le livre comme fiction #04 | Michel Jullien, ranger sa bibliothèque

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#04 | Michel Jullien, ranger sa bibliothèque

Comme pour de précédentes propositions, chacun·e d’entre nous pourrait élaborer sa liste des livres qui évoquent la constitution, l’arrangement, le tri ou l’organisation d’une bibliothèque personnelle, en incluant planches et autres supports, et bien sûr quel classement, ou encore mieux : comment s’arranger de l’impossible perfection de n’importe quel classement…

Beaucoup pensé par exemple à Alberto Manguel, à la bibliothèque majeure qu’il avait constituée dans une grange près de Chauvigny (oui, le Chauvigny près de Poitiers) avant son transfert retour Amérique du Sud. Beaucoup aimé aussi le récent Vider les lieux d’Olivier Rolin, dont le fil rouge c’est justement la mise en carton des livres accumulés dans un appartement parisien occupé plus de vingt ans d’affilée, chaque livre prétextant une échappée sur un souvenir, un voyage…

Mais deux textes sont devenus quasi canoniques sur ce thème : l’un, Je déballe ma bibliothèque, est un article de Walter Benjamin publié en 1931, et rassemblé en recueil chez Rivages, avec importante préface, plus en appendice un «inventaire des écrits lus» de Benjamin, avec d’autres textes liés à la bibliographie, mais chez Benjamin sous l’angle de la collection, et de ses incessants déménagements. L’autre, Notes brèves sur l’art de ranger les livres, est un des piliers du Penser/Classer de Perec, et vous trouverez ces deux textes pour appui dans les liens de téléchargement.

Et la légitimité à en parler ici, parce que question bien sûr récurrente dans notre livre central pour ce cycle, Le format d’un livre (Verdier, mars 2026) de Michel Jullien. Emballer sa bibliothèque oui, mais souvenirs d’installations différentes, selon qu’il s’agit d’un lieu pour le long terme, ou pour le provisoire. Et figures corollaires : les livres en double quand on décide de vivre à deux, la bibliothèque divisée lorsqu’on se dote d’une résidence de vacances, c’est presque l’enchaînement de ces figures qui donne son élan et son rythme particulier à son livre, et nous y attache encore plus.

Et que, bien sûr, les deux textes mentionnés et canoniques de Perec et Benjamin, évoqués ci-dessus, sont justement la base de sa propre approche — comment ne le seraient-ils pas ?

Et c’est ce qui va nous donner notre point de départ : au terme de ces huit semaines sur ce thème du «livre comme fiction», nous aboutirons à un livre, le construirons ensemble. Une succession de textes généraux sur l’art et la manière de ranger ou déménager ou de classer sa bibliothèque ? Soporifique. Autant d’exemples singuliers et partiels que de participant·e·s : le bouquet dont je rêve, éclatements, hors champs, exemples très concrets et grossissement de détail parmi les idées générales qu’assemblent Walter Benjamin et Georges Perec, et qui fondent que Michel Jullien ne produise pas à son tour une nouvelle idée de cette généralité, mais une suite d’exemples précis, dont le côté concret, chacun dans son champ limité (mais construisant ensemble sa forte fresque) nous induit à convoquer les nôtres…

Et comment chacun·e de nous, sur ce thème précis, n’aurait pas un de ces exemples, contradictoires, paradoxaux, à ajouter à la suite collective ?

Si heureux qu’on puisse l’aborder ensemble…

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