44 notes de l’auteur éparpillé

  1. Situé à la sortie de Fribourg en direction de Bourguillon, l’arrêt Pont-Zaehringen est généralement pris d’assaut – sauf ce soir-là – par de nombreux alémaniques qui rentrent chez eux, ce dont nous leur en sommes gré. La gêne que leur dialecte provoque chez l’auteur ainsi que son peu d’enthousiasme pour les voyages en bus l’ont empêché d’enquêter de manière plus approfondie à propos de cet arrêt de bus, malgré les encouragements et l’exemple de Danielle Godard-Livet, dont l’expertise en matière de ligne de bus n’est plus à démontrer et qui est hélas restée un peu sur sa faim à la lecture de cette description.

2. Le restaurant du Grand Pont, 14 points au Gault et Millau, se situe en face de chez l’auteur, qui en dix ans a dû y manger deux fois en tout et pour tout, ce qui ne l’a pas empêché de le faire figurer sur son blog.

3. La chambre, l’enfant la partageait avec son frère, ce n’est que beaucoup plus tard qu’il eut son propre lieu où s’enfermer.

4. L’enfant a peu joué aux billes. Les jeux de la récré dont il se souvient sont les pin’s et les vignettes panini qu’on s’échangeait lors de la coupe du monde 1994 aux Etats-Unis, remportée par le Brésil, mais en 1994, l’enfant n’était plus tout à fait un enfant. Il avait treize ans et il voit comme s’il y était encore le penalty de Roberto Baggio tiré trop haut. Il se souvient aussi d’avoir joué aux pogs.

5. Pas de trace de dessin d’arbre, le plus emblématique dessin de l’auteur lorsqu’il était enfant – il n’a pas poursuivi dans cette voie – demeurant de toute évidence la fameuse truie avec ses petits, restée célèbre dans la famille :

6. Parmi les jeux de l’enfant, il y avait le jeu du policier et de l’assassin, qu’on faisait quand il y avait les cousines de Montagny-la-Ville qui venaient à la maison. Les règles n’en étaient pas très claires. Un policier devait deviner qui avait assassiné qui. En général, l’assassin n’avait aucune peine à avouer. Le plus difficile pour le policier, c’était de distinguer le coupable de la victime.

7. Le frère de l’auteur n’aimait pas les choux, ce qui dans la campagne fribourgeoise est considéré comme une tare dont il faut se débarrasser à tout prix. La famille étant donc outrée qu’on mette en doute l’excellence d’un plat aussi incontestable que la soupe aux choux, tout fut mis en place pour que l’enfant récalcitrant retrouve la raison. On fit venir un psychologue qui empira la situation, on demanda au grand-père, qui avait le secret des verrues, de pratiquer quelques incantations, on convoqua même un exorciste. Rien n’y fit. L’enfant resta rétif à la choucroute. L’auteur, quant à lui, ne mangeait que le chocolat blanc et avait droit, à Pâques, au seul lapin albinos, ce qui rendait tout le reste de la famille jaloux. Ajoutons, afin de montrer à quel point la question de la nourriture fut cruciale à cette époque-là, que lorsque les enfants refusaient de terminer leur assiette, la mère, par ailleurs fort aimante, faisait semblant de téléphoner en Afrique pour qu’un camion vienne les chercher et les remplacer par une dizaine de petits noirs qui eux savent ce que c’est que d’avoir faim.

8. Il s’agit en réalité du grand-oncle. Un jour, les enfants avaient compté en une seule matinée cent-soixante-sept jurons. Quand par miracle il se calmait parce qu’il avait gagné un panier garni au loto de la veille, il sortait de sa poche des bonbons à la menthe. L’auteur se souvient aussi de sa moto, une Florette.

9. Cet instituteur a marqué l’auteur par ses méthodes peu conventionnelles. Il se souvient par exemple que celui-ci demandait aux enfants d’arrêter les voitures sur la route cantonale afin de réciter aux conducteurs il est l’heure de manger du beurre dans ma demeure à Soleure. Il se souvient aussi qu’il avait installé un rétroviseur sur le pupitre d’un camarade afin qu’il n’ait pas besoin de se retourner vers son voisin de derrière. Cet instituteur – on employait plus volontiers en ce temps-là le terme de maître d’école – était un nerveux qui tordait les oreilles de ses élèves pour simuler des points d’interrogation et n’hésitait pas à leur tirer les cheveux. Sur la fin de sa carrière, il se calma, les mœurs scolaires s’étant ramollies. Lorsqu’il prit sa retraite, il invita tous ses anciens élèves pour une fête grandiose où tous ses écarts lui furent pardonnés.

