméra nous montre la plaque sur la porte « Direction ». La porte se referme doucement. C’est un bureau spacieux. Un homme derrière la table, se lève, va à Sa rencontre

  • Bonjour Madame
  • Où est-elle ?

D’un signe de tête

  • Merci Juliette, vous pouvez nous laisser. Asseyez-vous madame, je vous en prie.

Elle est au bord des larmes, ne s’assoit pas malgré le siège tendu, Elle sert son sac contre Elle nerveusement.

  • Où est-elle ? Je veux la voir.
  • Les pompiers viennent de partir. Mais laissez-moi vous expliquer.
  • Je veux la voir. Nous discuterons plus tard. Dites-moi où ils l’amenaient ?
  • Au CHU. Mais…

Il a à peine prononcé ces trois lettres qu’Elle est déjà à la porte et sort sans même un regard, un merci, un aurevoir.

  • Vous ne pourrez pas la voir…

Cut

Extérieur devant le collège, devant la voiture Il est adossé et fume une cigarette. Elle arrive en courant

  • Passe-moi une cigarette
  • Mais je croyais…
  • Passe m’en une et vite il faut aller au CHU
  • Ah merde… explique moi…

Elle monte dans la voiture et ne lui dit rien de plus. Il s’installe au volant après lui avoir allumé une cigarette. Plus de musique dans la voiture ils fument tous les deux, toujours silencieux. Elle sanglote par à coup. Il cherche à lui prendre la main mais elle se tourne, appuie sa tête sur la vitre et le paysage défile sans qu’elle le voie. La circulation est plus dense. C’est la sortie des écoles. A chaque rond-point dans les villages, sur cette départementale qui mène au CHU, il y a du monde. L’homme grogne après toutes ces voitures qui n’avancent pas. Dès que la voie est libre il engage la voiture faisant fis des limitations. Heureusement le CHU est à l’entrée de la ville. Il a à peine le temps d’arrêter la voiture qu’elle s’élance. Cut

A l’hôpital, service des urgences plan large, Elle est à la banque accueil, le corps appuyé sur le comptoir pour être au plus prêt de l’infirmière qui lui parle. La caméra se rapproche.

  • Allez aux urgences pédiatriques c’est à gauche en sortant et adressez-vous aux infirmières

Plan vers la porte d’entrée. Elle repart en marchant vite et manque de percuter l’homme qui La rejoint enfin. Ils sortent. La caméra les suit. Ils prennent à gauche, suivent les flèches indiquant leur destination et entrent. Cut

Intérieur, un autre service d’urgence mais là réservé aux enfants jusqu’à seize ans. Le décor est plus gai, plus chaleureux. A nouveau la banque de l’accueil. Elle dit son nom et

  • Le médecin vous attend, suivez-moi. Et ils disparaissent derrière une porte, ouverte avec un pass.

A propos de Véronique Hilly

Ça commence par une scolarité (lointaine) où écrire tenait du cauchemar. Il y a quelques années une amie propose un atelier d'écriture et pourquoi pas. J'y ai découvert d'avoir un plaisir immense à écrire. Alors je continue !

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