#anthologie #38 | Un jour par an

J’ai décidé de raconter, de façon détaillée, chaque 23 octobre de ma vie. Pourquoi le 23 octobre ? La date n’est pas aléatoire, la personne destinatrice de ce cahier le saura. J’ai commencé l’année dernière et je continuerai aussi longtemps que je serai séparé de cette personne. Il m’importe qu’elle sache comment se déroulent mes jours tant que vivra mon espérance Continuer la lecture#anthologie #38 | Un jour par an

#anthologie #32 | un rouge

Dix-huit ans qu’elle a quitté son appartement dans la vieille ville, les ruelles pavées, la proximité de la cathédrale gothique, le petit plan et l’ombre des platanes, les arènes romaines, les porches obscurs, pour ce quartier plus récent, ce quartier familier pourtant, à deux rues de celle de son enfance. Ville où elle est née, ville où elle mourra probablement. Une sous-préfecture. Quatre-vingt mille habitants maintenant. Une ville rouge, comme le midi, comme son mari, comme le neveu, comme tous ici. Un rouge, elle dit à propos du mari. Pas communiste, pas de gauche, non, un rouge. Continuer la lecture#anthologie #32 | un rouge

#anthologie #38 | semaine de rentrée

L’été a tenu ses promesses. On a soufflé après les dernières contraintes, résultats, répartitions des classes, à prévoir pour le mois de septembre. On a eu le temps de digérer l’intrusion des jeunes éméchés pendant le spectacle de juin, dédié aux peintres — et à ton peintre en particulier. C’est reparti. On entame une nouvelle année scolaire, il faut penser Continuer la lecture#anthologie #38 | semaine de rentrée

#anthologie #38 | 26 juillet 2024

Réveil à l’hôtel, draps blancs, serviettes blanches, style art déco, le miroir renvoie notre image, quel jour sommes-nous ? 26 juillet 2024. Il fait beau et déjà chaud en ce matin d’été. Les premiers tables au petit déjeuner se remplissent, cafés au lait, plateaux, croissants, beignets, céréales, le buffet est impressionnant et chacun se met à sa place. Les langues Continuer la lecture#anthologie #38 | 26 juillet 2024

#anthologie #38 | Vacances zone B

Des chemises d’homme pendent sur un balcon aux volets bleus bord de mer ouverts, d’habitude toujours fermés le matin. Les gens dans la rue sont déformés, le vendeur de meubles avec sa tête en avant, le menuisier pourtant jeune courbé en deux avec une bosse, une vieille dame aux pieds se terminant en triangle boite de la hanche droite en Continuer la lecture#anthologie #38 | Vacances zone B

#anthologie #15 | Tu vas au cinéma ?

« Tu vas au cinéma ? »… La moquette, le confort crasseux des sièges… « Tu vas au cinéma ? »… « Une, deux fois par semaine »… Rien que pour l’imaginaire des logos de boîtes de production… Depuis les écrans individuels, une autre saveur, une autre valeur dans la question ; celle de l’emploi du temps, du rapport à Continuer la lecture#anthologie #15 | Tu vas au cinéma ?

#anthologie #38 | Paris-Chaumont un jour

A Paris, un sac de voyage à l’épaule Le sac a tendance à glisser. Quelques heures à tuer en attendant Alan, l’ami avec qui déjeuner du côté de St Lazare. L’ami. De la fac de Vincennes. Il l’aperçoit arrivant à la gare St Lazare monument aux morts lieu de rendez-vous. Cette amitié qui transcendait tout, que les compagnes des uns Continuer la lecture#anthologie #38 | Paris-Chaumont un jour

#anthologie #38 | le jour de l’invention du temps

Je vis le soleil se lever derrière la crête de la montagne qui se trouve de l’autre côté de la vallée. C’était un lever de soleil tardif comme c’est toujours le cas en montagne. Comme si les couvertures étaient plus épaisses, le soleil a plus de chemin à parcourir avant que ses rayons effleurent la cime des mélèzes, les clairières, Continuer la lecture#anthologie #38 | le jour de l’invention du temps

#anthologie #38 | Avant, après

Nous sommes en banlieue de Chaville. On se plaint : c’est loin, on part trop tôt, on devrait être défrayés, c’est trois heures de transport par jour, pourquoi on tourne si loin? Tout ça pour filmer une maison de banlieue, et puis une rue, et puis une autre. La journée est chargée. On n’a le temps de rien. Il faut rentrer Continuer la lecture#anthologie #38 | Avant, après

# anthologie # 37 | trois espèces de portes

Je vis ce que j’avais décidé de ne pas voir. J’étais partie à pied, dans l’espoir de me perdre un peu, pour mieux me retrouver et je pensais être arrivée à mes fins. La ville étrangère faisait de moi ce qu’elle voulait et c’est ce que je cherchais. J’avais échappé aux trajets fléchés, sans faire malgré tout l’économie de la Continuer la lecture# anthologie # 37 | trois espèces de portes