10. La question de la fenêtre est une préoccupation majeure pour l’auteur depuis qu’il s’est mis en tête de filmer la ville de Fribourg telle qu’il la voit depuis chez lui, route François-Arsent, à savoir le pont de Zaehringen, la cathédrale Saint-Nicolas, les maisons de la Grand-Rue et de la Rue des Chanoines, le bulbe de l’église Saint-Michel, le cube de béton qui enclot la piscine du même collège Saint-Michel, les bâtiments E et F de l’Ecole professionnelle artisanale et industrielle (EPAI), où travaille l’auteur, ainsi que maintes grues mobiles qui champignonnent sur le lointain boulevard de Pérolles. De cette préoccupation est née la série d’improvisation vidéo intitulée cinq minutes à ma fenêtre.

11. Son nom n’était pas réellement Blanc. C’était celui de son beau-père. Achille venait du Cameroun. Sa mère avait un épousé un Suisse en secondes noces. L’auteur ignore ce que sont devenus ces gens-là.

12. Il ne s’agit pas ici du Cameroun mais de l’Afrique du Sud, où l’auteur fit une tournée musicale avec le Chœur de chambre de l’Université de Fribourg (CCUF). Il se souvient notamment y avoir chanté nous irons chez les Zoulous pour y bouffer du saindoux. Il se souvient aussi des barbelés devant toutes les maisons et de l’empreinte profonde laissée par l’apartheid. Un chœur de noirs devait chanter le Stabat Mater de Rossini en compagnie du CCUF mais en a été empêché pour qu’on y substitue un chœur de blancs, par ailleurs d’excellente qualité, du moins celui de la première partie de la tournée, le chœur de Durban laissant à désirer. À propos de Durban, l’auteur se souvient également d’une interprétation catastrophique du Sanctus de la Messe à double chœur de Frank Martin où les basses cafouillèrent lamentablement.

13. De cette fenêtre, l’auteur, par ailleurs enseignant, peut distinctement voir la fenêtre de la route d’Arsent. Il y a donc communication réelle entre les deux fenêtres. Les lieux intermédiaires s’en trouvent néanmoins transformés, la perspective depuis le bâtiment E de l’EPAI grossissant la cathédrale ainsi que la piscine du collège, dans laquelle on peut observer sans jumelles les baigneurs. L’auteur étant lui-même nageur et son cours de français destiné aux informaticiens première année se déroulant en salle E304 le vendredi matin, celui-ci a tendance à passer trop de temps à la fenêtre au détriment de la qualité de son enseignement.

14. Cet élève, l’auteur a tenté de l’évoquer dans une nouvelle intitulée Ceux qui restent lors de l’atelier d’hiver 2018.

15. Il s’agit de la tante de l’auteur. Voire note précédente.

16. Le fils aîné – après quatre filles – a repris la ferme. C’est sans doute le fait qu’ils soit né après quatre filles qui le pousse à parler si fort.

17. Du mot bénédiction. Le deuxième dimanche de septembre, dans le canton de Fribourg, on bénissait les récoltes. C’était l’occasion d’un gueuleton familial gargantuesque puis d’une levée des danses par les sociétés de jeunesse locales. C’était aussi – c’est toujours – une occasion de beuverie dont l’auteur fut jadis coutumier mais qu’il réitère aujourd’hui avec plus de sobriété, l’âge ayant accompli sur lui son travail de sape.

18. Le plus jeune des oncles. Travaille à la poste. Habitué de chez Bribri, que l’auteur, moins habitué, continue d’appeler chez Mado, puis corrige en chez Bibi, avant de se souvenir que la tenancière du tea-room n’est plus la même qu’à l’époque mentionnée dans la note précédente. On trouve une description de ce lieu sur le blog de l’auteur, datant de l’époque où le tea-room se nommait chez Bibi. Nous ne pouvons évoquer ce lieu sans préciser que la serveuse, Angèle, a également travaillé à la poste, en compagnie de l’auteur, qu’elle surnommait mon petit Coco et qui fut facteur durant ses études de lettres. Celui-ci vient d’apprendre avec tristesse et révolte que la poste de Cousset était sur le point de fermer.

19. L’oncle du milieu, un original. A survolé l’Asie du Sud-Est en parapente. Cela fit l’objet d’articles dans le journal local La Liberté. La grand-mère les avait découpés.

20. La version de Bernard Romanens lors de la Fête des Vignerons 1977 reste la référence. Il s’agit d’un chant des mercenaires fribourgeois qui, éparpillés dans les guerres d’Europe, sentaient monter en eux la mélancolie : leurs vaches – de vraie race fribourgeoise noire et blanche, race aujourd’hui disparue – leur manquaient atrocement. La version chantée lors de l’édition 2019 était interminable.

