Chez Chapters, à Montréal, je n’ai pas acheté le Quichotte en anglais. D’ailleurs, en français on a bien autant de traductions différentes (la Viardot est même dispo sur le Net, mais vraiment obsolète, la vieille trad fin 16ème de l’ancien Pléiade est un régal, ai acheté le très bon Pochothèque au printemps, et je continue d’insister, insister : lire et offrir la version d’Aline Schulman en Points Seuil...). Mais on a perdu l’habitue d’imaginer, même dans la meilleure de nos librairies, cinq (…)
chronique photos et journal, par François Bon
Articles les plus récents
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de l’envie des livres
17 octobre 2009, par François Bon -
2009.10.15 | Montréal dos nu
15 octobre 2009, par François BonDans cette rue de Montréal, allongé dans la vitrine du tatoueur qui s’active sur son épaule droite, le type torse nu avait gardé sa casquette. Le manque d’imagination symbolique de ces motifs pour peau blême.
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mes souliers dans les prés
13 octobre 2009, par François BonCe n’était pas exprès : le soir tombait, on cherchait dans le cimetière. Là-bas, dans la boucle du fleuve, une brève tempête assaillait la ville. Un nuage qui semblait recouvrir toute la terre, et plus épais qu’elle. Le soleil se couchait sur la crête, en face, et les rayons, en diffractant sur le haut des forêts, devenaient soudain comme on est ébloui dans une éclipse, et le nuage, éclairé par dessous, devenait un instant orange, la terre mauve et voilà : on y était, devant la tombe. On ne (…)
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chien de bois
12 octobre 2009, par François BonRéapprendre que les événements considérables peuvent être les dessins argentés se recomposant de fil à cercle jusqu’au V d’oies cendrées migratrices, ou ce chien de bois, bois flotté, qui ne sait pas avouer d’où parti et quand, ou bien ces chaussures réceptrices de fleurs en plastique, sous la stèle du chanteur poète, ou enfin ce curieux effet de soleil à l’horizontale diffractant sur la crête de l’autre côté du grand fleuve et éclairant orange par dessous le nuage et pluie. Et que tout cela (…)
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2009.10.09 | actions de grâce
9 octobre 2009, par François BonEst-ce que c’est moi qui ai laissé traîner le porte-feuille sur le tapis roulant de l’IGA le temps d’emballer les légumes pour la soupe, le poisson pour demain et le pain quotidien, c’était la cohue à cause du lundi férié de Thanksgiving mais de retour à la maison, plus rien dans la poche. Repars sous la pluie, demander aux caissières, au petit bureau courtoisie, aux deux gars qui font les livraisons (me souvenais m’être accroupi ou penché dans cette galerie où ils sont pour mieux arranger (…)
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2009.10.08 | le violoncelliste de Jean-Talon
8 octobre 2009, par François BonEn descendant l’escalator du métro Jean-Talon, je sais qu’il sera là. Il apporte son tabouret avec lui, il a une bonne tête et surtout une pratique musicale pas banale : il regarde les gens qui descendent, et improvise des notes (avec un peu trop d’effets de coude, ça peut-être) en fonction de ce que leur tête lui inspirent. C’est ultra-court, une toute petite démonstration, mais littéralement à la tête du client. Il n’a pas de partition, il ne joue pas son Bach de service ni rien. Juste ces (…)
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2009.10.05 | classe vide (et non morte)
5 octobre 2009, par François BonLa classe morte, c’est le titre magnifique de Kantor, et rien à voir avec l’image. Juste, 2 fois par semaine, le mercredi à Montréal et le jeudi à Québec, arriver avec juste à la main un livre, en général le poser devant soi et parler 1h 20’, ai jamais trop compris pourquoi c’était ça mon rythme. Ensuite il y a les échanges, les textes lus, le travail, et puis soudain, à un moment donné, je suis tout seul dans la classe vide. Je suppose que c’est très banal et pour les étudiants, et pour les (…)
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2009.10.03 | perceptions du monde flou
3 octobre 2009, par François BonJamais réussi vraiment à démêler ce qui participe des problèmes récurrents et de plus en plus permanents de la vision floue, la non-reconnaissance des visages, l’adaptation à l’ordinateur, le rapport parfois de plus en plus exclusif à la lucarne qui devient carnet sous la main, ou celle agrandie de l’écran 20" pour les mises en page ou l’administration à deux fenêtres, et la façon dont on se déplace dans la ville parce qu’il s’agit d’identifier les orientations, les trajets, les mouvements (…)
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érables de langue
1er octobre 2009, par François BonBonne conversation hier avec Mahigan. Étrangeté, lui le Québécois rencontré à Paris, de l’accueillir dans mon bureau au 8ème étage de l’UdeM (enfin, celui que me prête Ugo Dionne – mais n’importe, Mahigan on avait aussi à parler travail). En descendant à la cafet, réflexions sur la langue : au bout de 5 semaines, commence tout juste à passer l’obsession auditive. C’est plus facile avec une langue étrangère, on la tient à distance. Lui, il dit qu’à Paris il a en en permanence l’impression (…)
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icitte
30 septembre 2009, par François BonC’était un drôle de gars, dans le bus 801, un gars un peu agité, un inquiet comme on ne s’étonne guère d’en croiser en France, mais ici catégorie plus rare (en surface), très maigre, émacié même, et odeur de tabac froid à un mètre, évidemment c’est à côté de moi qu’il s’est mis. Il avait déjà parlé à deux ou trois personnes avant que ce soit mon tour : il faisait trop chaud, j’ai dit que je ne trouvais pas, que ça s’était même bien rafraîchi. – Si, fait trop chaud, faut ouvrir la fenêtre. (…)