#chroniques #00 | Prologue.

1

Est-ce que le monde tourne rond ?
Je ne sais pas, j’ai arrêté de le suivre, j’avais le tournis.

2

Pendants six heures, noter un événement par quart d’heure de vie passée, une sensation, une image, etc..

A venir ,,,,,,,,,,,,,

3

Me remémorer une œuvre à laquelle je reviens toujours, qu’est-ce qu’elle met en mouvement en moi.
La nuit étoilée sur le Rhône de Vincent Van-Gogh, j’entends quelquefois : on l’a trop vu ou il est devenu un peintre de carte postale, d’autres pour paraître intelligents nous expliquent que c’est un mauvais peintre ; je plains les aveugles. Face à ce tableau, je revis l’émerveillement des nuits d’été de mon enfance, un mélange détonnant d’inquiétude et de sidérations devant le monde, cet émerveillement je ne pouvais le vivre que parce que mes proches étaient là, près de moi, petit garçon perdu dans une foule d’inconnu, ils étaient mes repères, mes gardiens. Alors les yeux grand ouverts je pouvais voir les étoiles jaune des lampadaires qui se reflétaient dans le canal, les lumières de la ville située de l’autre côté de la baie briller sur la mer, le jaune et le blanc irisant la crête des vagues, la nuit qui plongeait dans l’eau salée, tous ces bleus et ces noirs qui se mêlaient et m’offraient une infinie variété de nuance ; c’est une merveilleuse sensation d’être face à l’inconnu, à la nuit noire, à la beauté inconnue et de ne rien craindre. Je crois que l’on espère tous au dernier jour de notre existence trouver cette paix intérieure. Ce tableau m’apaise.

4

Mon atelier d’artiste cette semaine ?
J’ai volontairement élargi le champ des possibles, je pratique plusieurs activités et elles cohabitent sur mon bureau et écrire sur une pratique ou une autre c’est écrire. Alors cette semaine, j’ai devant moi un carnet format A5 noire assez épais, j’avais écrit pendant plusieurs mois tous les jours, je noircissais trois pages, j’ai arrêté, alors je l’ai repris la semaine dernière, autant l’utiliser, j’y ai écrit quelques paroles, quelques grilles d’accords, quelques idées qui passent pour un texte, ici je note du tout venant, du volatile, du provisoire. Bien sûr sur mon bureau il y a une photo personnelle (c’est-à-dire une photo qui me touche), une horloge électronique, deux petites enceintes noires et rondes, un plumier vert et jaune en carton que ma file avait réalisé à l’école primaire, il est couvert de deux soleils jaunes, d’un arc-en-ciel, bleu foncé, rouge et jaune, et d’une multitude de points blancs, le tout est posé sur un vert gazon; une version ensoleillée de la nuit étoilée, il y aussi quelques livres technique, un mètre ruban, deux étuis à lunettes contenant mes anciennes paires, un agenda noir où je note mes rendez-vous et mes objectifs de la semaine, et un autre carnet noir, celui-ci est au format A4, assez souple, il me suit partout, sur ces pages se mélangent sans aucune logique mes pratiques, dans celui-ci je note ce que je veux conserver, du permanent, des références, des outils, du solide, du à faire, alors une grille d’accords suit une composition de tableau que j’ai notée, elle-même est précédée du titre d’un livre à lire, ou d’une citation relevée, une idée de nouvelle, je m’y retrouve et il me sert. J’imagine qu’un bon élève aurait fait trois carnets, j’ai essayé, ce n’est pas pour moi, je n’ai qu’un cerveau et il ressemble étrangement à une plâtrée de pâtes bolognaises emmêlées et mêlées à quelques morceaux de viande cuite enveloppés de sauce tomate, alors autant que mon carnet lui ressemble, c’est d’une logique imparable. Pour cette rubrique, je me concentrerai dans les prochaines semaines sur une seule activité, donc je déplacerai mon point de vue sur la production en cours et aux joies et aux difficultés rencontrées pour la réaliser.

A propos de Laurent Stratos

J'écris des histoires. « Les histoires ne sont pas des T-shirts souvenirs ou des jeux électroniques. Ce sont des reliques, issues d’un monde préexistant, encore inconnu. Le travail de l’écrivain consiste à utiliser les outils de sa boîte à outils pour les extraire du sol, aussi intégralement que possible, en les laissant aussi intactes que possible » S. King

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