21. Orphelinat puis pensionnat pour jeunes filles alémaniques qui sema l’émoi dans la population masculine des environs, ce lieu était géré par la communauté des sœurs la Charité de la Sainte-Croix d’Ingenbohl, des franciscaines ne brillant pas par leur charité, à l’instar de la sœur Berthe, une véritable harpie. Aujourd’hui établissement médico-spécialisé (EMS), les Fauvettes accueillent les personnes en fin de vie. Il n’y a plus de religieuses sur les lieux, ce qui est vécu comme un soulagement par les résidents et le personnel soignant.

22. Née Tinguely. La vie d’épouse de paysan dans le canton de Fribourg, comme partout, n’était pas de tout repos. Il lui a fallu élever neuf enfants, aider aux champs, cuisiner pour tout ce monde et accomplir les maints autres travaux qu’on attend d’une ménagère exemplaire, travaux qu’elle effectua sans jamais se plaindre. Elle trouva par ailleurs le temps d’être lectrice à la messe du samedi soir aux Fauvettes et de remplir des milliers de grilles de mots-croisés.

23. Né dans une famille nombreuse et père d’une famille tout aussi nombreuse, il travailla sa vie entière sur des domaines qui ne lui appartenaient pas. Il était donc non pas paysan mais fermier. Sa grande passion fut néanmoins le chant choral, dans la plus pure tradition de l’abbé Bovet. Ténor, il chantait à chaque repas de famille Paysan que ton chant s’élève. L’auteur, dont il était le parrain, ne peut entendre ce chant sans en être bouleversé. Bien qu’hélas baryton, il est lui-même devenu chanteur.

24. Un tel roman ne serait pas sans rappeler l’œuvre de Charles-Ferdinand Ramuz, en particulier Derborence.

25. Au-delà des subtiles distinctions entre paysans, fermiers et agriculteurs, l’armailli occupe dans l’imaginaire fribourgeois une place essentielle. Il n’est peut-être que vacher ou pâtre – et un peu fromager – mais il incarne la quintessence du dzodzet, sobriquet désignant le Fribourgeois et tirant son origine du prénom Joseph, qui était par ailleurs le prénom de l’abbé Bovet, dont l’œuvre musicale magnifie le lien indissoluble entre l’armailli et la montagne, le chant de l’armailli incarnant la proximité des cimes alpestres avec ce Dieu catholique si prégnant dans la République chrétienne fribourgeoise. 

26. Ce fait, qui semble de l’ordre du détail, a néanmoins permis au père de l’auteur d’obtenir de l’armée suisse, où suite à un tir durant lequel on avait négligé de lui couvrir les oreilles il occupait le poste de fusiller sans fusil (premier mort en cas de guerre, se plaît-il toujours à préciser), un jour de congé.

27. Lors d’une tournée du Chœur de mon cœur au Québec, l’auteur se rappelle avoir chanté le solo du medley Charlebois. Il existe quelque part un enregistrement de cela. Il a également joué le rôle de narrateur dans un autre medley, celui consacré à Jo Dassin. Il peut aujourd’hui encore réciter par cœur ceci : écoutez bonnes gens la cruelle et douloureuse histoire des frères Dalton qui furent l’incarnation du mal et que ceci serve d’exemple à tous ceux que le diable écarte du droit chemin.

28. Il se trouve que quelques notes à propos de cette tour ont été publiées sur le blog de l’auteur le jour même où s’élaborent ces remarques. Celui-ci écrivit également avec son frère tromboniste Lucas Francey et le compositeur chasseur-cueilleur Jacques Aeby un spectacle intitulé Tour Atours qui relate l’histoire mouvementée de ce donjon médiéval, seule ruine encore debout d’un château qui dominait jadis la région de la Broye. L’association des amis de la tour de Montagny, où l’auteur occupe depuis bien des années le poste crucial de vérificateur des comptes, organise chaque automne une brisolée qui rencontre un succès croissant. Nous ne résistons pas à ajouter à ce commentaire dont nous assumons le caractère publicitaire une photographie que l’auteur hésita à utiliser pour illustrer son article de blog, photographie sur laquelle on devine derrière les arbres le fameux Canal cité précédemment.

Pour ses trente ans, l’auteur reçut de sa sœur un tableau de ladite tour, qu’il mit deux ans à accrocher au mur de son appartement. Le voici :

29. Chef-lieu du canton de Thurgovie, nous préférons éviter de rappeler trop de mauvais souvenirs à l’auteur en allant plus loin dans ce commentaire. Nous mentionnerons toutefois que la nuit, tous les quarts d’heures, la cloche de l’église jouxtant la Kaserne Stadt réveillait en sursaut les soldats météo d’artillerie.

