#construire #04 | Prendre l’air

« Je sors un moment prendre un peu l’air ! » Tu cries. La porte claque dans ton dos. Tu n’écoutes pas ce qu’elle te dit en partant. Tu entends comme un léger bourdonnement à tes oreilles entrecoupé par le bruit de tes pas sur les marches de l’escalier. Rapidement le bourdonnement cesse et il n’y a plus que tes pas. Rythme Continuer la lecture#construire #04 | Prendre l’air

#construire #04 | les mots qui traînent

Tu traînes. Tu traînes dans la rue sans regarder où tu vas. Tu traînes et tu regardes en haut, en bas, à droite, à gauche, juste devant, parfois derrière, devant l’arbre, à côté de l’arbre, juste derrière l’arbre, entre l’arbre et le mur, entre l’arbre et le bâtiment, c’est quoi ? une église ? entre l’arbre et l’église, entre l’arbre et l’arbre, Continuer la lecture#construire #04 | les mots qui traînent

#construire #04 | Traîneur de frontière

Tu traînes. Un homme t’a regardé. Tu ne sais pas par où passer. Tu ne sais pas comment franchir. Alors tu traînes autour de l’église. Tu cherches la porte basse. Tu cherches la porte la plus basse. Tu aimerais bien qu’il y en ait une. Revenir en arrière. Tu es au-delà. Le bantaba est là, ce qu’ils appellent l’arbre à Continuer la lecture#construire #04 | Traîneur de frontière

#construire #04 | Ennui

Tu t’ennuies.Tu t’ennuies avec une telle ardeur que tu te prends par moments à contempler ton ennui même. Sa pureté. Sa constance. Son acharnement. La fascination que t’inspire ton ennui éloigne encore un peu (est-ce possible?) le monde qui t’environne. Les rues défilent, spectrales, des boutiques à l’avenant annoncent Dieu sait quoi, attirant des êtres qui semblent savoir de quoi Continuer la lecture#construire #04 | Ennui

# 03 Atelier du mardi # Un vestibule, une maison, un patio, une panthère, une écriture

Michaux, le rideau des rêves. Depuis le vestibule coudé, j’entends monter du couloir les voix des voisins encollées contre les murs, elles répètent des mots sans suite déformés comme si elles venaient d’un autre âge qui n’a pas pu exister, leurs langues non plus. Ont-elles été effacées? Étaient elles universelles? personne ne le sait, ici l’algorithme a tout nivelé. Alors? Continuer la lecture# 03 Atelier du mardi # Un vestibule, une maison, un patio, une panthère, une écriture

#construire #02 | Une plage, matin

On ne sait pas ce qu’on cherche, on cherche des choses, on cherche du vivant, quelque chose qui bouge qui se déplace qui rentre dans sa coquille ou qui se laisse balloter par l’eau, qui n’a pas encore de nom, on éprouve le gluant le visqueux le sec le salé le grattant le brûlant, les boutons les croûtes les blessures Continuer la lecture#construire #02 | Une plage, matin

#construire #04 | Dans les quartiers périphériques

Tu traînes dans les quartiers périphériques. La moitié de la ville est morte en hiver et encore au printemps. Quartiers avec pancartes neuves « quartier à vigilance citoyenne, en liaison directe avec la police municipale et la gendarmerie ». Ça veut dissuader les voleurs, tu te demandes si tu as le droit de marcher ici n’étant pas du quartier. Tu devrais marcher Continuer la lecture#construire #04 | Dans les quartiers périphériques

#construire #03 | Amandine

Aujourd’hui la plage est minuscule. Le grand ciel gris et l’océan d’un anthracite menaçant occupent l’espace. Un jour j’ai marché sur une plage sans mer derrière un homme pressé. Il était pressé de retourner dans la ville s’asseoir à une terrasse ou s’accouder à un comptoir, il marchait vite à dix mètres devant moi, alors que d’habitude il était toujours Continuer la lecture#construire #03 | Amandine

#construire #01 | la mer s’est retirée

La mer s’est retirée. Il y a une étendue infinie de sable mouillé piqué de tortillons témoignant de présences cachées. Cela ressemble à du caca de ver mais c’est du caca en sable alors on n’est pas sûr. C’est silencieux. On n’entend plus la mer.Il y a des petits rochers à la limite de la plage et des enfants avec Continuer la lecture#construire #01 | la mer s’est retirée

#mardis | 27.01.2026 | Rêve

Un lieu entre ciel et terre, où l’on ne vole pas. Je n’ai jamais vu cet endroit. Pourtant, il me semble si vrai, si réel. Une couleur ocre partout, des nuances de brun palpitent et virent au beige. Je sens cet endroit de l’intérieur, il me semble impossible d’en échapper. Une sensation d’oppression au milieu d’une foule indifférente apparue soudainement, Continuer la lecture#mardis | 27.01.2026 | Rêve