Etagères pleines et piles de livres un peu partout qui attendent de trouver une place. C’est un dilemme : faut-il se délester de certains, qu’on a moyennement aimés, faut-il enlever les revues qui sont tout en bas ou tout en haut, faut-il Il faudrait poser des rayonnages, vider une armoire de vêtement, voire abattre une cloison pour créer un espace digne d’eux. Livras rangés ici par auteurs (les poche), là par éditeurs, parce qu’effet de collection, pour être sûr de les retrouver parce que Gracq c’est forcément Corti, Beckett forcément Minuit. Parce que les éditeurs de poésie, ceux d’écopoétique, parce que les genres soi-disant mineurs, parce que les québécois, parce que ses propres éditeurs, parce que les éditeurs aujourd’hui disparus. Et puis des auteurs chouchous : tout Colette, tout Duras, plus près, sur l’étagère la plus proche de soi. Il faudrait un coin Pérec, un coin Giono, d’autres coins hésitent, se recomposent, bougent à intervalles réguliers. Il faudrait un coin pour tout le monde. Il faudrait que les livres qu’on vient d’acheter trouvent leur place. Il faudrait déclasser-reclasser régulièrement. Il faudrait imaginer un rangement idéal. Il faudrait un claquement de doigt ou un remuement de nez pour ce fichu livre qu’on cherche depuis une heure sans le retrouver. Il faudrait un peu de magie, de celle des livres justement, pour parvenir à tous les ranger.