30. Autre tournée chorale : le CCUF y créa la version avec récitant chinois du Roi David d’Arthur Honegger. Un chœur local de jeunes filles chantait avec ferveur viens à nous. À l’heure de l’apéritif, il ne restait que des cadres du Parti.

31. Tenu par un certain MC, ce caveau fut le théâtre de nombreuses soirées arrosées. L’auteur se souvient des instruments de musique rouillés accrochés aux murs dans lesquels on s’amusait à glisser des glaçons qui ensuite dégoulinaient dans le cou des soiffards. Il se souvient également du sirop de montagne, de la transe générale à l’heure de T.N.T. et du moment fatal où MC sonnait la cloche signifiant la fermeture du bar, autrement dit l’heure du café noir (on n’employait pas encore le terme after en ce temps-là). Il se souvient surtout de la fois où croyant avoir été discret en suggérant à quelques amis de terminer la soirée chez lui – chez ses parents pour être plus précis – il s’était retrouvé avec plus de trente personnes dans son salon à quatre heures du matin.

32. Deux semaines après la bénichon, c’est le moment où l’on termine les restes du gueuleton afin d’engranger sous sa peau assez de gras pour tenir tout l’hiver.  

33. La culture du tabac est une spécificité de la région broyarde. Si aujourd’hui les ouvriers sont confortablement assis sur des machines qui leur permettent d’éviter tout contact entre les genoux et la terre, à l’époque évoquée ici, la récolte se faisait à genou durant les longues matinées de juillet pour les feuilles basses et d’août pour les feuilles du milieu ainsi que celles du haut. L’ouvrier déposait entre les plantes de tabac des petits paquets qu’à partir de onze heures on entassait sur des chars sous les engueulades de l’oncle maçon avant de passer l’après-midi à enfiler les feuilles sans trous et à les attacher à des lattes en bois avant de les pendre dans un hangar afin qu’elles sèchent. Il y avait trois postes que l’on s’échangeait : les porteurs de paquets, les enfileurs et les attacheurs. L’auteur fut un enfileur rapide et un piètre porteur de paquets.

34. Née Terrapon. Il s’agit de la grand-mère paternelle de l’auteur, qui était également sa marraine de baptême. Grande travailleuse et d’une extrême bigoterie, elle cuisinait à merveille les beignets aux pommes et les croutes au fromage. Le soir, elle s’endormait devant le film à l’eau de rose. Le grand-père en profitait pour regarder la boxe.

35. Il s’agit du grand-père paternel de l’auteur, qui bien que cadet reprit la ferme familiale. Son frère, pour une raison que nous ignorons, devint maçon (voire note 8). Atteint à de multiples reprises dans sa santé – on dut notamment lui ôter un poumon – et d’un caractère très pessimiste, le grand-père de l’auteur, bien que taiseux en règle générale, possédait un humour pince-sans-rire que son épouse ne comprenait pas toujours. Ils prenaient le petit déjeuner assis l’un à côté de l’autre sur le banc de la cuisine. L’auteur se souvient qu’il y avait derrière eux un tableau d’Albert Anker. Il a aujourd’hui l’impression que ses grand-parents font partie du tableau. Le voici. Il a pour titre Jeune fille nourrissant les poules.

36. Allusion au roman de Giono, révéré par le père de l’auteur, qui lui-même a lu Regain il y a fort longtemps et ne saurait dire s’il partage le point de vue de son aïeul.

37. En matière politique, les points de vue gauchisants de l’auteur se sont radicalisés. Il n’a par exemple pas réussi à éviter d’être emporté par la vague verte qui a déferlé sur la Suisse lors des élections fédérales de 2019. À l’heure qu’il est, il hésite, pour le deuxième tour du Conseil des Etats, à voter pour la candidate libérale Johanna Gapany, une charmante trentenaire, plutôt que pour le vieux démocrate-chrétien Beat Vonlanthen. Il craint néanmoins que son attirance pour les charmantes trentenaires ne fausse son jugement.

38. Clarinettiste et compositeur français, Hyacinthe Klosé est un salaud. Il a torturé, avec sa Méthode complète de clarinette, les doigts de milliers de musiciens. L’auteur en sait quelque chose, lui qui en dix ans d’efforts acharnés, n’en est qu’à la page 68 du premier volume. Il s’esquinte par ailleurs en ce moment sur un morceau du même sinistre individu intitulé Espérance. Il en faut beaucoup pour arriver à bout d’un tel casse-tête.

