#anthologie #31 | loin

Demain il n’y a plus de lumière, plus de demain. Les oiseaux sont troués, d’un grand trou au milieu du ventre, au beau mitant du lit la rivière est profonde. Battent, battent les feuilles et les cloches d’abutilon. Le froid n’a plus idée du froid, le noir outrepasse sa couleur, m’en voudrez-vous beaucoup. L’armature du pont le plus haut dessine Continuer la lecture#anthologie #31 | loin

#anthologie #36 | Le puits

La douleur tient ton corps entier serré. Tu viens d’être père. Tu as quitté la Charente Maritime et la tranquillité d’une petite ville de province. Les nuits de tarot au café Le Français, quand c’était le plus endurant, celui qui conservait sa vigilance jusqu’au petit matin, qui remportait la mise. Les copains du rugby, les fêtes, les troisièmes mi-temps avec Continuer la lecture#anthologie #36 | Le puits

#anthologie #31 | pas mourir avant sa mère

On ne devrait pas mourir avant sa mère, surtout si la mère est veuve d’un fermier mort étouffé sous une stère de bois. On ne devrait pas mourir avant sa mère. Surtout si on est fils unique. C’est pourtant ce que j’ai fait. Je ne savais pas que l’alcool tuait aussi vite, des tas de vieux buvaient plus que moi, Continuer la lecture#anthologie #31 | pas mourir avant sa mère

#anthologie #36 | l’escalier et le café noir

Les dernières images que l’on a de lui sont celles d’un corps ralenti ai-je écrit. Jusqu’au bout, il a monté les escaliers. Il est tombé souvent, jamais dans les escaliers. D’abord, il s’agrippait à la rampe à main droite, puis levait le pied droit pour le poser sur la première marche. Ce premier mouvement déjà contenait une lenteur qui m’aurait Continuer la lecture#anthologie #36 | l’escalier et le café noir

#anthologie #10 | la malle et tout ce qu’elle contient

La boîte était dans le grenier. Quand il est parti, elle était dans le grenier. C’était une petite caisse, une caisse en bois, une petite malle en bois. Elle était là, dans la maison, elle était vieille, déjà. Dedans, mon père avait mis toutes ses affaires avant de partir en France. Des papiers. Le papier où les employeurs mettaient des Continuer la lecture#anthologie #10 | la malle et tout ce qu’elle contient

#anthologie #36 | relever la tête #16# suite

Elle va à sa rencontre. Aujourd’hui, c ‘est l’échec. Le premier. Elle ne sait pas bien comment le prendre. Quoi lui dire ? C’est l’enjeu de toute sa vie. Elle le sait . Comment une minute peut tout changer dans la vie de son homme. Il est grand, il est beau , c ‘est son fils. Il a seulement 19 ans . Continuer la lecture#anthologie #36 | relever la tête #16# suite

#anthologie #36 | Accordéon sans rancune

La langue ourlée aux derniers mots sacrifiés, j’ai la pensée de me redresser. Je me sens quatre cadenas au sol. Quatre pattes c’est réservé à d’autres jeux. Quatre pattes c’est quatre fois plus bas que ce qui se tient debout. Et mon regard. Atterrit à hauteur de poussière foulée. Je respire donc. Mal. Mes poumons d’aise et de repli. Accordéon Continuer la lecture#anthologie #36 | Accordéon sans rancune

#anthologie #33 | qui

Qui prendra du matin au soir. Qui sa place au soleil devant l’écume. Pavés blancs au soleil glisseront. Pavés chauds par peaux luisantes confondues parmi corps blancs. Sables brûlés d’été remplis de chemins identiques avant naissance et après mort pour rien. Peaux traversées par temps calme et soudain soleil pour rien. Et prendre soleil jusqu’à ruiner ciel par murmures et Continuer la lecture#anthologie #33 | qui

#anthologie #36 | image mouvement

Tout était arrêté. Autour de nous, la ville était figée. Temps suspendu, image fixe de la projection interrompue d’un film dans une salle de cinéma à la suite d’un incident technique. Bobine cassée, panne de projecteur, rebondissement d’un scénario de science-fiction. Tout ça à la fois. Le temps était arrêté sauf lui qui marchait. Sauf moi qui le suivais. Sauf Continuer la lecture#anthologie #36 | image mouvement

#anthologie #36 | Et le galet de rivière

Il suffirait de chercher un accès. Il suffirait de s’engager dans un sentier court, de bord de route à bord de rive. Un sentier sableux. Il suffirait d’arrêter la voiture. De sortir du trajet. Mais sortir on ne peut pas.On est pris dans le mouvement, dans l’heure, dans ce qui reste à faire de ce jour et chaque jour dans Continuer la lecture#anthologie #36 | Et le galet de rivière