#LVME #02 | Le château, le parc, les limites.

(Un espace vide. Une lumière froide éclaire des ombres indéfinies. Par instants, une ombre massive s’impose, évoquant la silhouette d’un château. Les voix se succèdent, parfois se chevauchent. Elles apparaissent comme des entités autonomes. Pas de corps visibles, sauf pour l’ENFANT et le RECTEUR G., qui entrent et sortent de l’espace à leur rythme.) LE CHÂTEAU (Voix grave, lente, résonnante.)Je Continuer la lecture#LVME #02 | Le château, le parc, les limites.

#LVME #03 | cantine des démunis

Refrain absurde Saupoudre et remue ! Tourne la louche et fais danser la soupe !Les fourchettes trottent, les assiettes chantent,Et le chaudron, là-bas, murmure : « Encore ! Encore ! » Gamelles, marmites, faitouts, chaudrons Gamelles, marmites, faitouts, chaudrons.Cocottes noires, casseroles cabossées, poêles ventrues.Saladiers ébréchés, plats creux, plats ronds, plats longs.Bassines en acier, cuves en plastique, bidons griffés de signes,Et les chaudrons encore, ventre ouvert sur les Continuer la lecture#LVME #03 | cantine des démunis

#LVME #02 | Le cantonnier au regard

Un homme est debout, tout au fond de l’impasse, à taper trois fois dans ses mains avant de reprendre le balai à longues fibres dures et de frotter le sol au-devant du regard du fond de l’impasse, pour que les eaux qui viennent de toutes les maisons et de tous les jardins avec tout ce qu’elles entraînent s’engouffrent, sans faire Continuer la lecture#LVME #02 | Le cantonnier au regard

#LVME #02 | Pseudonymes

Il y aurait à fabuler – comme une espèce de conte auquel on ne croirait pas tout à fait : par exemple, cette visite dans le courant des années soixante-dix aux chefs de l’Otan – étazuniens : qu’en est-il aujourd’hui ? une certaine résurgence semble se faire jour, les États dits Baltes, l’affiliation de la Finlande – à la manœuvre Kissinger, aux Continuer la lecture#LVME #02 | Pseudonymes

#LVME #03 | Résidu volatil des dernières quiches

Il reste dans l’air quelque chose du dernier cours — un soupçon de lard et de crème cuite. Difficile de comprendre à quoi s’accrochent ces odeurs dans l’immense salle carrelée de blanc avec ses 12 gazinières, ses plans de travail en aluminium brossé, ses lavabos en émail, ses frigidaires qui, malgré tout, continuent à vrombir. Si l’on ouvrait leurs portes Continuer la lecture#LVME #03 | Résidu volatil des dernières quiches

#LVME #02 | ABRAPA

Jamais de place. Jamais de place dans cette rue. Elle s’en souvient. Quand elle habitait encore le quartier, c’était déjà comme ça. Et depuis qu’ils ont fait les travaux de prolongation du tram sur la ligne F c’est encore pire. Alors elle va faire comme tout le monde. Se garer à cheval sur le trottoir, stationner au milieu de la Continuer la lecture#LVME #02 | ABRAPA

#LVME #02 | angle de vue

Il a garé sa fourgonnette sur le parking visiteurs et s’est présenté au poste de garde. Des chaussures de sécurité noires alourdissent son pas. Sa venue était attendue et répertoriée dans le registre des entrées. C’est la troisième fois ce mois-ci qu’il vient régler les caméras de sécurité. Il pianote sur sa tablette tactile, vérifie les paramètres de programmation, ajuste Continuer la lecture#LVME #02 | angle de vue

#LVME #03 | cuisine de la honte

Brigitte Le François avait honte de sa cuisine qui ne comportait ni ilot central, ni bar (avec ses tabourets), pas plus de verrière ouvrant sur le salon. Les couleurs n’étaient plus au goût du jour, le plan de travail en bois clair n’avait rien de noble, l’équipement même laissait à désirer avec ses deux réfrigérateurs de récupération (le plus vieux, Continuer la lecture#LVME #03 | cuisine de la honte

#LVME #02 | l’homme de passage

Un homme en blue-jeans et portant un blouson de cuir rappelant ceux des aviateurs anglais de la deuxième guerre mondiale, se tient debout sur le toit du bâtiment principal. Le soleil de ce début d’hiver vient lui réchauffer agréablement le visage qui est celui de quelqu’un qui ayant déjà vécu quelques bonnes décades. Il marche lentement sur cette aile qui surplombe Continuer la lecture#LVME #02 | l’homme de passage