39 À l’instar d’Arthur Honegger et de Charles-Ferdinand Ramuz évoqués plus haut, Alberto Giacometti figurait sur les billets de banques suisses jusqu’à il y a peu. Leur présence simultanée ici est-elle due au hasard ? L’absence de la moindre allusion au Corbusier semble confirmer cette hypothèse.

40. L’un des regrets majeurs de l’auteur est de n’avoir jamais vu Jacques Brel en concert. Ses parents possédaient en 33 tours l’album Olympia 64. L’adolescent renfermé que fut l’auteur écoutait avec passion et terreur une chanson dont il avait l’impression que c’était précisément de lui qu’elle parlait. Cela s’appelait les timides et cela se terminait par ils meurent une valise sur le cœur. L’auteur par la suite a tout essayé pour s’en délester, de cette valise, au point d’écrire un roman intitulé L’homme à la valise, actuellement en cours de relecture. L’Olympia au fond du cimetière figure dans le dernier album, celui sur la couverture duquel il y a un ciel bleu avec des nuages.

41. Sur Facebook, l’oncle Raymond a affirmé ne pas se souvenir de cet épisode. La tante Georgette, quant à elle, est allée jusqu’à prétendre qu’il s’agissait d’un foulard et que le soutien-gorge pouvait être considéré comme un phantasme de l’auteur. Celui-ci en était venu à douter de sa mémoire et à s’interroger sur le caractère malsain ses obsessions quand il fut soulagé de lire le commentaire de sa maman, affirmant se souvenir très bien de l’histoire du soutien-gorge.

42. Aucune trace dans la mémoire de l’auteur de cet Oussama-là. Certes, la scène se déroule quelques semaines après le 11 septembre mais pourquoi chez le docteur ? Peut-être s’agit-il de Roulin, un camarade barbu. La section météo d’artillerie était alors en dislocation à Airolo. De cette époque troublée, l’auteur préfère ne se souvenir que de ses amis Joël et Georges, ce dernier, pianiste et physicien, s’adonnant en ce temps-là à la poésie, ce qui permettait à l’auteur d’échapper un peu à l’oppression militaire.

43. Petit frère adoré de l’auteur. La difficulté qu’il y aurait si l’on se résolvait à écrire sur lui, ce serait de ne pas le réduire à sa trisomie 21 tout en ne niant pas son handicap. Pour l’instant, l’auteur ne se sent pas prêt à en écrire plus.

44. Voire notes 14 et 15. À propos de cette date, l’auteur ne trouve pas d’expression plus juste que celle-ci, lue chez Jeanne Paciencia : ce serait comme la ligne grise du morbier.

A propos de Vincent Francey

Enseignant, chanteur et clarinettiste amateur, je vis à Fribourg, en Suisse, et suis passionné de lecture et d'écriture depuis toujours, notamment via mon blog www.lie-tes-ratures.com

9 commentaires à propos de “44 notes de l’auteur éparpillé”

  1. Comme quoi, les notes à elles seules voilent-dévoilent d’une manière charmante les textes auxquelles elles se rapportent !
    L’imaginaire par le bas suscite de beaux textes virtuels.
    Merci beaucoup !

  2. « La prise de distance humoristique » est parfaitement réussie. j’ai beaucoup ri. Merci pour ce moment (remarque sans lien avec la trépidante vie politique française) Mais elle faisait vraiment ça la mère?…un seul regret puisque la question alimentaire est évoquée, l’absence de mention des délicieuses saucisses vendues je crois près d’une cathédrale à Fribourg. A vrai dire je me souviens bien des saucisses mais pas précisément de la cathédrale située à coté des vendeurs de saucisses (je ne suis pas tout à fait sûre non plus qu’ils étaient à Fribourg…) merci encore.

    • Merci pour votre commentaire (la vie politique suisse en ce moment aussi devient trépidente, ce dont elle n’a pas l’habitude). En ce qui concerne les saucisses vendues près de la cathédrale, je ne vois pas trop. Il y avait bien une boucherie mais c’est devenu un restaurant vegan. Il y a également non loin une rue des Bouchers et un marché le samedi matin où l’on vend entre autre des saucisses… Et oui, la mère faisait vraiment ça…

  3. réjouissantes ces notes, quel régal ! elles se tiennent toutes seules d’ailleurs, à croire qu’on pourrait écrire un livre uniquement constitué de notes

  4. Je souscris à tout ce qui est dit ci-dessus. C’est remarquable, à la fois touchant et drôle. Vous avez l’art de faire partager votre univers. Merci !