#écopoétiques #06 | Orage

Comment oses-tu orage les faire trembler? Murs, sols, arbres, fleurs, je te l’accorde, mais elles, comment oses-tu?

Va-t-en orage, cesse ton boucan, remballe tes éclairs et autres coups de tonnerre qui effraient les vieilles femmes, les mères, les font se réfugier en tremblant sous les cages d’escalier, sous les couvertures, sous les lits, se boucher les yeux, les oreilles, psalmodier, pleurer, gémir. Trembler. Continuer la lecture#écopoétiques #06 | Orage

#écopoétique #06 | Saint-John-Pluie

Tombez, larmes du monde sur nos idées funestes quand l’air noir se propage jusqu’aux esprits guerriersTombez sur la grève plastiquée de notre plage triste minée par les souvenirs heureux d’un soleil blancTombez et lavez d’une onde de pureté douteuse par cette eau chargée des tourments chimiques qui nous affectentTombez et ne vous relevez pas, restez là, immobile, sentez la terre Continuer la lecture#écopoétique #06 | Saint-John-Pluie

#écopoétique #06(02)| mes pluies automatiques sans impératif

PHARE Les jours de pluie nous montons le phare des Baleines: l’escalier en colimaçon . Là-haut le vertige nous prend. On ne voit pas loin sur la mer à cause de la brume. Le petit phare a disparu. Mon frère râle comme à chaque fois, il voudrait manger du camembert et voir des hélicoptères. La lampe du phare est énorme, à Continuer la lecture#écopoétique #06(02)| mes pluies automatiques sans impératif

#ecopoetique #06 | souviens-toi

je roule à contre vent dans ce K-Way de marin déchiré et trop grand; mon bonnet pèse comme la fonte ; l’eau trempe ma poitrine, elle inonde ma bouche ; je vois trouble. Loin devant c’est la brume; l’air aux relents de varech et de laine mouillée fume. Les flèches cinglent, je ruisselle . Mes mains endurcies au guidon semblent Continuer la lecture#ecopoetique #06 | souviens-toi

#écopoétique #06 | Pluies

Tombez, ô Pluies, sur les petits pavés bombés comme les enduire de laque, les  faire briller des lumières de la ville, parce que la nuit d’hiver semble ne jamais devoir relâcher sa prise sur le jour comme l’étouffer sous un oreiller, quand la joie n’aura pour s’arrimer que ces éclats de néons et de lampadaires pour le corps trouver de Continuer la lecture#écopoétique #06 | Pluies

#écopoétique #06 |  Corps à corps

Glisse la pluie dessine l’imprévisible de ton message sur ma fenêtre. Infiltre-toi dans les crevasses de la terre craquelée de sécheresse, corps à corps pénètre-la, elle a besoin de toi. Coule dans le ruisseau assoiffé réveille le, ne le laisse plus se tarir. Chante tes gouttes sur le toit, ronronne ton clapotis, l’enfant s’est endormi. Sois sage, ne fais pas Continuer la lecture#écopoétique #06 |  Corps à corps

#écopoétique #06 | Un instant de pluie

Pluie première quand tu crépites sur un toit de tôle, soudain l’on t’écoute, enroulé dans un sac de couchage à quelques centimètres de ce toit, au dernier étage de trois lits de planches superposés,  soudain entièrement disponible au son, aux gouttes solitaires et annonciatrices, grosses et molles, à l’arrivée progressive de grains plus légers plus fins et toujours plus nombreux, Continuer la lecture#écopoétique #06 | Un instant de pluie

#écopoétique #06  | Saint-John Perse  | dis-moi la pluie

Dis-moi la pluie que l’angoisse tenace et sans repos se fait vérité à atteindre pour ceux qui osent le combat avec le néant. Dis-moi la pluie ton vol sans répit, ta résistance contre le vide Dis-moi la pluie pourquoi la rosée fugace porte déjà l’aube de ton signe divin attendant l’ordre qui annoncera ton retour. Vole de tes propres ailes Continuer la lecture#écopoétique #06  | Saint-John Perse  | dis-moi la pluie

#écopoétique #05 | les restes

Ça fait tant d’années que je n’étais pas revenu. Au moins trente ans, j’ai du mal à compter. Mon grand-père était vivant, Raymonde aussi. Quant à Marguerite, son nom est toujours inscrit sur la boite à lettres en bas du petit immeuble semi-bourgeois de la traverse de la solitude. À Marseille, le style semi-bourgeois se caractérise par des plafonds hauts Continuer la lecture#écopoétique #05 | les restes

#écopoétique #06 | Comme dans une photo d’Abbas Kiarostami

Des éclairs illuminent le ciel bleu-nuit noir quand je sors du cinéma l’Atalante de Bayonne. L’Adour reflète le scintillement des éclairs et donne un côté magique à la ville. Monter avec empressement dans la voiture, quelques minutes avant la chute d’une pluie torrentielle. Concentration extrême sur la route du retour. A certains endroits des amas d’eau traversent la route. Essayer Continuer la lecture#écopoétique #06 | Comme dans une photo d’Abbas Kiarostami