#rectoverso #01 | Rois, nobles et autres chimères

recto #01 | On s’y croirait Le Moderne ne paie pas de mine. En façade ses lettres, néons rouges clignotants au hasard. Ses tables brinquebalantes sur le trottoir. Alignées au cordeau. Quelques chaises passeront de main en main quand il y aura foule. C’est jeudi. Il faudra sortir celles rangées à l’intérieur. Elles détonneront dans leur ajustement de formica vert Continuer la lecture#rectoverso #01 | Rois, nobles et autres chimères→

#rectoverso #01 | le dedans du dehors

RECTO Un couple achète une glace sous les arcades de la ville de C. J’attend ma copine qui regarde des chaussures dans une petite boutique. De très vieilles fenêtres donnent sur la rue, pas un bruit ne s’en échappe. On marche sur des plaques d’égout où est inscrit « Ici commence le lac ». Pourtant, j’imagine difficilement y tremper mes Continuer la lecture#rectoverso #01 | le dedans du dehors→

#rectoverso #01 | En train de

Le sol du grand hall de la gare est carrelé de blanc, de grands carreaux avec des joints qui font battre en cadence les roulettes des valises trainées par celles et ceux qui les emmènent ailleurs. Au milieu de la façade, les portes coulissantes s’ouvrent automatiquement lorsque quelqu’un s’approche. Mais sur le côté, moins visibles, des portes à charnières restent Continuer la lecture#rectoverso #01 | En train de→

#retoverso #01 | notes caniculaires en une seule rue

RECTO dans la rue longue qui descend un courant d’air brûlant fait voler les cheveux aux terrasses; blancheur étourdissante des façades ; un pigeon, les pattes rongées à l’acide des gouttières claudique vers le caniveau à sec ; au tabac de l’angle personne ne fume, une femme quémande une cigarette comme prêcher dans le désert ; stridence de freins, l’auto, Continuer la lecture#retoverso #01 | notes caniculaires en une seule rue→

#rectoverso #01 | avec un petit signe d’au-revoir

RECTO Au milieu de la galerie marchande de carrefour, froide sans tellement de monde ni beaucoup de magasins ouverts non plus, reste le Pil’vite, enseigne lumineuse verte murs peints en jaune très pale. C’est le plus petit des magasins de l’allée, bien rangé, net, fonctionnel, les modèles de clé au mur bien présentés, au dessus, des pendules rondes carrées déstructurées Continuer la lecture#rectoverso #01 | avec un petit signe d’au-revoir→

#rectoverso #01 | Pas normal

RECTO Lundi. On a donné à l’Ehpad un nom de ministre barbu. Après le parking et le laurier, la rampe et l’escalier, impérativement se laver les mains, dit l’affichette. 0852 : la seconde porte s’ouvre. Murmures de vaisselle et de chaussons en plastique, odeurs de javel et de couches; des employées blanches et roses s’affairent dans la salle à manger Continuer la lecture#rectoverso #01 | Pas normal→

#rectoverso #01 | Madeleine

RECTO Le café des sports est un café sans sport. Il y a cependant un billard. C’est un café moderne en bois, en pierres apparentes, marron et gris. Une pancarte annonce quinze bières différentes, un hot dog maison, une burrata à la tomate. Il ne faut pas déborder sur la rue quand on s’installe en terrasse. Le serveur nous le Continuer la lecture#rectoverso #01 | Madeleine→

#rectoverso #01 | où l’on parle de pâte de coings, de Mozart, de fenêtres et d’un rêve bizarre

RECTO Des jours d’été comme celui-ci, la chaleur anesthésie la ville. Elle est emprisonnée dans l’univers minéral que l’homme a édifié à l’endroit même où les arbres l’avaient accueilli quand il cherchait à fuir le temps figé de la pierre. Et elle l’emprisonne à son tour dans les grottes empilées qu’il s’est construites pour le condamner à vivre sa réalité Continuer la lecture#rectoverso #01 | où l’on parle de pâte de coings, de Mozart, de fenêtres et d’un rêve bizarre→

#rectoverso #01 | dehors avec Annie Ernaux

RECTO Le tram laisse sortir les voyageurs devant une galerie commerciale en drôle de dôme. Un couloir couvert, à peine, commencé par une maison de la presse à gauche. En avançant, à droite, une inscription « Croc épic » et au bout de cet à-peine-couloir – « Wazabi » – au dessus d’une porte ouverte d’où parvient une odeur de cuisine. Derrière, en face, Continuer la lecture#rectoverso #01 | dehors avec Annie Ernaux→

#rectoverso #01 | traverser le canal

RECTO Le garçon secoue doucement l’air avec un éventail uniformément gris, rien d’espagnol, ni fleurs ni toro, plutôt japonais. Qu’est ce que j’y connais au Japon et ses éventails ? Comment le replie-t-il ? Les ongles de la fille à côté de lui sont longs et fins, artificiels et verts, elle est belle, élégante. Ses grands cils doivent mettre en Continuer la lecture#rectoverso #01 | traverser le canal→