#livre #02 | Le monde à la fenêtre

Ma mappemonde est de livres, suites de mots, de phrases sinueuses, de parenthèses iliaques, de rimes et d’enjambements, de méandres de temps et de crêtes aux conjugaisons stellaires.

En voici une brève cartographie en mode bibliographique :
François-René de Chateaubriand : Voyage en Amérique
Blaise Cendrars : La prose du Transsibérien
Stendhal : Rome, Naples et Florence
Jules Verne : Le tour du monde en quatre-vingt jours
Arthur Rimbaud : Le bateau ivre
Homère : L’Odyssée
(…)

A l’opposé des écrivains voyageurs, toujours éprouvé une attirance pour ceux exprimant leur rapport au monde à partir d’un lieu unique : Manosque pour Giono, Paris pour Modiano et, encore plus fascinant sans doute, le comté de Yoknapatawpha pour William Faulkner.

Et, celle qui probablement a changé quelque chose dans l’imaginaire de l’enfant que je fus, la carte Vidal-Lablache accrochée au mur de la classe et qui contrastait avec le tableau noir où s’inscrivait chaque matin à la craie blanche la morale du jour. C’était la numéro 3, celle cartographiant le relief du sol de la France. La taille des caractères y établissait une hiérarchie entre les territoires. Il y avait ainsi par ordre de grandeur :
– le Bassin de Paris, le Massif Central, les Pyrénées, les Alpes
– les Vosges, le Jura, les Cévennes
– les Ardennes, le Morvan, la Vallée du Rhône
– le Cotentin, les Collines de Bretagne, les Collines de Normandie, les Coteaux du Perche, la Plaine de Champagne, l’Argonne, le Plateau de Lorraine, le Plateau de Langres, la Côte d’Or, la vallée de la Saône, la plaine de la Loire, la plaine du Berry, les collines du Poitou, la plaine des Landes, la plaine de la Garonne
et mon chez moi du Languedoc réduit à un Passage

Colorier les cartes dans mon cahier de géographie était une torture. Enfant, le monde était à ma fenêtre. L’ai-je jamais quittée ?

A propos de Serge Bonnery

Autodidacte, passionné de littérature en général et de poésie en particulier. J’ai publié trois récits (éditions de l’Amourier et éditions Le Temps qu’il Fait) ainsi que des textes dans des ouvrages collectifs et des revues. Je réalise parfois des livres d’artistes dans la compagnie de peintres et de photographes. Je pratique pour l’essentiel l’écriture de fragments. Ma participation aux ateliers de François Bon revêt un double enjeu : développer et améliorer mon écriture du fragment ; faire de l’écriture une pratique quotidienne. Mon blog : https://sergebonnery.com

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