V_L_A_N

& P_U_I_S : V_L_A_N : par terre (à plat ventre) (par terre) sans qu’il (ou elle) s’y attende étendue (étendu) de nuit de tout son long (comme on dit) (heureusement pas pour le compte) sur une espèce de plancher (quelque chose rendant en tout cas comme le bois à l’instant où – V_L_A_N donc – su cuerpo chute sans qu’elle (ou il) s’y attende lourdement sur le sol) (comme si quelque chose – une main invisible un sale esprit blagueur ou n’importe quoi du genre – l’avait saisi aux chevilles à l’instant où il (ou elle) se lève HOP du siège afin de : sortir d’ici (l’envie de sortir d’ici lui venant HOP dès qu’elle (ou il) ouvre les yeux dans le noir dans le train dans le compartiment vide & sans lumière à je ne sais pas quelle heure de la nuit ou du matin) & alors que HOP il (elle) se lève comme un seul homme (comme on dit) & s’apprête à s’élancer à toute blinde dans le compartiment dans le noir : V_L_A_N : elle (il) s’étend de tout son long par terre dans un tourbillon de poussières de pollens & de spores entre les deux banquettes trois places qui se font face (quelle arrivée) (on ne peut pas rêver mieux) manquant de peu (à deux doigts comme on dit) de : se fracasser (définitivement ?) la gueule sur l’une des plaques de contreplaqué dont (à cette époque) on recouvre les trains (les sols des trains) (les entreprises de chemins de fer en raison de la conjoncture ayant décidé à cette époque d’épargner sur les trains la conception des trains les entreprises de chemins de fer ayant décidé à cette époque de lésiner – comme on dit – d’arrêter d’avoir recours à des matériaux de luxe les entreprises de chemins de fer ayant décidé à cette époque d’arrêter de faire des trains des produits de luxe solides & bon marché) & sans doute se serait-il (ou elle) fracassé la gueule (définitivement la gueule) sur le plancher du train dans un tourbillon de poussières de pollens & de spores s’il (ou elle) n’avait eu le réflexe de : porter (sans le vouloir) (à l’instant de sa chute) ses mains bien à plat de part et d’autre du visage amortissant ainsi quelque peu la chute de su cuerpo (de ce qu’il appelle su cuerpo : quelque chose comme un corps de femme ou d’homme ou d’enfant je ne sais pas quelque chose comme un corps de vieux de vieille ou de petit oisillon à peine sorti du nid) 

A propos de Vincent Tholomé

Auteur performeur, biodégradable, biodégradé, s'enduisant l'été abondamment de crème solaire, multicouche l'hiver, rasant les murs l'automne parce qu'il craint le vent et les tempêtes, heureux comme une plante au printemps. Ses derniers livres ? MON ÉPOPÉE (Lanskine éditions) et QUARANTE JOURS DANS LA VIE DE ROCCO MCCALL (Maelström Réévolutions). Travaille actuellement à TERRES RARES, le livret d'un opéra qui, croisons les doigts, verra le jour en avril 2022. Un site ? http://uranium.be/monepopee/ consacré au livre éponyme et réalisé avec Gauthier Keyaerts, comparse dans le duo sono-verbal VTGK. Voilà. C'est tout pour aujourd'hui.

20 commentaires à propos de “V_L_A_N”

  1. Et PAF lire ce texte au hasard une fois puis une autre fois à haute voix quelle(s) cadence(s) furieuses! Hâte de savoir où va surgir ensuite su cuerpo, ou ce qui en surgira, à côté des pollens et des spores

  2. Hahahahah! Très en forme ce cher Vincent! Puis plaf, formule magique, sort de sort (sans carottes à éplucherà: OULIPHOPVLANMONOMULTIPARENTHESES.
    Et voilà qu’un lapin vert surgit du : « chapeau ton texte »!
    Bises

  3. Ah ouais. Merci. Moi, tout neuf, j’ai encore l’étiquette collée au tee-shirt. Et les moustiques écrasés sur les lunettes. Et le souffle court parce que tu m’as fait cavaler. Ah ouais, j’ai aimé…

    • haha ! je note je note : ce sont d’excellentes pistes, d’excellents détails que je tâcherais bien de glisser dans les textes à venir ! grand merci de ta lecture, JL ! et grand merci pour le questionnaire à choix multiples sur fb : m’a bien fait rire et, en même temps, m’a donné bien à réfléchir !

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